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smiley : envelope BDSM Berceuse Personnelle: "Ninna Nanna" de Roberto Vecchioni (1973), vidéo YouTube et traduction de la blogueuse.

 

 

 

La « Ninna Nanna »  (La « Berceuse ») de Roberto Vecchioni date de 1973. Elle fait partie du premier album de l’auteur-compositeur italien.
C’était une chanson déjà passée depuis des lunes à la postérité lorsque j’ai commencé à l’écouter il y a bien longtemps.
C’est un autre de ses morceaux, bien plus engagé (on vote, aujourd’hui !), que je recherchais sur le Web pour le traduire mais c’est sur elle - si ancienne -  que je suis tombée avec stupéfaction.
On ne peut même pas parler de « vraie » vidéo (puisque Vecchioni n’a jamais chanté la « Berceuse » dans ses concerts) mais d’un montage sur enregistrement.
 
Il se trouve que c’est l’une de mes chansons préférées et que comme il n’y a pas de mal à se faire du bien (ou de bien à se faire du mal), j’ai décidé que j’allais la transcrire en français et que c’est elle qui prendrait place sur mon blog cette nuit.
Quant à dire à qui je la dédie, qui pourrait bien être le « Tu » de « Ninna Nanna », et bien, simplement moi-même.
Foin du coucou/caché pour une fois…
Et pour le rapport que cette « Berceuse » aurait avec le BDSM : aucun, absolument aucun.
A part celui que j’y mets, moi, et que je n’expliciterai pas.
 
 
 
 
Ninna Nanna (Berceuse) - Roberto Vecchioni - 1973 - (Album « Il Re non si diverte »).
(Traduction de la blogueuse).
 
 
Tu vieilliras, mais sans changer jamais
En pardonnant à tous mais pas à toi,
Tu attendras comme à ton habitude
Jusqu’à ce que la lune vienne enfin te prendre.
Tu parleras de moi avec tous, oui
Je sais que tu en parleras,
Et que j’y crois et que je suis unique
Mais tu te tromperas….
 
Tu vieilliras, ce sera difficile.
Ne plus te voir, chose presque impossible.
Il ne faudra pas rester tes cartes à la main.
Je ne reviendrai plus jamais à la fin.
Tu te souviendras des soirs où
Nous parlions ensemble
Et de ce vieil amour si mal fini,
Ta douleur, tu la revivras…
 
Tu vieilliras, en regardant dehors mais
Tu cuisineras des oignons insipides
Tant que tu pourras et puis légère,
Légère comme tu l’es, tu voleras,
Oh ! oui, tu voleras…Tu rêveras,
Cela ne coûte rien, tu rêveras
Que j’étais grand comme toi, tu m’aurais voulu
Puis tu plieras la tête et alors tu dormiras…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
dimanche 21 mars à 02h24 par AURORA | # | 4 commentaires

smiley : envelope BDSM, le paradoxe de la cage: Dita Von Teese photographiée par Ellen Von Unwerth pour Max Italie, 25ème Anniversaire, mars 2010.

 

BDSM Dita Von Teese photographiée par Ellen Von Unwerth pour Max Italia Mars 2010, 25ème anniversaire.

Scan Photo Dita Von Teese © Ellen Von Unwerth pour Max Italia - Marzo 2010.

 
 
 
 
 
Il y a des années que je vois Dita Von Teese en photographie ici et là, dans des poses suggestives, érotiques et BDSM.
 
Je me souviens d' avoir pensé lorsque j’ai pu, pour la première fois, mettre un nom sur son visage qu’elle « était » Betty Short, « Le Dahlia Noir », et que si un jour, une adaptation de ce livre devait se faire, elle y serait incontournable.
 
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Brian de Palma a fait son film.
Sans Dita.
Peut-être ne la connaissait-il pas.
Peut-être n’a-t-elle aucun talent de comédienne…
 
Dita reste toutefois « mon » Dahlia Noir.
Tout récemment, la belle strip-teaseuse  « burlesque » vient - en Italie - d’être le « cadeau » du magazine « Max », le masculin le plus vendu de l’autre côté des Alpes qui fêtait ainsi son 25ème anniversaire. 
 
Dans un portfolio de 10 pages confié à la photographe Ellen Von Unwerth, Dita figure à la fois fragile et sophistiquée, ingénue et terriblement sexy…
 
Une image plus que les autres m’a fait « tilter », celle ci-dessus avec sa « marque » nettement BDSM.
 
Allez donc savoir pourquoi…
Sans doute pour le commentaire que Dita en a fait :
« Sur le plateau avec Ellen je me suis sentie libre. C’est une femme et elle sait comment les femmes veulent apparaître… » .
 
Eternel paradoxe de la cage et de la liberté.
Si féline.
Si prisonnière.
Si libre.
Et si femme, oui…
 
 
 
 
 
 
 
 
samedi 20 mars à 03h16 par AURORA | # | 2 commentaires

smiley : envelope BDSM Poème: Le Partage des Eaux.

 

Photographie "Danger" by Josslen.

Photo © Josslen.

 
 
 
Je suis l’écluse nue,
L’écluse inutile,
Le partage des eaux
Immobiles.
 
Mes digues sont ouvertes
J’ai un amour démesuré en moi
Proportionnel aux morsures d’absence
Qui font ma vie,
Un amour en attente.
 
Nous mourrons, peut-être, sous des mètres de glace dissoute
Ou sous des dictatures victorieuses à encéphalogramme plat
Mais un sourire
Un seul sourire
Ferait la différence.
La grande révolution, pour l’instant, gît en
…chut !...silence.
 
Un sourire, un seul,
Raviverait le lit aride du fleuve
Qui traverse les plaines
Et ne m’épargne pas la brûlure.
Un sourire, un seul,
Une arabesque, une oasis
Un arc-en-ciel…
 
Nous mourrons, oh, et comment que nous mourrons !
Mais avec nos lèvres séchées
Par ces sourires tentés et ratés
Et pourtant jamais
Vraiment renoncés.
 
Foyers toujours ardents,
Téméraires
Et féconds.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
vendredi 19 mars à 01h00 par AURORA | # | 8 commentaires

smiley : envelope BDSM Réflexion: Autour du « Jeu de la Mort », documentaire de Christophe Nick sur France 2, le numéro 213 de la revue « Sciences Humaines, Dossier « L’Enigme de la Soumission ».

 

Revue "Sciences Humaines", mars 2010, dossier "L'Enigme de la Soumission" autour de l'Expérience Milgram et des dangers de la société actuelle.

Scan de la couverture de la revue « Sciences Humaines No 213 - Mars 2010 - Dossier « L’Enigme de la Soumission ».

 
 
 
 
Que l’on fasse ou non partie des pratiquants BDSM, l’on aura regardé avec une curiosité certaine ce soir le documentaire de Christophe Nick « Le Jeu de la Mort » sur France 2 dans le cadre de l’émission « Jusqu’où va la télé ? ».
 
Ce documentaire se proposait de reproduire l’Expérience Milgram (la soumission d’une personne à l’autorité pouvant aller jusqu’à en faire le bourreau de quelqu’un qu’il ne connaît pas et qui « ne lui a rien fait », seulement par obéissance) en la transposant dans le cadre d’un jeu de télé-réalité.
Ce n’est pas la première fois que Milgram était source d’inspiration en France.
Souvenons-nous du film d’Henri Verneuil avec Yves Montand, le fameux « I comme Icare »…
 
De l’émission de France 2, on peut penser ce que l’on veut : pas de véritable rigueur scientifique dans le travail de Christophe Nick et surtout un bien lamentable débat à la suite du documentaire.
Nul doute que, dès demain,  la plupart des quotidiens tireront à boulets rouges sur ce programme…
 
Il n’empêche que cette « soumission » incite à penser.
La très sérieuse revue « Sciences Humaines », dès avant la projection du module télévisé de ce jour, a consacré à ce sujet le dossier central de son numéro de mars 2010 : « L’énigme de la soumission ».
Et l’on ne peut que recommander très chaudement sa lecture.
 
En effet, les différentes chroniques y sont fort bien faites.
Du récit « historique » de l’Expérience Milgram à l’analyse du documentaire de Christophe Nick, le magazine met surtout l’accent sur cette soumission qui ne cesse de grandir dans la société actuelle, allant jusqu’au titre provocateur de « Les salariés sont-ils des victimes consentantes ? » qui relate sous la plume de Jean-François Dortier les toutes dernières méthodes de « coaching » et de « management ».
A en avoir froid dans le dos !
 
Un autre excellent article d’Achille Weinberg nous interroge sur « Dominant-Dominé, Anatomie d’une relation. » sans ne se lancer jamais dans des affirmations péremptoires et des étalages de vérités pseudo-sociologiques et/ou psychologiques définitives mais bien au contraire en invitant seulement à la réflexion avec des arguments solides et une bibliographie conséquente.
 
