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smiley : envelope BDSM Poème: La clé du cadenas.

 

BDSM Soumise au Cadenas.

Photo « venue » du Web.

 
 
Sur la fierté des soumises qui ont bien raison d’être fières d’elles-mêmes…
Le BDSM n’est pas seulement une école de contrition, contrairement à ce que l’on croit…
 
 
 
Aime-toi toi-même
Ce sera déjà beaucoup…
Goûte-toi.
Emeus-toi de toi…profondément,
Ivre de tes sens, perdue dans ces obsessions
Qui te libèrent.
 
Tu es la clé du cadenas
Toi, seulement toi,
Tu peux l’ouvrir ou bien ne pas,
C’est ton choix.
Tu peux souffrir ou être joie,
Plaisir, douleur : tout est à toi.
 
Aime-toi aujourd’hui :
Demain sera un autre jour.
Ne cherche pas à savoir
Ce que tu éprouveras demain.
Aime-toi maintenant.
 
Lève les yeux et épie-toi,
Epie-toi comme une voleuse,
Subtilise ton expression en cet instant
Et mets-là dans un cadre.
 
Ecoute les mots que tu dis
Et ceux que tu ne dis pas
Durant tes longs silences
Tandis que le temps passe
En une série infinie d’instants
Qui ne reviendront plus.
 
Sois fière de toi dans le petit jour blême.
Aime-toi…Aime-toi toi-même.
 
 
 
 
 
 
 
 
mardi 09 février à 03h46 par AURORA | # | 1 commentaire

smiley : envelope BDSM et Dessin: Les Pin-Ups de Turk.

 

BDSM Soumise Pin-Up Rousse en cuir, drawing by Turk.

BDSM Bondage Soumise Pin-Up au bambou, dessin par Turk.

Dessins © Turk.

 
 
Bien que je sois une velléitaire née, il m’arrive parfois de me remuer et de saisir le taureau par les cornes.
 
Ainsi, constatant depuis quelques temps combien mon vieil ordinateur devenait lent et poussif, je me suis résolue ce dimanche à mon réveil à entreprendre la sauvegarde des fichiers inclus dans « Mes Documents ».
Si mon unité centrale rend l’âme un de ces quatre, je n’aurai rien perdu d’essentiel.
 
La chose, qui n’avait pas été faite depuis deux ans, impliquait cependant un vaste « déblayage » et notamment de me décider enfin à « virer » tout un tas de dossiers d’images dont j’avais pu penser me servir tôt ou tard pour illustrer ce blog et qui, finalement, ne m’avaient jamais inspirée.
 
Encore toute sous le charme d’Angoulême (et si ce charme perdure, c’est que j’ai découvert tout à fait par hasard - avec ravissement et grande joie pour lui - que j’avais été autrefois la baby-sitter de l’un de nos plus jeunes talents français prolifiques qui y étaient présents mais là, chut !, mon anonymat ne me permet pas d’en dire plus…), j’ai donc prêté une attention toute particulière à l’icône jaune de mes « BDSM Dessins ».
 
Le tri a vite été fait. Que d’horreurs !  Que de coups de crayons pour rien…
N’est pas Crepax, Von Götha, Manara, Sorayama, Frollo ou Varenne qui veut, hélas…
Souvent, « on » ne fait que dans la grosse cavalerie, le trait misogyne et l’image choc.
 
Soyons toutefois honnêtes, le dessin BDSM, même mineur, n’est pas toujours aussi « crade » que ça !
Sur le thème de la « pin-up » par exemple, voulant conserver l’ensemble des œuvres délicates de Sorayama, je me suis « trouvée » un sous-fichier intitulé « Turk ».
 
De celui-ci je ne sais rien (et n’ai pas plus retrouvé de traces en cherchant sur Google ce soir) si ce n’est l’endroit où j’avais « volé » ses dessins - la page « sample free » d’un site BDSM payant, « SM Village », qui connut de beaux jours au milieu des années 2000  avant que de disparaître - et la raison de mon larcin : elles mettaient en scène voluptueusement certains de mes fantasmes.
 