Un seul bémol : la soumission BDSM n’est traitée que dans le cadre du masochisme et sous l’angle le plus classique qui soit (les théories de Krafft-Ebing et de Freud) en une brève colonne de la rubrique qui clôt le dossier : « Quatre formes de soumission ».
 
Aucun regret cependant : il faut bien avouer que ce n’était pas le plus important à étudier en ces temps où la soumission, bien plus qu’érotique, revêt surtout des formes sociales qui sont, elles, nettement plus dangereuses…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
jeudi 18 mars à 02h02 par AURORA | # | 6 commentaires

smiley : envelope BDSM (Auto)Fiction: Le Tunnel (texte du 2 juillet 2009).

 

BDSM AutoFiction Le Tunnel Texte d' Aurora.

 

 

Je reproduis ici ce soir, sans y changer une seule virgule, mon texte « Le Tunnel » paru le 2 juillet 2009 sous le label "BDSM Fiction" et aussitôt effacé à la suite de commentaires qui le jugeaient stylistiquement déséquilibré.
Il l’est en effet. Cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Néanmoins, il est tout autant cher à mon cœur.
 
On ne sait jamais ce qu’il peut advenir d’un blog d’un jour à l’autre.
Je serais très triste si le mien venait à prendre fin sur un coup de tête ou de fatigue tôt ou tard qu’il ne comporte pas alors en son sein ces quelques paragraphes qui disaient dès ces temps bien des choses sous le couvert de la fiction et qui ont - il faut bien le reconnaître aujourd'hui - l’étrange couleur du présage…
 
 
 
 
« Ci separammo un po' come ci unimmo
senza far niente e niente poi c'era da fare
se non che farlo e lentamente noi fuggimmo
lontano dove non ci si può più pensare ».*
Claudio Baglioni - « Mille giorni di me e di te ».
 
 
 
Cette nouvelle étant une fiction BDSM, (bla bla bla bla) ressemblance (bla bla bla bla) personnes vivantes ou décédées (bla bla bla bla) purement fortuite…
 
 
 
Canicule de midi-treize heures. Chaleur suffocante.
Feu rouge.
Par la fenêtre de son Audi, il jette un oeil sur les visages inconnus qui s’arrêtent à ses côtés.
Il ne s’y attarde pas. Et puis si.
Les voilà ses nouveaux pairs dorénavant. Des anonymes qui paraissent aussi perdus qu’il l’est.
Qui sait ce qu’ils peuvent bien penser de lui ?
Rien.
Rien n’est inscrit sur son visage et il n’a rien de particulier par ailleurs.
Eux non plus. Tous unis par le seul fait de faire partie d’un même paysage urbain.
C’est ainsi que doivent se sentir les choses inanimées.
Et pourtant, peut-être vivent-ils les mêmes moments que lui.
 
Feu vert.
On repart. Tous se séparent.
 
L’autoroute.
Il reprend sa course pour avaler des kilomètres.
 
Mais ce qu’il déglutit, c’est autre chose.
Il y a un ordre parfaitement structuré dans la perte - même si on en est à l’origine, même si on en a été l’ordonnateur - qui fait peur. Il ne faut pas se laisser engloutir dans ce maelstrom.
 
Il ne réussit pas encore à penser à elle avec des mots. Ceux qui lui viendraient, ceux qu’il chasse comme les mouches sur sa peau collante de sueur, n’auraient aucune pertinence.
 
Il conduit une heure ou deux. Le trafic est fluide.
Puis il s’arrête à une station-service, se passe la main sur les yeux comme en un rite de compassion. Il se demande s’il n’a pas de la fièvre.
 
Au lieu de se souvenir de séances où il tenait le fouet en main et la faisait crier, au lieu de se souvenir d’eux, nus ensemble égaux et inégaux dans leurs jeux, ne parviennent sous ses paupières fatiguées que ces gestes légers avec lesquels, dans une parfumerie, elle lui tendait les petites mouillettes de fragrances différentes « Dis, et celle-ci, qu’est-ce que tu en penses ? », avec une moue gracieuse, dans le souci de choisir une eau de toilette pour lui plaire, incapable d’admettre qu’elle pouvait n’être plus du tout séduisante à ses yeux et tentant toujours de figurer comme protagoniste de ce qu’il voulait n’être déjà plus que son histoire à lui, elle avec ses vaines tentatives de féminité qui l’exaspéraient, toutes ces phrases, toutes ces questions auxquelles il ne répondait même plus.
Ses pauvres stratagèmes qu’elle devait supposer irrésistibles ne lui inspiraient même pas de la pitié : ils l’ennuyaient d’une façon incroyable, mortifère, quand ils ne l’incitaient pas à un dégoût d’elle encore potentialisé.
« Dis, et le désamour, tu sais ce que c’est ? Je n’ai plus envie de toi ! Plus envie de toi, tu peux comprendre ça ? » aurait-il voulu lui hurler en la secouant.
 
Il a tout fait pour qu’elle parte. Le but était que ce soit elle qui prenne la décision ultime. Qu’elle en endosse et la responsabilité mais aussi la culpabilité. Savait-il ou non consciemment qu’il la manipulait dans ce sens lorsqu’il lui infligeait toutes ces rebuffades ?
 
Pourtant, à la fin,  c’est lui qui s’est éclipsé, laissant une femme rompue, désertée de tout sentiment d’estime de soi, après des dizaines de « dernier essai » et autant de « dernière chance », comme elle disait.
Il a respiré de tous ses poumons « Enfin libre ! ».
Tous les champs du possible s’offraient à lui.
Mille et trois femmes multipliées par mille et trois devaient sûrement l’attendre quelque part.
Mille et trois femmes s’ouvrant pour lui au détour de chaque voie rapide.
 
Aujourd’hui, en se demandant où elle est, où ses pas de femme entre deux âges solitaire et amère aux sillons naso-géniens si vite creusés peuvent bien l’entraîner et ce qu’elle porte par cette moiteur, un t-shirt ou un débardeur qui révèlent ses bras désormais imparfaits, il en vient à se dire que plus douloureux que les lanières des fouets, plus coupantes qu’eux, étaient sans doute pour elle ces bandes de papier cartonné imbibées de parfum qu’elle lui présentait avec un sourire d’enfant vieillie qui s’accrochait à ses rêves, qui refusait désespérément de comprendre que quelque chose de mal était susceptible de lui arriver et de détruire son château de sable, son autel si pieusement entretenu d’amour et de désir.
 
La climatisation est forte dans le buffet accolé à la station-service
Cela lui fait-il du bien ? Il met un euro cinquante dans la machine pour avoir un Coca glacé.
C’est de l’eau qui coule pour commencer dans le gobelet.
Belle arnaque, comme d’habitude.
Il boit et retourne vers sa voiture. On dirait qu’il marche sur du goudron fondu.
Il va falloir rouler vite maintenant.
 
Il est en retard.
Une autre, une fille jeune,  l’attend.
Juste après la station-service, il y a un tunnel.
Il s’y engage.
 
 
 
 
 
* « Nous nous quittâmes un peu comme nous nous nous unîmes
sans ne rien faire et rien ne pouvait être fait,
sinon le faire et lentement nous nous enfuîmes
loin de tout, là où l’on pouvait ne plus penser… ».
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mercredi 17 mars à 03h55 par AURORA | # | 20 commentaires

smiley : envelope Pour accompagner Jean Ferrat: Rebelle et soumise (L'amour est cerise - 1980 - Vidéo YouTube et paroles).

 

 

 

 

 

 

En 2002, sur mon tout premier blog BDSM chez U-Blog, il y avait une chanson de Jean Ferrat.
C’est volontairement que je l’ai laissée de côté hier au soir.
Aujourd’hui, la voici.
 
C’est avec elle que je souhaite accompagner par la pensée (et que celles et ceux qui le veulent l’accompagnent ainsi avec moi) le chanteur-poète cette après-midi jusqu’à sa dernière demeure dans le petit cimetière d’Antraigues.
 
Ne nous y trompons pas, ce texte, c’est encore un hymne à la vie, un hymne à l’amour, un hymne à la femme…
Rebelle et soumise.
 
 
 
L’amour est cerise (Jean Ferrat - 1980).
 
 
 
Rebelle et soumise
Paupières baissées
Quitte ta chemise
Belle fiancée
L'amour est cerise
Et le temps pressé
C'est partie remise
Pour aller danser
 
Autant qu'il nous semble
Raisonnable et fou
Nous irons ensemble
Au-delà de tout
Prête-moi ta bouche
Pour t'aimer un peu
Ouvre-moi ta couche
Pour l'amour de Dieu
 
Laisse-moi sans crainte
Venir à genoux
Goûter ton absinthe
Boire ton vin doux
Ô rires et plaintes
Ô mots insensés
La folle complainte
S'est vite élancée
 
Défions le monde
Et ses interdits
Ton plaisir inonde
Ma bouche ravie
Vertu ou licence
Par Dieu je m'en fous
Je perds ma semence
Dans ton sexe roux
 
Ô Pierrot de lune
Ô monts et merveilles
Voilà que ma plume
Tombe de sommeil
Et comme une louve
Aux enfants frileux
La nuit nous recouvre
De son manteau bleu
 
Ô Pierrot de lune
Ô monts et merveilles
Voilà que ma plume
Tombe de sommeil
Et comme une louve
Aux enfants frileux
La nuit nous recouvre
De son manteau bleu…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mardi 16 mars à 01h04 par AURORA | # | 6 commentaires

smiley : envelope Jean Ferrat (26 décembre 1930 - 13 mars 2010).

 

Jean Ferrat chanteur engagé et poète militant 1930 - 2010.

Jean Ferrat (1930 - 2010) - Photo d’Archives.

 
 
 
Pour reprendre une expression chère à Joël Fauré, « J’ai bien connu Jean Ferrat ».
Il fut mon voisin entre mes six et huit ans à une époque où j’ignorais encore quel homme se cachait derrière cette haute silhouette que je voyais dans la cuisine de mes parents, attablée de façon débonnaire, à discuter des petits événements du village et de ceux du monde.
Qu’en pensais-je ? Qu’il était comme nous.
Ce qui sous-entend qu’il était, comme nous, « compagnon de route » de ce parti qui faisait en ce temps-là 25% des votes exprimés en France, ce parti de l’espoir qui me rendait si fière « d’en être », moi aussi, à travers mes aînés.
Oui, je ne voyais en lui que l’un des « nôtres ».
Bien sûr, je savais qu’il était chanteur. Ça se disait ...
Mais cela ne signifiait rien pour moi, trop gamine alors pour avoir une idée de la grandeur de l’artiste. Et même de ce qu’était qu’être artiste.
Mon père possédait ses disques mais la musique, c’était, dans la maison familiale, un loisir réservé aux soirs et lorsque j’avais cet âge enfantin, le soir commençait pour moi très tôt, le dîner à peine fini.
 
Ce n’est que plus tard, « la montagne » derrière nous, lorsque nous eûmes regagné la région du plein soleil, que j’entendis la voix de Ferrat pour la première fois.
Je découvris un jour, avec toute la surprise de mes souvenirs, le chanteur par moi-même.
Et par hasard.
Parce que j’aimais Aragon, j’avais acheté « Ferrat chante Aragon », le premier volume.
Celui où figure « Aimer à perdre la raison ».
 
Mon adolescence commençait à poindre.
Tellement qu’elle me permit de prendre enfin le bus seule et de traverser la France pour me rendre à une Fête de l’Huma où, là, j’écoutai Jean Ferrat chanter « live ».
Je demandai ses disques à mon père et, au fil des ans, ce fut moi qui continuai la collection.
 
J’avais compris désormais qui était Ferrat.
Le chanteur engagé que la télévision et la radio ne passaient pas.
Le chanteur enragé qui, lorsqu’il le fallut, n’hésita pas à remettre en question « Le Bilan » du Parti.
Un homme d’une fidélité exemplaire mais aussi d’une liberté inconditionnelle.
 
Jean Ferrat fut une haute conscience de l’humanité.
Avec une rare lucidité sur notre temps.
Et une rugosité trompeuse qui masquait mal une immense tendresse.
Son amour de la poésie la révélait.
Ses propres textes mais encore et toujours ceux d’Aragon vers lesquels il revenait sans cesse, ce qui nous valut un second volume de « Ferrat chante Aragon »  mais aussi le magnifique « La femme est l’avenir de l’homme ».
 
A l’heure où il disparaît, à l’heure de rendre hommage à celui qui fut l’une de nos plus belles et plus grandes voix, quels mots de lui choisir qui ne soient justement pas ceux d’Aragon ?
 
Pour moi, Jean Ferrat représente « l’homme vivant » qui chante les luttes, le partisan, le combattant, mais aussi « l’homme vivant » qui chante l’amour érotique, la toison, la fourrure du sexe de la femme auquel il aime à venir s’abreuver.
N’oublions pas que c’est à cause de cette licence poétique trop libre que certaines de ses chansons furent interdites d’antenne.
 
Alors - en guise d'adieu à l'ami - parce qu’il naquit Jean Tenenbaum avant que d’être Jean Ferrat et qu’il vit son père ne pas revenir d’Auschwitz, tout d’abord le poignant « Nuit et Brouillard » (1963) et ensuite « Je vous aime » (1971), hymne d’une puissance inégalée au plaisir féminin...
 
 
 
 
 
 
 
Nuit et Brouillard (Jean Ferrat - 1963).
 
Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent
 
Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été
 
La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir
 
Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux
 
Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues
 
Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers
 
On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare
 
Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez
 
Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent…
 
 
 
Je vous aime (Jean Ferrat - 1971).
 
Pour ce rien cet impondérable
Qui fait qu'on croit à l'incroyable
Au premier regard échangé
Pour cet instant de trouble étrange
Où l'on entend rire les anges
Avant même de se toucher
Pour cette robe que l'on frôle
Ce châle quittant vos épaules
En haut des marches d'escalier
 
Je vous aime
Je vous aime
 
Pour la lampe déjà éteinte
Et la première de vos plaintes
La porte à peine refermée
Pour vos dessous qui s'éparpillent
Comme des grappes de jonquilles
Aux quatre coins du lit semés
Pour vos yeux de vague mourante
Et ce désir qui s'impatiente
Aux pointes de vos seins levés
 
Je vous aime
Je vous aime
 
Pour vos toisons de ronces douces
Qui me retiennent me repoussent
Quand mes lèvres vont s'y noyer
Pour vos paroles démesure
La source le chant la blessure
De votre corps écartelé
Pour vos reins de houle profonde
Pour ce plaisir qui vous inonde
En long sanglots inachevés
 
Je vous aime
Je vous aime…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
lundi 15 mars à 02h04 par AURORA | # | 10 commentaires

smiley : envelope Alain Bashung, "l'année resplendissante", un an après...

 

Alain Bashung - DVD « Alain Bashung à l’Olympia » - Universal - 2009.

Alain Bashung - Scan du DVD « Alain Bashung à l’Olympia » - Universal - 2009.

 
 
 
« …Et que ne durent que les moments doux… ».
« Osez Joséphine » - Alain Bashung / Jean Fauque (1991).
 
 
14 mars 2010, 12ème mois, un an, fin de l’ « année resplendissante »…
 
 
 
Il y a un an, Alain Bashung nous quittait, à peine une quinzaine de jours après avoir prononcé les mots fatidiques « Je nous souhaite une année resplendissante » lors des Victoires de la Musique.
Ce « nous », je ne l’ai jamais oublié et, caillou après caillou, mois après mois, j’ai déposé une note ici à chaque 14, de sorte que cette année resplendissante, il lui soit quelque part conféré de la partager avec « nous », comme il le désirait…
 
Si beaucoup parmi vous m’ont suivie en ce chemin, c’est qu’ils savaient mon remords : prise par les aléas d'un tourbillon qui me dépassait, je n’avais pas, après la sortie de « Bleu Pétrole », suivi le parcours de Bashung en sa vie et en sa tournée.  
C’est seulement 48 heures avant les « Victoires » que j’avais connu sa maladie.
Et évidemment, quelques mois plus tôt, lorsqu’il s’était produit dans ma ville, toujours obnubilée par mes soucis, j’avais manqué le concert, je n’avais pas honoré le dernier rendez-vous d’amour que Bashung donnait à son public.
 
Pourtant, si un chanteur a marqué ma vie pendant trente ans, ce fut bien lui.
Et c’est à lui que je ne suis pas allée dire « adieu » quant il l’aurait fallu.
Il m’en est resté cette plaie ouverte, ce geste non rendu, l’absurdité du destin qui fait que l’on ne remonte pas le temps, que les erreurs ne se réparent pas.
 
A sa sortie fin novembre, j’ai acheté le DVD des concerts à l’Olympia. Il était demeuré emballé depuis.
Je ne pouvais pas me décider à l’ouvrir, à le placer dans mon lecteur, à le regarder.
Devais-je ou non par le truchement de l’image figée à jamais sur pellicule assister à ce que j’avais raté ?
En avais-je seulement le droit ?
 
La mort de Bashung, c’est par téléphone que je l’ai apprise, encore en retard, ce samedi soir-là d’il y a un an.
J’étais au cinéma quand elle a été annoncée sur les ondes.
Et c’est mon fils qui m’en a prévenue en un message vocal bouillonnant de sanglots que je n’ai reçu que plus tard.
Son message, nous avons été deux à l’entendre à la sortie du film.
Il ne reste aujourd’hui plus que moi.
 