A celles et ceux qui s’étonneraient : « Mais comment, au bout de sept ans, elle avait encore des fantasmes non réalisés ! », je ne répondrai qu’une chose : « Heureusement ! » et j’ajouterai que je pensais même que cet état de fait assurait la longévité d’un couple.
 
Me voici donc seule avec mes fantasmes. 
Et c’est une bonne chose qu’ils soient présents.
Ce sont eux qui me donnent l’envie renouvelée de m’immerger encore et encore, plus et plus, dans la suite de ma sexualité et de mon désir BDSM.
 
Je reconnais que les deux images préservées dans mon disque de sauvegarde  aujourd’hui et que je présente cette nuit ici ne sont pas du grand art.
Pas du tout même selon mes critères.
 
Mais cette soumise rousse bâillonnée et toute vêtue de cuir avec une originalité qui n’est pas sans me rappeler celle de Barbarella est une image où je me projette volontiers.
 
Et que dire de l’autre, cette « bondagée » dont la position rend la cambrure époustouflante et qu’embellit encore son lien à ce bambou (Ah ! Le bambou, mon rêve de toujours…) sinon que j’aimerais être elle…
 
J’aimerais, j’aimerais…
Il est des conditionnels qui ressemblent à des futurs.
Et qui donnent à la vie la saveur du printemps à venir…
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

lundi 08 février à 03h55 par AURORA | # | 9 commentaires

smiley : envelope Catharsis (3 et Fin.): « Je croyais qu’il suffisait de t’aimer…» (Jacques Salomé).

 

Tout blogueur a des notes dont il souhaiterait qu’elles soient lues, plus lues que les autres qu’il a l’habitude de publier.

Admettons que, pour moi, celle-ci fasse partie de ces posts importants que je donne à la lecture d’autrui.
Las, la date de sa diffusion (la veille d’un dimanche et au début de la période des vacances scolaires) l’empêchera.
Tant pis ! Tôt ou tard, quelqu’un finira bien par tomber sur elle…
 
Si elle compte autant, c’est que j’ai le sentiment que c’est la dernière de celles que je puis consacrer à Marden.
A moins que je ne sombre dans une dépression totale à mon corps défendant pour n’avoir su « faire le deuil » et que le psy ait - au final - raison (mais si tel était le cas, je ne serais plus en mesure de tenir un blog et vous le verriez sans avoir besoin d’explication autre), je n’entends pas me répandre ici éternellement en textes, poèmes ou complaintes de regrets.
Ceci n’est pas pour moi source d’inspiration mais chose stérile: j’ai largement passé l’âge de me prendre pour Lamartine lorsqu’il écrivait « Le Lac ».
 
Ce qui m’a intéressée sur ce triptyque de pages était de réfléchir, de voir ma réflexion évoluer, mûrir, de soir en soir, et de poser en ligne le fruit de ces pensées.
Ces réflexions ne vont pas s’arrêter en moi. Elles se poursuivront certainement pendant nombre d’années à venir mais je ne pense pas qu’elles pourront amener à quelque chose de réellement différent de ce que j’ai exprimé ces trois soirs-ci.
 
« Catharsis » ou mes analyses sur la fin de notre amour et notre rupture s’achève donc - sous sa forme publique - cette nuit.
 
 
 
On peut penser de Lacan ce que l’on veut. 
Astre de la psychanalyse ou intellectuel incompréhensible et totalement dépassé aujourd’hui.
On lui prête en tout cas cette phrase fameuse :
« L'amour consiste à offrir quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas. ».
 
On peut penser de Jacques Salomé ce que l’on veut.
Psychologue de bon sens, bavard creux mais insatiable et ayant joui d’une trop grande attention des medias.
Il a cependant publié, parmi des dizaines d’autres, un bel ouvrage de nouvelles (chez Albin Michel en 2003) qui s’intitulait « Je croyais qu’il suffisait de t’aimer… ».
 