C’est donc à mon enfant que j’ai laissé le choix que nous soyons lui et moi, ou non, les « spectateurs virtuels » de cette dernière tournée.
Il a voulu que, oui, nous revoyions hier Bashung vivant sur ce DVD.
Je ne le regrette pas.
Ce melting-pot de deux concerts n’est pas une « figure imposée » : seule la beauté déchirante de « L’imprudence » y est présente avec toutes ses fulgurances.
 
Les douze pierres des mois de l’an étant posées, je n’écrirai donc plus sur Alain Bashung.
Mais sa mémoire ne s’éteint pas pour autant sur ce blog.
Il y demeurera présent au détour d’une citation, d’un jeu de mots dans mes pages, parfois, souvent…
 
L’année n’aura été resplendissante pour personne parmi celles et ceux qui se sentent concernés par le monde comme il va.
Dans le monde entier, les ouragans ont sévi, la terre a tremblé, la pauvreté a augmenté, les conflits ont montré leur visage hideux.
« Résidents de la République », l’un des titres de « Bleu Pétrole »,  était un texte politique.
Il nous donne beaucoup à réfléchir en ce jour d’Elections Régionales dans notre pays où, à tout instant, quelque chose de plus se déglingue de l’idéal social et républicain.
 
Mon année personnelle n’a pas non plus été resplendissante. Je n’y reviendrai pas.
 
J’écoute Bashung chaque jour.
Chaque jour, je découvre un quartier de lune nouvelle dans cette voix qui ne va jamais s’éteindre.
 
Que faut-il alors « lui » souhaiter, « nous » souhaiter pour toutes les années à venir ?
Juste les mots mis en exergue de ce post.
Si quelque chose doit durer, « Que ne durent que les moments doux… »… 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
dimanche 14 mars à 03h52 par AURORA | # | 6 commentaires

smiley : envelope BDSM et Photographie: Le mur de Jan Saudek.

 

BDSM Jan Saudek Enveloppement.

BDSM Jan Saudek Callypige.

BDSM Jan Saudek Rêve Eveillé de Prisonnière Libre.

Photographies © Jan Saudek.

 
 
 
Je suis fascinée par le mur délabré et humide de cette sorte de cave où Jan Saudek photographiait ses modèles au tout début de sa carrière et où il les photographie maintenant encore très souvent, alors que le moment du succès étant venu, il pourrait depuis longtemps se permettre bien d’autres décors…
Ce qui me trouble, c’est la quasi-obsession de l'artiste pour cet endroit et, par là même, ce désir de rendre esthétique ce qui ne l’est pas.
 
C’est une boîte à rêves que cette pièce, elle a un je ne sais quoi de sordide et de tendre en même temps qui m’enchante.
Même si toutes les images érotiques qui y ont été prises ne sont pas à caractère BDSM (loin de là !), je voudrais me réveiller demain matin avec le visage contre ce mur et pouvoir en inhaler toute l’odeur…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
samedi 13 mars à 02h42 par AURORA | # | 6 commentaires

smiley : envelope BDSM et Dessins: Fétiches du quotidien ou l’Art de Julian Murphy.

 

BDSM Julian Murphy Love Triangle.

BDSM Julian Murphy Vacuum 1.

BDSM Julian Murphy Pair of Shoe 1.

BDSM Julian Murphy Madame Quintain.

BDSM Julian Murphy Vice.

BDSM Julian Murphy Wild Life.

Tous les dessins © Julian Murphy.

 
 
 
 
 
J’avais envie, ce soir, d’images BDSM artistiques mais inattendues qui se prêtent tant au sourire qu’à l’imaginaire.
J’avais envie d’images BDSM décapantes.
 
Je sais que je vous avais déjà parlé de Julian Murphy, vu dans une exposition à Paris au Musée de l’Erotisme (mais où, mais quand ? ce blog est un tel désordre que je ne m’y retrouve pas moi-même…).
 
J’ai donc fait mes « fonds de tiroir » pour remettre la main sur ces gouaches où ce sont n’importe quels objets de la vie courante qui sont prétexte aux jeux d’Eros.
 
J’espère qu’elles vous plairont  autant qu’elles me plaisent et que vous en goûterez tout l’humour symbolique avec lequel Julian Murphy se délecte à manipuler transgressivement nos « fétiches » du quotidien, de l’aspirateur à l’épouvantail, pour les malmener, les détourner et nous provoquer ainsi jusque dans nos retranchements les plus fantasmatiques …
 
 
  
 
 
 
 
 
 
vendredi 12 mars à 03h41 par AURORA | # | 8 commentaires

smiley : envelope BDSM Mots: A Toi, lecteur qui passe…

 

BDSM soumise et reine AURORA.

Du temps de mon collier... (Photo prise en janvier 2008).

 

 

Toi qui passes sur mes pages sans me connaître…
Je n’ai pas de mains pour t’atteindre.
Juste mes mots.
Je n’ai pas de peau, ni d’yeux, ni de sourire, ni d’odeur, je n’ai pas de mouvement dans l’espace.
Je suis seulement ce que tu imagines à lire ce que j’écris.
 
Je n’ai pas de rencontres que tu puisses voir. Pas de dialogues que tu puisses entendre.
Tu ne sais rien de mes journées.
Ni de ce que je fais, ni avec qui je parle au téléphone, ni du café que je prépare, ni quand et comment je m’assieds à mon clavier.
Ni des baisers sur les joues de mon fils. Ni de mes larmes, ni de mes rires.
Rien de tout cela ne te sera donné à voir.
Je suis immatérielle, une femme exclusivement faite de paroles.
Mais ce que j’écris, c’est uniquement la passion qui le motive.
 
Alors, je peux bien te parler de mes désirs.
Si tu t’approches un peu, tu pourras les ressentir :
Le plaisir qui alimente le plaisir…et qui revient toujours multiplié pour devenir cet espoir qui pousse à aller constamment de l’avant….pour quitter ces endroits où ne règne que l’ombre.
Envie de revivre ce film qui est sempiternellement le même mais qui n’est jamais semblable.
Aucun « remake » mais d’autres gestes, d’autres mouvements, d’autres pas, une autre paix…
Cette paix intérieure que le BDSM seul m’apporte.
Un autre homme. Un autre Dom.
Voilà ce que j’attends.
 
Et je puis partager un secret encore avec toi : du temps de mon collier, j’ai été soumise et j’ai été reine…
Maintenant, tu peux me toucher.
Même de là où tu te trouves, c’est possible…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
jeudi 11 mars à 03h10 par AURORA | # | 16 commentaires

smiley : envelope BDSM Poème: Le Banquet de Vulcain.

 

BDSM Soumise en attente de menottes.

Photo « venue » du Web.

 
 
 
Ce n’est pas que je n’aie plus d’idées concernant le BDSM, de textes lus, de sondages à commenter.
Seulement, à mon sens, mon statut de « soumise sans collier » ne m’autorise nullement à émettre des opinions alors que je ne suis plus rien en ce domaine.
La chose m’inhibe et, ce faisant, bloque ce blog.
Ne restent, de publiables, que mes textes personnels de femme solitaire…
 
 
 
 
Si j’ouvrais toutes les fenêtres,
Si j’éteignais toutes les flammes,
Si je m’offrais nue à la pluie
De ce terrible enfer/hiver,
Qu’en serait-il de moi ?
 
Subir la tempête,
Sucer la Rose des Vents,
Lécher le brouillard,
Jusqu’à n’être qu’os…
 
Me rouler dans la boue,
M’écraser de la glace sur les tempes,
Me déshabiller pour la brume,
Comme une folle dévorer la neige,
 
Tout cela servirait-il à me rendre mon âme ?
Le cercle à peine ouvert s’est fermé à nouveau.
 
Et pourtant…
Pas très loin de moi, je sais
Que pourraient germer des fleurs de lotus
A enchanter le pire des marécages,
Ou la plus absolue des terres brûlées.
 
Le noir vraiment profond
Se porte toujours en manteau de damas.
Qui couronnera mes cheveux,
Un jour, de perles et non d’épines ?
 
Moi qui ne rêve que de fers,
De feu et puis d’acier trempé,
Qui me rendra ma place enfin,
Demain, au banquet de Vulcain ?
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mercredi 10 mars à 02h54 par AURORA | # | 10 commentaires

smiley : envelope 8 mars 2010, 100ème Journée Internationale des Femmes.

 

Clara Zetkin 1857 - 1933.

Clara Zetkin (1857-1933) - Photo d’archives.

 
 
 
 
A toutes les femmes qui travaillent, aux chômeuses, aux retraitées, aux femmes au foyer, aux étudiantes,
A celles qui sont objet de violences, de mutilations, de harcèlement et qui ne trouvent aucune aide.
A celles qui ne l’acceptent pas.
A celles qui exigent le respect.
A celles qui, quelle que soit la situation, savent relever la tête.
A celles qui croient en la liberté
A celles qui aiment l’indépendance.
A celles qui raisonnent avec leurs propres neurones.
A celles qui ne se laisseront jamais marcher sur les pieds.
Aux mères, aux grands-mères, aux sœurs, aux amies.
A celles qui ont compris que la beauté n’est presque rien et que la connaissance est presque tout.
A celles qui épouseront un millionnaire.
A celles qui épouseront un ouvrier.
A celles qui ne se marieront jamais.
Aux petites filles d’aujourd’hui qui seront des femmes demain.
Aux noms célèbres d’hier, qui ont combattu pour nos droits et nos libertés.
Aux adolescentes dans les lycées qui continuent la lutte.
A celles qui vivent dans des pays où la vie d’une femme représente moins que rien
Et à celles qui sacrifient leur existence dans l’espoir que le futur puisse être différent.
 
A celles qui croient que ressembler à un prototype n’est pas obligatoire.
A celles qui ne sont pas siliconées, peroxydées, photoshopées.
A celles qui construisent leur route par elles-mêmes.
A celles qui sont aimées.
A celles que l'on a abandonnées.
A celles qui vieillissent tendrement.
A celles qui vieillissent tristement.
A celles qui dorment dans de la soie.
A celles qui dorment dans la rue.
A celles qui ne dorment pas.
A celles qui ce soir se sentent dans la peine.
A celles qui attendent tout d’après-demain.
A celles qui changeront en mieux l’Histoire.
A celle qui, un jour, sera la première Présidente de la République Française.
A celles qui décident d’être mères.
A celles qui ne veulent pas d’enfant.
A celles qui n’ont pas même pensé qu’aujourd’hui nous étions le 8 mars.
A celles qui se sont arrêtées un instant sur la signification réelle de ce jour.
Et à celles qui pensent, fermement convaincues, que cette date a encore une valeur essentielle dans le monde où nous vivons.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
lundi 08 mars à 23h39 par AURORA | # | 10 commentaires

smiley : envelope BDSM et Art: « Edvard Munch ou L’ ‘Anti-Cri’ », une exposition du 19 février au 18 juillet 2010 à la Pinacothèque de Paris.

 

Edvard Munch "Vampire II" 1895, Collection Particulière, "Edvard Munch ou l''Anti-Cri', exposition à la Pinacothèque de Paris 2010.

Munch "Les Mains" 1895, Collection Particulière, « Edvard Munch ou L’ ‘Anti-Cri’ », une exposition du 19 février au 18 juillet 2010 à la Pinacothèque de Paris.

Munch "Baiser sur les cheveux" 1915, Collection Particulière, « Edvard Munch ou L’ ‘Anti-Cri’ », une exposition du 19 février au 18 juillet 2010 à la Pinacothèque de Paris.

Munch "Nu Agenouillé" 1922, Collection Particulière, « Edvard Munch ou L’ ‘Anti-Cri’ », une exposition du 19 février au 18 juillet 2010 à la Pinacothèque de Paris.

Tous les tableaux d’Edvard Munch présentés ici © Collections Particulières.

 
 
 
Des trois expositions parisiennes que j’ai pu visiter, je vous en épargnerai deux.
Tout d’abord, « Soulages » (afin d’éviter que le débat fasse rage !), ensuite « elles@georgespompidou » (car en ce 8 mars qui marque la centième « édition » de la Journée Internationale des Femmes, traiter en une page de plus d’un siècle d’art féminin serait injurieux.)...
 
Reste donc la troisième, celle de la Pinacothèque, « Edvard Munch ou l’’Anti-Cri’ » qui se tient depuis ce 19 février jusqu’au 18 juillet 2010 et rassemble 60 toiles et 40 graphismes, la plupart en provenance de collections privées, se proposant de tordre le cou à l’idée reçue que Munch n’est le peintre que d’un seul tableau, ce fameux « Cri » qui connut son heure de gloire définitive à nos yeux lorsqu’il fut volé en 2004 pour être finalement retrouvé en 2006.
 
Grandement concurrencée par l’exposition Turner, « Munch ou l’ ‘Anti-Cri’ » offre une possibilité de visite intimiste: on n’est pas obligé de faire des pieds et des mains, de ruser pour fendre la foule afin d’admirer les œuvres.
 
Et quelles œuvres !
Car Munch, s’il est considéré comme le plus grand dans son pays de Norvège, n’usurpe pas cette place, loin de là.
Artiste précurseur, moderne parmi les Modernes qu’il ne connut pas et qui, pour certains, ne naquirent que longtemps après sa disparition, Munch, c’est donc tout sauf l’académisme et c’est aussi bien autre chose que « Le Cri »…
 
Supports variés, versions nombreuses d’une même idée de départ, couleurs changeantes, cinétique, cela, c’est Munch pour une période qui va de 1880 à 1944, toujours avec originalité et sans crainte des ruptures, tant face à ses propres œuvres qu’à celles des peintres avec lesquels il travaille parfois en « ateliers ».
 
Face à l’art, on reçoit toujours un peu de ce que l’on a apporté.
Ainsi, dans l’image de la femme que Munch véhicule, je trouve encore, moi, les traces d’une représentation BDSM qui n’a jamais existé - il faut que je le signale haut et fort - dans l’esprit de l’artiste.
 
Mais celui-ci, dans ses premiers travaux, montre des femmes vampires et un certain fétichisme de la chevelure.
« Vampire II », de 1895, saisit l’homme noyé dans les cheveux de la femme qui s’apprête à lui mordre le cou, « Les mains », de la même année déploient une multitude de mains masculines tendues vers une femme narquoise à la longue chevelure rousse : c’est le temps où Munch affirme dans ses écrits une sensation de crainte envers la féminité, crainte doublée d’une fatale attraction.
 
Ce n’est qu’en 1915 que cette chevelure apparaîtra dans « Baiser sur les cheveux » toujours comme un objet d’adoration mais d’une adoration paisible et réconciliée.
Là encore, il faut prêter foi aux déclarations manuscrites de Munch qui en témoignent, la femme a repris dans sa vie sa place « naturelle » et n’est plus motif d’appréhension.
 
La plus belle toile de l’exposition est pour moi le « Nu agenouillé » de 1922.
Bien sûr, je m’y projette et c’est cela qui me permet d’y voir un acte de soumission, un reflet BDSM qui ne peut que m’être personnel…
 
Vous irez voir Munch à la Pinacothèque de Paris avec votre regard à vous, ce sont d’autres œuvres qui vous charmeront (des paysages, des portraits, une tentative cinématographique..).
 
La seule chose dont je puisse vous assurer, c’est que, charmés, vous le serez !
 
 
 
 
 

 

 

 

lundi 08 mars à 03h17 par AURORA | # | 7 commentaires

smiley : envelope Mort, où est ta Victoire? (Hommage de Jean Fauque à Alain Bashung aux 25èmes Victoires de la Musique - 2010).

 

Alain Bashung, une 12ème Victoire de la Musique en 2010 pour le DVD de ses deux derniers concerts à L'Olympia.

Alain Bashung - Photo d’Archives.

 
 
 
Ce soir, c’étaient les « Victoires de la Musique ».
Comment ne pas se souvenir, la gorge nouée, les yeux noyés de larmes, de celles de l’an passé ?
 
Il était là.
Son ombre a constamment plané sur la soirée et les maudits mots dits n’ont fait que rendre son absence encore plus insupportable.
 
Hommage a donc été longuement rendu à Alain Bashung par la voix de son parolier Jean Fauque dont je fais miennes les dernières paroles qu’il a prononcées :
« La nuit, je me mens. La nuit, je pense que tu es toujours vivant… ».
 
Et vivant, Bashung l’est.
Pour vous, pour moi qui l’avons aimé.
 
Tant que nous l’écouterons, tant que nous parlerons de lui, tant que nous écrirons sur lui, nous pourrons encore et toujours dire: « Mort, où est ta Victoire ? ».
 
Certainement pas dans les douze trophées de ces « Victoires de la Musique » (le dernier remis cette nuit pour le DVD de ses deux ultimes concerts à l'Olympia) qui jalonnèrent la trajectoire d’Alain Bashung…

 

 

 

 

 

 

dimanche 07 mars à 03h44 par AURORA | # | 9 commentaires

smiley : envelope BDSM Fiction: Les Rideaux Tirés.

 

BDSM Rupture à L'Age de l'Amertume.

Photo « venue » du Web.

 
 
 
 
Il est quatre heures du matin et toi et moi sommes assis dans mon Audi.
Je te regarde de profil.
Presque rien de toi n’a changé en toutes ces années.
L’ovale un peu moins ferme, un peu moins dessiné peut-être mais pour le reste, c’est toujours ta manière de baisser les yeux et d’être infiniment douce.
 