Si, pour tellement dissemblables qu’ils soient, associer ces deux personnages ici pourra paraître une hérésie, leurs deux phrases éveillent mon intérêt.
Celle de Lacan, obscure, semble définitivement marquer l’impossibilité d’aimer.
Je ne peux y adhérer.
Celle de Salomé, plus ouverte, donne pour seule piste que l’amour que l’on éprouve, soi, pour quelqu’un ne suffit pas forcément à fonder un amour indéfiniment viable avec cette personne.
Elle me paraît juste.
 
J’avoue avoir cru en effet, qu’il suffisait d’aimer Marden avec toute la force de mon amour pour que notre couple soit sans fin.
Ceci signifie que je n’ai pas assez tenu compte de son amour à lui et de ses possibles évolutions ou, pire encore, de sa personne et de ses possibles évolutions.
La chose vaut pour lui aussi.
Durant six années, de mai 2002 à mars 2008, nous nous sommes aimés comme au premier jour - chacun avec sa forme d’amour mais celles-ci étaient quasiment sinon complètement « jumelles » - et cela a « suffi ».
Nous étions ce que l’on appelle « un couple fusionnel ».
 
En mars 2008 est apparue une fêlure.
A ma grande stupéfaction, Marden avait peu à peu changé sans que je m’en aperçoive pour que cette fêlure soit aussi brutale, aussi inattendue et me blesse aussi profondément.
 
Marden arrivait alors à une période particulière de sa vie, de celles que l’on peut nommer de transition.
Avec mon amour « inchangé », je ne pensais qu’à l’épauler.
Sûre de ne rien pouvoir résoudre, je croyais toutefois que mon amour apportait une base de sérénité qui allait « suffire » à passer l’instant critique.
C’était bien plus qu’un « instant critique », c’était l’une de ces évolutions qui peuvent entraîner au bord du gouffre.
Non seulement l’individu qui passe par cet instant critique mais aussi la relation qu’il entretient avec l’autre.
Et l’autre, c’était moi.
Le gouffre apparu devant nous en cette phase m’a épouvantée
Et c’est encore de mon amour qui devait « suffire » que je l’ai combattu.
 
Il aurait fallu certainement alors remettre en question ma façon d’aimer, mon amour, ou du moins ma croyance en sa toute-puissance.
Je n’ai malheureusement vu qu’une chose : le refus de toute élucidation de la crise de la part de Marden et mon amour commençant à être rejeté.
 
Et si, en ce temps, Marden m’aimait encore comme j’en suis certaine, lui n’a pas vu le doute et la désolation prendre place en moi, me faisant « autre, tout aussi « autre » que lui était devenu.
Dès lors, de sa part non plus, il ne « suffisait » plus d’aimer.
 
Nos afflictions, nos problèmes, nous nous sommes mis alors à les vivre chacun de notre côté.
 
Du mien, j’ai été heureusement assistée par Idalie, farouche partisane de l’apaisement (Idalie ne souhaiterait certainement pas commenter ce point mais elle est, de toute manière, d’ores et déjà partie en vacances).
Du côté de Marden, hélas, émergèrent alors les « salopards » (non BDSM) auxquels je faisais allusion dans ma note précédente, qui s’en donnèrent à cœur joie pour que les choses s’enveniment.
 
Et elles s’envenimèrent.
Un jour, je fus bien obligée de constater que, non seulement, il ne suffisait pas d’aimer mais que mon amour même pouvait devenir une source d’irritation qui mettait encore plus à mal notre rapport.
Plus je me faisais proche et rassurante, plus j’étais immédiatement éloignée et écartée et au lieu d’apporter de la sécurité, c’est moi qui devenais le symptôme du mal-être de l’homme que j’aimais.
Ainsi suis-je passée dans le cœur et l’esprit de Marden du rôle de la femme aimée (et j’irai jusqu’à dire idolâtrée à l’époque de nos débuts) à celui de bouc émissaire.
 