Même après deux verres de whisky, je reste lucide et là, dans l’obscurité la plus absolue de ce parking, je cueille l'odeur de ta chair que ton parfum ne parvient pas à couvrir, la même qu’autrefois.
Tout au long de la soirée, tu t’es tue quant à toi, toi vraiment - et je pensais qu’il t’était difficile de renouer avec un vocabulaire d’intimité si longtemps après - mais soudain, tu me lances d’une voix très basse :
« Eric, je suis une femme détruite, il m’a plaquée pour une fille de 29 ans. ».
 
« Je ne comprends pas. Avec votre BDSM, vous aviez toutes les affinités sexuelles possibles.  ».
Mon affirmation résonne comme idiote et inopportune.
Elle ne paraît pas te déranger cependant.
« -Je ne crois pas, non. Et puis, de toute façon, même cela ne suffit pas. Mais c’est vrai qu’un temps, nous l’avons fait comme des Dieux. C’est lui qui ordonnait. Moi, je suivais. J’aimais ça, cette passivité feinte. C’est l’un des plaisirs les plus forts de la soumission. Ne pas avoir à demander. Seulement se laisser porter. Quand il me voulait, il y avait un signal entre nous. Un signal qui n’était donné ni par des mots ni par des gestes. Un signal totalement extérieur à nous. J’entrais dans la chambre et je trouvais les rideaux tirés. 
-Les rideaux tirés ?
-Oui.
-Je trouve ça glaçant. Ce n’est pas de la communication pour moi. ».
Je n’ai pas pu éviter de te livrer cette opinion.
« Non, ce n’est pas glaçant.  Pas quand on le vit. Et, en tout cas, ce n’est pas de cette glace-là que nous sommes morts. ».
Tu prononces ces mots en haussant les épaules.
 
Alors que tu lèves ta main pour venir la poser sur ma joue en une tendre et presque impalpable caresse d’amitié, je m’aperçois que tu n’as plus ta petite alliance.
Je ne dis rien car tu devances ma phrase.
« Je ne la porte plus. Je ne suis plus liée. Plus alliée. C’est la vie. ».
« Et plus aliénée peut-être aussi ? » ai-je osé te répondre en retenant tes doigts au vol et en déposant un baiser sur tes ongles.
Tu répètes « C’est la vie, c’est la vie qui le dira…mais je voudrais tellement aimer et être aimée à nouveau. ».
Puis tu pouffes de rire mais c’est un frisson de tristesse qui passe dans mon dos lorsque je t’entends déclarer sûre de toi : « A mon âge, plus aucune chance. Qui me regarderait encore ? ».
 
Oh ! Comme tu te trompes ! Mais je sais qu’à te tromper ainsi et à y croire aussi fort, c’est ce qui adviendra.
Et je perçois toute ta tragédie qui me dévore le cœur comme une pieuvre.
C’est comme si tu te fusillais toi-même au champ d’honneur.
Parce que tu es persuadée que plus personne ne te regardera, en effet, plus personne ne te regardera.
Puisque tu ne te regardes plus toi-même ou plutôt parce que tu ne te vois plus.
Et que rien, ni personne, ne peut te rendre les yeux qu’il te faudrait.
Qu’il te faudrait là, aujourd’hui et demain.
Des yeux qui ne seraient pas voilés par le renoncement.
 
Une voiture vient se garer et ses phares nous éclairent brutalement comme en plein jour.
Dans sa lumière, tu tournes ton visage vers moi d’un grand coup de ta chevelure.
« Ma bouche. Vois ma bouche. En deux ans, j’y ai creusé les plis de l’amertume. Vois comment je suis maintenant. Je n’aurais jamais dû les avoir génétiquement. Ni ma mère, ni mon père ne les ont à leur âge. Pas même ma grand-mère qui va faire ses quatre-vingt-seize ans. Mais moi, j’ai tellement souffert. Ça, c’est indélébile. ».
 
Je ne sais qu’ajouter. Je voudrais te dire que si tu souriais, on n’y verrait que du feu.
Mais te conseiller de sourire, ce serait une indécence, une indélicatesse à ton égard.
 
Pourtant, il y a tes petits seins bien hauts placés qui soulèvent ton chandail, conquérants, mais tu ne le sais pas.
Pourtant, il y a tes jambes fières.
Et comme j’ai toujours ta main dans la mienne, je remarque que de toutes les femmes de ton âge que je connais, tu es la seule à l’avoir très blanche, sans la moindre ride et sans non plus aucune de ces taches que l’on nomme des fleurs de cimetière.
 
Mais qu’y faire ? Que te dire ?
Tu t’es enterrée vive.
Et c’est glaçant, oui, que tu aies ainsi tiré les rideaux…  

 

 

 

 

 

 

samedi 06 mars à 06h30 par AURORA | # | 10 commentaires

smiley : envelope BDSM et Fouet: Ma nuit parisienne de février 2010 (2 et Fin).

 

Préambule : Une fois n’est pas coutume.
Bien qu’ayant essayé de ne sélectionner que des photographies somme toute banales de ma « fouettée » de février, si quelques-un/es parmi vous pressentent qu’ils pourront être heurté/es par des images de fouet ou par celles de ma nudité, qu’avant de regarder cette page en entier, ils cliquent sur le carré rouge en haut de leur écran.
Ils reviendront demain.
Je les rassure : mon blog sera toujours là, j’aurai seulement changé de sujet !
 
 
 
 
BDSM Aurora Croix de Saint André Fouet Le Squale Paris février 2010.
 
BDSM Aurora fouettée par Le Squale, Paris, février 2010.
 
BDSM Aurora sous le fouet du Squale Paris Février 2010 marques du soir-même.
 
BDSM Aurora marques fouet Le Squale le lendemain.
 
BDSM Aurora marques fouet Le Squale six jours après.
 
Photographies © Aurora.
 
 
 
 
De tous les « instruments » BDSM, c’est le fouet qui m’a toujours le plus fascinée et aussi le plus fait vibrer.
 
Je comprends parfaitement que, vu «  de l’extérieur », celui-ci revête des connotations fort négatives dues à des rappels historiques qui vont des galères romaines à l’esclavage.
Nous qui vivons cela « de l’intérieur » n’y pensons jamais.
L’objet s’est intégré dans le BDSM en tant qu’objet de plaisir et rien d’autre.
 
Si vous y pensez bien, souvenez-vous du trouble que nous avions, enfants, à voir Michèle Mercier fouettée dans « Angélique et le Sultan » (et je ne doute pas qu’il y ait d’autres films avec fouet, tout aussi emblématiques, pour les générations qui suivent la nôtre).
 
C’est ce même trouble, mais immensément agrandi, que nous éprouvons lorsque nous nous faisons fouetter aujourd’hui que nous sommes devenu/es adultes.
 
Pourquoi cette fascination pour cet instrument qui pourrait être le plus terrible s’il était mal manié ?
 
Le fouet, c’est une pluie de feu, une grêle de flammes qui s’abattent sur vous sans trêve et qui vous amènent très haut, très vite.
C’est vraiment « le » plaisir.
C’est l’intense.
 
Si votre peau a été bien préparée juste avant le fouet, la sensation de douleur ne dure que quelques secondes, aux deux premiers coups que vous recevez, puis vous vous retrouvez pris dans un maelstrom d’étoiles qui tourbillonnent, un feu d’artifice qui vous saisit de tous côtés.
Et comme vous ne savez plus où donner de la tête, vous la perdez et vous vous abandonnez complètement à vos sensations.
 
Je serais bien incapable de préciser d’où vient la jouissance érotique - il ne faut pas nier qu’il y en a bien une -  qui en découle : est-elle sensuelle, sexuelle, cérébrale ?
Pour moi, quand je la vis, c’est les trois à la fois. Exactement les trois.
 
Cérébralement parce que lorsque tout commence, il y a un silence, le poids de l’attente - quelque chose de lourd qui se prépare derrière vous -, une forme de crainte délicieuse et puis enfin ce silence est soudainement brisé par l’air qui se rompt, fendu par le fouet.
Un bruit particulier, un claquement sec mais léger et, dans le même instant, la mèche vous atteint et vous mord. Sensuellement.
Le fouet, c’est comme une cérémonie.
Plus ça dure et plus votre peau, votre corps, sont emportés dans une danse frénétique de ressentis étranges, un peu comme des vagues qui vont et viennent, qui ondulent et contractent votre bas-ventre. Sexuellement.
Vous échappez totalement à vous-même, vous vous laissez aller, vous lâchez prise, vous flottez…
 
Je n’ai jamais fait de prosélytisme ici. Je ne vais pas commencer maintenant.
Tout demeure une question de goût, d’attirance et, au final, de choix.
On ne fouette personne, dans le BDSM, qui n’y ait librement consenti.
 
Par ailleurs, l’instrument est dangereux, c’est vrai, et ne convient pas aux néophytes.
Savoir fouetter, c’est un entraînement infini, beaucoup de concentration, une assurance totale de ses gestes, de la portée de son moindre geste même.
Il faut de l’espace devant soi (on ne fouette pas l’autre à vingt centimètres), un « feeling » de décontraction et de bienveillance (on ne fouette pas l’autre pour le faire souffrir*), la certitude de la complicité acquise (on ne fouette pas quelqu’un qui n’est pas sûr d’en avoir envie) et une parfaite connaissance du corps humain (on ne fouette pas certaines zones comme les reins).
 
Personnellement, je ne me livrerai jamais - quelles que soient mes envies, quels que soient mon désir, mon ardeur - au fouet de n’importe qui.
 
Le Squale, pour le fouet, est l’un des deux grands noms qui sont prononcés en France.
Il en est réellement un artiste.
Je ne veux pas lui tisser ici des éloges dont il n’a que faire - son site parle pour lui - mais je rappellerai cependant qu’il anime des « ateliers » et essaie d’apprendre son art au plus grand nombre possible, par pédagogie (oui, le fouet est une discipline qui s’acquiert) mais aussi pour éviter au maximum toutes les « bavures » des novices les plus malhabiles.
 
Quand on se fait fouetter, c’est sa peau (dans tous les sens du terme) que l’on « joue ».
Autant le faire avec quelqu’un qui vous inspire pleinement confiance.
 
Le Squale, je l’ai connu sur un chat BDSM avant même de rencontrer mon ex-compagnon.
Il y a des années que nous ne nous perdons jamais longtemps de vue et que nous dialoguons.
Je sais qui il est comme il sait qui je suis.
Ma peau, sous son fouet, est entre de bonnes mains.
Ce serait lui faire injure que de ressasser ici combien le crédit que je lui apporte est intégral.
 
De ce qui s’est passé pendant qu’ont été prises la plupart des images placées plus haut, je n’ai rien vu, étant de dos.
Ce n’est qu’après que l’on m’a dit que le « jeu » du Squale était impressionnant et qu’il avait « officié » avec deux fouets par instants.
J’avoue que j’étais tellement dans mon petit nuage que je ne l’aurais jamais deviné.
 
A un moment donné, j’ai bougé brusquement (il vaut mieux éviter de le faire) et un coup a mal porté sur ma hanche.
J’ai eu mal.
Dans l’instant même, il a désamorcé ma douleur en frappant tout autour afin de la faire s’évacuer, se perdre, se fondre.
Mission accomplie, soulagement immédiat.
Je sais que personne - sinon lui - ne possède autant de technique et de vigilance, d’attention aussi envers l’autre.
 
Cette note est donc un récit qui m’est personnel et non une « incitation » à aller se faire fouetter par toute personne qui a l’objet en question dans sa « mallette de dominateur »…
 
Le plaisir du fouet perdure de longs jours. D'une seconde manière.
Si l’on se fait fouetter, c’est aussi pour avoir cet autre plaisir qui est celui des marques.
Sur le moment, elles paraîtraient  déconcertantes pour ceux et celles qui ne connaissent pas notre univers.
Elles sont alors boursouflées, un peu éraflées (de tout ce que j’avais de cette soirée, je n’ai pas choisi ces photos-là, pensant aux âmes sensibles qui pourraient être choquées ou comprendre encore moins nos pratiques) mais, bon sang,  ces marques, qu’est-ce qu’elles rendent fière de soi, combien on se sent belle d’elles !
 
Déjà le lendemain, on est extrêmement surpris car tout s’estompe, que la peau est redevenue plane, qu’il ne reste en fait que les lignes écrites par la main du fouetteur.
 
Et puis, de jour en jour, elles décroissent et c’est à regret qu’on les voit se flouter et disparaître l’une après l’autre.
 
S’il passe par ici, que Le Squale soit remercié - avec toute mon amitié - de ses écritures si fines que je lis encore aujourd’hui sur moi…
Et qu’il sache tout mon orgueil d’avoir été, ce soir-là, son « sujet d’attentions »…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
* « On ne fouette pas l’autre pour le faire souffrir. » : Si, cela peut arriver dans le BDSM quand des personnes entrent dans le domaine de la « punition ».
Comme cela n’a jamais été ma tasse de thé, je ne parle que de ce que je vis et connais…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
vendredi 05 mars à 05h30 par AURORA | # | 15 commentaires

smiley : envelope BDSM et Shibari: Ma nuit parisienne de février 2010 (1).

 Aurora, shibari par Le Squale, Paris, février 2010.

Aurora, suspension par Le Squale, Paris, février 2010.

Aurora, BDSM et suspension par Le Squale, Paris, février 2010.

Aurora, marques de cordes après suspension par Le Squale, février 2010, Paris.

Photos © Diverses Personnes donc D.R à ce blog.

 
 
 
 
Joël, dans son commentaire à ma note d’hier, s’attendait à ce que je parle cette nuit de Turner.
Je ne le ferai pas.
Tout d’abord, parce que je n’avais pas mis Turner au programme de mes visites.
Et ensuite parce qu’avant les expos, pour deux soirs, c’est moi que j’expose…
 
Même pas par exhibitionnisme.
Pour moi seule.
Pour le plaisir de me « revoir » un corps.
 
Le « pour moi seule » montré sur un blog (mais ne craignez rien, je sais très bien choisir mes clichés, j’ai la photo « pudique »), c’est vrai que cela n’est pas évident.
Et pourtant, je suis certaine que vous pouvez comprendre…
 
Ouf ! Je suis enfin capable de ne plus me détester physiquement, de figurer sur des photos qui n’ont pas été prises par mon ex-compagnon et de trouver que, ma foi, je ne suis « encore » pas si mal que ça…
Même si mes 30 ans à moi sont fort loin désormais.
 
Lors de mon séjour parisien, j’ai eu la joie de passer une soirée avec mon « vieil » ami Le Squale (« vieil ami » = ami de sept ans) qui m’a gentiment encordée et fouettée (le fouet, ce sera pour demain soir) avec tout son art et sa patience.
 
Ce sont donc quelques clichés épars d’une suspension que vous voyez là.
Depuis les premiers liens jusqu’aux si belles traces finales.
 
Ce que je ne peux vous restituer, c’est l’odeur des cordes, l’émotion de l’instant, les impressions qui vous prennent et vous montent à la tête, le moment d’ivresse où vous vous sentez « partir » un peu…
 
La magie du BDSM en fait.
Que j’ai aussi redécouverte intacte pour moi.
Comme celle du fait que, même « sans collier », si l’on est soumise, on le reste. 
 
Une dose douce de shibari, un cocktail fort de sympathie, voilà ce qu’il faut voir sur ces photos.
Et toujours la même histoire, celle de la confiance, du respect, de la complicité et du partage.
Même s’il n’y a aucune « love affair » dans tout ça…
 
Mais - penseront certains - Aurora ne « jouait » jamais que par amour justement.
Les choses changent et moi aussi.
 
Et puis franchement, quand c’est Le Squale qui est à la barre, on prend le bateau sans se poser la moindre question tant c’est un honneur que de naviguer avec lui…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
jeudi 04 mars à 04h21 par AURORA | # | 18 commentaires

smiley : envelope Chili, Xynthia, sans oublier Haïti…

 

 

 
Je suis de retour mais si je recommençais immédiatement ce soir mon blog autour de son thème BDSM et de mes « aventures » parisiennes, je me sentirais vaine, méprisable et indécente.
 
Une pensée donc pour les victimes chiliennes du séisme survenu samedi dernier ainsi que pour celles de « Xynthia » ici, en France.
 
Un appel aussi au maximum de souscriptions aux aides mises en place, même si elles doivent être faites de sommes minimes : les petits ruisseaux font les grandes rivières…
 
Je vous indique dans ce but :
 
1) Le site du Secours Populaire pour un don en ligne allant vers les Chiliens (Le Secours Populaire offre aussi la possibilité de ne pas oublier les Haïtiens frappés en janvier).
 
2) Celui de la Fondation de France pour faire une offrande de solidarité envers les Charentais et les Vendéens touchés par la tempête.
 
 
 
 
 
 
PS: Je réponds à tous vos mails dès demain mais là, il est vraiment trop tard. 
Je tombe réellement de sommeil...
 
 
 
  
mercredi 03 mars à 04h05 par AURORA | # | 5 commentaires

smiley : envelope BDSM Blog en Week-End....

 

BDSM Départ Week-End.

 Photo « venue » du Web.