Il étouffait dans sa vie pour maintes raisons mais c’était plus facile de dire que c’était moi qui le faisais suffoquer.
Il sentait son univers s’étriquer mais c’était plus facile de penser que c’était moi qui le rétrécissais.
La solution paraissait donc unique : se « débarrasser » de moi.
 
J’avais toujours tort.
Tort d’être là quand il ne le fallait pas. Tort de ne pas être là quand il l’aurait fallu.
Tort de me vouloir affectueuse lorsque ce n’était pas de mise. Tort d’être triste quand il aurait voulu que je sourie.
Il commença alors à être fort désagréable, criant plus souvent qu’il ne parlait.
Il me contredisait sur tout, même lorsqu’il était évident que c’était par seule mauvaise foi.
Notre relation tourna à l’invective constante, aussi bien en privé qu’en public, et mes nerfs et mon cœur en furent mis à mal.
 
Parfois pourtant, l’espace d’un moment, il redevenait attentif, m’offrant soudain un cadeau, me préparant une surprise.
Cela ne durait jamais malheureusement. L’heure suivante, nous revenions à la case précédente.
 
J’en ai souffert des mois et des mois, m’acharnant malgré tout, aveugle au fait que la seule chose qu’il désirait dorénavant de moi, c’était que je m’en aille.
Persuadé qu’il était que, sans moi, tout irait soudainement mieux et que les portes qui se fermaient pour lui - et avec lesquelles je n’avais pourtant strictement rien à voir -s’ouvriraient toutes grandes.
Le bouc émissaire une fois hors de sa vue, une nouvelle vie pourrait commencer dans laquelle - peut-être - il allait trouver la satisfaction à ses attentes subitement apparues, pour aussi confuses et antinomiques qu’elles soient selon le moment.
 
Je ne suis pas partie, il a fini par le faire lui.
Et de la manière la plus humiliante, celle qui me « fige » dans sa « négation » pour toujours.
 
Pour ma part, je revendique cette faute, ce « Je croyais qu’il suffisait de t’aimer… », cette naïveté à penser que mon seul amour avait de la force pour deux.
Mais non ! C’était l’erreur majeure : l’amour, le vrai amour , l’amour qui vit et évolue est fait de deux amours, celui de l’un et celui de l’autre qui se complètent alors en un grand feu de joie inextinguible.
 
Tandis que moi, au lieu de prendre note de notre échec en marche, j’ai jusqu’au bout cherché à lui faire prendre conscience de son indifférence que je ne « voulais » pas reconnaître comme définitivement installée.
 
Par exemple, au matin de notre avant-dernière nuit ensemble, je lui ai demandé - une fois rhabillée - dans laquelle de mes nuisettes j’avais dormi : il ne le savait pas, bien sûr, puisqu’il ne me regardait plus.
Mais je conçois aujourd’hui qu’avec une question pareille, au lieu de lui faire prendre conscience de ma transparence à ses yeux, je la catalysais un peu plus.
Et toutefois, les toutes dernières photos qu’il a prises de moi, la nuit précédant notre rupture, sont des photos pleines d’amour.
Ou alors, c’est très bien imité…
 
Je pense que jusqu’à la dernière minute, son cœur aura balancé entre les deux possibilités : me laisser chuter dans le vide ou me garder auprès de lui.
C’est la première qui l’a emporté ce dimanche-là. Cela aurait pu tout aussi bien être la seconde.
 
Mais aujourd’hui, je crois aussi qu’un dimanche ou l’autre…
Bref, que nous n’aurions fait que reculer pour mieux sauter.
Dans ce grand fracas de reproches réciproques, l’amour était, oui, devenu inaudible.
 
Il ne suffit donc jamais d’aimer. Il faut accompagner l’autre dans ses changements. Et comme l’autre doit aussi vous accompagner dans vos changements - ou accepter vos non-changements - la gageure est ardue.
 
Par trois fois, sur l’espace de trois semaines, alors que j’implorais Marden de me prendre la main, de me tenir la taille comme autrefois quand nous marchions dans les rues, il me fit avec colère et mépris la même réponse : « Mais tu ne vois pas que tu te comportes comme une merdeuse de quinze ans ! ».
Un peu plus de sept ans avant, sur le « chat » BDSM où nous nous étions rencontrés, je « sauvegardais » chacun de nos messages (j’aurais de quoi en faire un livre ).
Sur l’un d’entre eux, il n’y a qu’une phrase : « Merci de m’avoir rendu mes quinze ans ! ».
 
Tout de nous s’était donc envolé et je ne l’avais pas vu prendre les airs.
Il est évident que je ne pouvais pas le voir puisque je me berçais dans mon « Je croyais qu’il suffisait de t’aimer… ».
 
Ni Marden, ni moi ne sommes coupables ou responsables.
Mais ni Marden, ni moi n’avons été capables de cheminer en nous montrant dignes de l’immense cadeau que la vie nous avait offert : un véritable grand amour.
Torts partagés comme je l’ai déjà écrit : fifty/fifty.
 
En me quittant comme il m’a quittée, avec légèreté, insouciance et - comment ne pas le dire - une certaine forme d’enthousiasme, Marden n’a revendiqué au fond qu’une volonté : celle de m’effacer, celle de m’oublier au plus tôt.
Gommer sept ans et plus d’une vie est un acte hautement symbolique.
Je m’aperçois aujourd’hui qu’on peut le lire comme un désir de s’en retourner à « ses fondations » de sept ans en arrière mais aussi, si l’on pousse un peu plus loin, d’avoir « idéalement » … sept ans de moins !
Et, franchement, je crois que cette « idée idéale » a dû peser son poids dans sa décision finale !
 
Je lui souhaite - quels que flous, quels que contradictoires souvent, quels qu’inexprimés surtout (puisque j’ignore pour ma part tout d’eux) qu’ils aient été - de réaliser et de « se réaliser » dans les projets qui l’ont amené à choisir mon oubli.
 
En mettant un terme à notre rapport de la sorte, Marden ne m’a rien laissé.
 
J’accepte notre fin.
Je l’assume même complètement désormais.
 
Il me faut maintenant me reconstruire.
Dans ma vie, dans ma vie de femme et dans ma vie BDSM aussi (car contrairement à ce que j’avais pu écrire sur une page de cet espace un jour, non, je ne « mourrai pas vanille » après lui) puisque le BDSM est bel et bien ma sexualité.
 
Soumise sans collier désormais, je me dois, si je ne veux pas être « informe », si je ne veux pas être indigne de cette femme que je fus et, par là même,  de cette autre femme que je serai demain ou après-demain, de me bâtir, moi, non sur l’oubli mais en revanche sur la mémoire.
 
Cette mémoire de nous qu’il a refusé, c’est moi qui la conserve, moi qui serai une autre, semblable et différente, non d’avoir oublié mais - bien au contraire - de me souvenir.
 
Aussi était-il d’une importance phénoménale que ce soit moi qui détienne, qui sois la dépositaire de « nos objets ».
Ils sont mes talismans.
Ils sont mon « héritage » - non de Marden - mais de moi-même.
Ils sont les témoins parlants de la « Première Epoque » de ce blog qui, finalement, n’est autre que moi et ma parole, les écrits de ma féminité durant sept ans.
 
Celles et ceux qui connaissent le texte de l’ « Ondine » de Giraudoux et de son avant-dernière scène comprendront fort bien pourquoi.
 