 
 
 
 
On peut être une blogueuse BDSM, on peut être une soumise sans collier en pleine recherche d’un Dominateur BDSM, il n’empêche que l’on a parfois l’envie de s’échapper quelques jours loin de l’univers d’Internet…
 
Je m’envole donc vers des expositions que j’espère grandioses et vous donne rendez-vous mardi soir ici en vous souhaitant - avec toute mon amitié - de passer, vous aussi, un très agréable week-end…
 
 
 
 
 
 
PS : Compte tenu du début de débat qui naissait sur ma note précédente et ne pouvant en aucun cas « m’enchaîner » à la surveillance de mon blog  afin de vous répondre en mon absence, je ferme les commentaires.
Mais vous pouvez en écrire autant que vous le désirez.
Ils seront rouverts et validés dès mardi en début d’après-midi et les discussions pourront alors reprendre aussi bien sur le post en question que sur tous les autres…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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vendredi 26 février à 02h58 par AURORA | # | 1 commentaire

smiley : envelope BDSM Coming Out: Petite Annonce en trompe-l’œil…

 

BDSM: Tenue en laisse par les cheveux...

Image « venue » du Web.

 
 
 
Des mauvais effets découlant de l’autocensure…
 
 
 
Il y a des lustres que je n’ai pas fait l’amour.
Il y en a tout autant que je n’ai pas pratiqué le BDSM.
Comme de plus, j’ai fait le vœu de ne pas me caresser moi-même avant que d’avoir rencontré l’homme avec lequel construire quelque chose de positif, cela en dit long sur la misère de ma vie sexuelle…
 
J’ai l’impression aussi que mon BDSM tend à se radicaliser.
J’aime assez me donner en proie aux appétits les plus féroces.
Je ne crains pas le fouet, je ne l’ai jamais craint et d’ailleurs, maintenant, je ne crains strictement plus rien.
Mes limites demeurent uniquement dans le vocabulaire : jamais je n’appellerai quelqu’un « Maître », jamais je ne me laisserai traiter de « chienne », de « truie » ou de quelque autre nom « sympathique » du même style.
Dans le premier cas, j’aurai l’impression de m’afficher sur une scène de théâtre, dans le second de servir d’exutoire à des motivations à la domination pas très claires.
 
Celui que je recherche aujourd’hui ?
Un homme grand, d’assez belle présence pour inspirer un sentiment de protection, un homme grand, d’assez belle prestance pour insuffler un fort désir de soumission…
Et je le voudrais libre parce que le fait de construire ensemble « positivement » amène fatalement à des sentiments et que le mot sentiment au pluriel ne veut pas dire grand chose. En fait, pour moi, il n’est qu’un sentiment qui compte et c’est l’amour.
C’est lui qui entraîne le reste : le respect, la complicité, le partage…
 
Je ne veux pas non plus me faire telle que je ne suis pas.
« Aurora » demeure « Aurora ».
Mais Aurora n’a pas toujours tout dit des ses fantasmes et beaucoup de ceux-ci ont été longtemps bridés.
 
Ma liberté nouvelle sera une tare ou bien une chance. Seul le temps le dira.
Je voudrais toutefois qu’il le dise assez vite.
J’ai la sensation, jour après jour qui passe dans ce néant, dans ce vide d’une compagnie masculine, de perdre le meilleur de moi-même.
 
J’ai payé - et très fort, l’on peut me croire ici - le prix de ma dîme pour l’erreur d’aiguillage suivi durant sept ans.
Je ne me consens plus aucun droit à la faute.
Mais je ne m’octroie pas plus  - je ne m’octroie vraiment pas - un « devoir de pénitence » qui me ferait demeurer dans la solitude.
 
Oui, je sais que cette page a une allure de petite annonce, surtout qu’il y a une adresse pour m’écrire dans la colonne de gauche.
Ce n’est pas ça pourtant.
 
Ce soir, j’ai « autocensuré » l’un de mes textes.
Cela m’a beaucoup coûté de ne pas publier ce que j’avais sur le cœur.
Alors, je me permets de publier au moins ce que j’ai au fond du cœur…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
jeudi 25 février à 03h52 par AURORA | # | 26 commentaires

smiley : envelope BDSM, Tabac et Soumission : La scandaleuse campagne 2010 de l’association DNF (Droits des Non Fumeurs).

 
 
 
 
Je suis fumeuse mais je comprends parfaitement que l’on puisse et même que l’on doive faire des campagnes de prévention de la cigarette adressées aux adolescents.
 
Je suis adepte du BDSM mais je comprends que le mot « soumission » puisse être connoté très négativement pour certaines personnes.
 
Mais que l’association DNF (Droits des Non Fumeurs) lance ces visuels où la symbolique évoque plutôt une pipe (une fellation) qu’une cigarette, que ce soit des adolescents innocents photographiés comme « soumis » à des adultes me choque profondément, voire m’écoeure.
 
Une fois de plus, l’on se sert du BDSM fort mal à propos (depuis quand une fellation est-elle un signe de soumission pour commencer ?) et ces méthodes de propagande qui amalgament tout dans le but qu’il en restera toujours quelque chose sont proprement indignes et rappellent des heures sombres de l’Histoire…
 
 
 
 
 
PS : Pour les images, voir ici ou .
Moi, je me refuse à les passer sur mon blog, même à titre de critique, tant je trouve cela insupportable et inadmissible !

 

 

 

 

mercredi 24 février à 07h43 par AURORA | # | 13 commentaires

smiley : envelope BDSM et Chanson: Jacques Higelin, nouvel album « Coup de foudre », texte de la chanson « Egéries, muses et modèles »…

 

Jacques Higelin, album "Coup de Foudre", février 2010, EMI, "Egéries, muses et modèles"...

Photo © Emma Pick pour la pochette de « Coup de Foudre » album de Jacques Higelin chez EMI - sortie le 22/02/2010.

 
 
 
Il est là, devant moi, sur mon bureau depuis les premières heures de l’après-midi.
Il est sorti aujourd’hui.
« Il » est un événement attendu.
« Il », c’est de la (très bonne) musique et des textes (époustouflants).
« Il », c’est « Coup de Foudre » le nouvel album de Jacques Higelin, un surprenant pendant, un double en miroir à « Amor Doloroso » qui datait de 2006.
« Il » tourne en boucle chez moi.
Et « il » est d’une beauté à couper le souffle.
 
A condition de ne pas chercher chez Higelin qui va bientôt fêter ses 70 ans, les échos de « BBH 75 » ou d’ « Alertez les bébés » mais d’admettre que l’homme fait son chemin d’artiste, change, évolue, tout en nous donnant toujours le meilleur de lui-même et en restant d’une remarquable authenticité.
 
Higelin n’a jamais chanté le BDSM.
Pourtant, dans l’univers onirique qui peuple chacun de ces CD, il y a, toutes les fois, une chanson dont le texte renvoie à « nos » images, à « nos » fantasmes.
 
Cette fois-ci, c’est le titre « Egéries, muses et modèles » qui évoque les zébrures, les lanières, les cicatrices, les épines et le sang séché…
Qui évoque - et ne fait peut-être qu’évoquer sans le vouloir - l’esthétisme, l’érotisme de mon BDSM à moi.
Des représentations.
Un peu comme dans ces tableaux de Delacroix qui hantaient « C’est Gradiva qui vous appelle », le tout dernier film d’Alain Robbe-Grillet.
 
En attendant un possible « clip », une vidéo que je placerais ici immédiatement si elle venait à paraître (ce qui n’est pas un « rêve inaccessible » car  « Egéries, muses et modèles » s’affirme dès ce premier jour de vente comme l’une des réussites de cet album ), en voici déjà ce soir les paroles ; comme une invitation à vous précipiter pour découvrir le disque tout entier et avoir alors, comme moi, le « Coup de Foudre »…
 
 
 
« Egéries, muses et modèles »
Auteur - Compositeur Jacques Higelin - Track 5 de l’album « Coup de Foudre », février 2010 chez EMI.
 
 
Bleu sombre, la mer
Et le ciel bleu clair
Bleu turquoise l’iris
Et la pupille noire
Rouge la zébrure
Pourpre la lanière
Sanguine la cicatrice
Et bleu pastel
Les veines.
 
Egéries, muses et modèles
M’en font voir de toutes les couleurs
De la nuit noire à l’aube blême
Sur tous les tons de l’arc-en-ciel
 
Dorée la lune, verts les palmiers
Cerné de khôl, le blanc de l’œil
Djellaba bleue
Et translucides les dents
 
Noir de jais la chevelure
Satin cuivré la peau
Fauves les tentures
Et la paupière
Mauve
 
Egéries, muses et modèles
Abandonnent en poses alanguies
Leur nudité intemporelle
Sur les draps froissés de mon lit
 
Bleu sombre, la mer
Bleu clair, le ciel
Bleu-vert, les prunelles
Peau de pêche, la chair
Blanches les roses
Sang séché les épines
Sanguine l’orange
Et le vase bleu de Chine
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mardi 23 février à 03h36 par AURORA | # | 21 commentaires
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