Lorsque Ondine est appelée à s’en revenir à sa vie de sirène, elle fait descendre au fond des flots les meubles, les lustres et la pendule qui peuplaient sa chambre avec Hans, sachant que sa mémoire va être effacée par le Roi des Ondins.
Même si pour elle aussi, la phrase « Je croyais qu’il suffisait de t’aimer.. » a montré toutes ses limites, elle veut continuer sa nage et sa vie dans le monde des eaux en étant une ondine « bourgeoise », dernière trace de la femme qu’elle fut auprès de Hans,  et sait qu’ainsi, de façon mécanique, elle se mouvra dans les ondes en faisant des gestes qui ne seront que d'elle.
C’est ce qui la différenciera des autres. C’est ce qui lui donnera sa dignité d’avoir été une « sirène pas comme les autres » pour avoir aimé et été aimée d’un humain :
 
« Elles m’appelleront l’humaine. Parce que je ne plongerai plus la tête la première…
Mais que je descendrai des escaliers dans les eaux.
Parce que je feuilletterai des livres dans les eaux. Parce que j’ouvrirai des fenêtres dans les eaux.
Tout déjà se prépare… ».
 
Jean Giraudoux - « Ondine » - Acte III - Scène VI - 1938.
 
 
Tout déjà se prépare.
C’est vrai.
 
Pour Marden - sous le sceau de l’oubli qu’il a choisi -, pour moi - sous le signe de ma mémoire qui me permet d’avancer vers le futur -, je formule un seul vœu : celui d’être bientôt aussi heureux séparés que nous avons pu l’être ensemble pendant de si longues années…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
dimanche 07 février à 05h22 par AURORA | # | 14 commentaires

smiley : envelope Catharsis (2): Chaos Calme.

 

Le psy m’a donc promis de façon quasi menaçante de me faire verser des pluies de larmes dans son cabinet afin de « faire mon deuil » et de ne pas somatiser autrement

Comme je ne tiens pas à être trop affirmative à l’avance, j’attends notre prochain rendez-vous.
Mais j’ai tout de même le sentiment qu’il se trompe et que « la recette » des pleurs ne s’applique pas forcément à tout le monde.
On peut « faire son deuil » autrement.
Celles et ceux d’entre vous qui ont lu le roman « Chaos calme » de Sandro Veronesi ou vu l’adaptation cinématographique qu’en a tiré Antonello Grimaldi - un très beau film avec Nanni Moretti - savent que celui-ci peut aussi se faire de manière tout à fait paradoxale.
 
Tout comme on peut le faire sur un blog.
 
Je n’ai jamais pleuré mes deuils mais je les ai vécus à ma façon. Les yeux secs.
Peut-être d’ailleurs que je les ai pleurés mais sur un mode détourné, en lâchant les grandes eaux dans des salles de cinéma pour des longs métrages qui ne se prêtaient pas à de tels sanglots mais que j’allais voir par hasard après que quelqu’un de mes proches avait pris le chemin du cosmos…
 
Par contre, les rêves comptent beaucoup dans ces « deuils » qui sont les miens.
C’est pour cela que j’écrivais hier : « J’ai enfin rêvé de Marden. », l’ « enfin » signifiant que j’étais dans l’attente de ce rêve qui marque pour moi le déclenchement d’un processus.
 
Je ne rêve que très peu et à part une douzaine de songes érotiques de mon adolescence à aujourd’hui, tous les autres que j’aie pu faire ont été liés à un chagrin d’amour, au fait d’assumer tout d’abord puis de me consoler d’un chagrin d’amour.
 
Dans le rêve d’il y a trois nuits, j’ai revu Marden.
Je l’ai retrouvé face à moi et ce fut bon de le ravoir charnellement sous mes yeux, doté d’une existence, de mouvements.
 
Je sais très bien que lorsqu’on les analyse scientifiquement, les rêves ne durent que quelques secondes et que lorsqu’on a ensuite à les raconter, on mettrait des heures.
C’est un bien grand mystère.
 
Ce rêve était dur, pénible, difficile.
Je revoyais Marden mais exactement dans les mêmes dispositions que celles du jour de notre rupture.
Ses yeux n’étaient pas bons - comme je les lui ai connus la plupart du temps - mais furieux et méchants, arrogants et implacables.
Il est évident que j’aurais préféré le « rencontrer » dans mon songe pour qu’il me dise s’il avait enfin fini de lire « La route » de Cormac McCarthy.
 
Mais nous étions dans les rues commerçantes de la ville.
C’était lui mais ce n'était pas lui.
Loin d’être vêtu « casual » comme à l’accoutumée, il portait un pardessus et un chapeau noirs qui lui donnaient un air (en beaucoup plus grand) de la silhouette que l’Histoire retient de François Mitterrand.
Nous nous disputions quasiment devant chaque vitrine.
A vrai dire, je tentais de l’approcher, de le toucher, pour lui poser encore et toujours la même question « Mais tu es sûr vraiment que tu ne m’aimes plus ? Et depuis combien de temps ? ».
Il mettait alors son coude entre nous pour me tenir à distance et s’écartait ensuite pour s’éloigner sans répondre mais en bougonnant.
Ce ballet se reproduisait des dizaines de fois jusqu’à ce qu’à un moment, je lui arrache enfin un : « Depuis un mois, je suis sûr de ne plus t’aimer depuis un mois. ».
 
Je me suis réveillée et j’ai été surprise de m’entendre dire à voix haute dans la vie réelle du matin qui commençait: « Depuis un mois, tu parles…Dis plutôt depuis deux mois… ».
 
Or, ces « deux mois » que je me suis écoutée énoncer dans mes limbes correspondent très précisément à un événement vécu et tout à fait négligeable - m’avait-il semblé à l’époque - par Marden.
 
Je crois que notre cerveau enregistre tout sur l’instant, même si nous ne percevons pas  encore la portée des signaux d'alerte qu'il nous lance, même si à ce moment-là, nous ne sommes pas conscients de cet « enregistrement ». 
Je crois aussi que, plus tard, il nous renvoie ces signaux lorsque nous devenons à même de les interpréter.
 
Ce rêve m’a donné l’occasion de formuler quelque chose dont je suis certaine.
Sa venue dans ma nuit n’avait pas d’autre but : il comble le silence de Marden.
 
C’est ce que je voulais dire plus haut lorsque je parlais du début d’un processus.
Je suis à peu près sûre que je connais quelque part dans mon inconscient la vérité que, lâchement ( je suis désolée mais je répète aujourd’hui encore cet adverbe), Marden ne m’a pas dite le 13 décembre.
La date « révélée » des deux mois dans ma propre phrase n’est pas anodine.
D’autres rêves viendront peu à peu la compléter.
 
Et quand je saurai, quand tous les vrais mots auront été mis sur les non-dits ou les mensonges, alors, le deuil sera fait.
 
Ce qui ne veut pas dire que l’histoire sera terminée.
 
Les amours inachevées, celles où l’un des deux croyait qu’il lui restait tant et tant de projets en commun à vivre encore, deviennent de petits fantômes qui vivent leur vie en nous et continuent de tracer leur route, ne se manifestant plus que dans les rêves.
Mais ces petits fantômes sont opiniâtres…
 
Je sais de quoi je parle : il y a presque trois décennies qu’environ deux fois l’an, je me « transporte » la nuit sur le Ponte dell’Accademia, que j’y ai vingt ans, que je m’y assieds entre les jambes de E. et que nous mangeons des pistaches en mourant de rire parce que nous envoyons d’une chiquenaude leurs écorces sur les touristes qui marchent plus bas.
Ou bien encore, que dans la Venise nocturne et embrumée, nous nous collons l’un à l’autre en nous embrassant à pleine bouche et en dégrafant maladroitement nos jeans.
 
Pourtant les derniers mots d’E. furent un : « E finita e non saprei nemmeno dirti il perché » (« C’est fini et je ne saurais même pas te dire pourquoi ») qui vaut bien le « C’est fini. F.I.N.I. » de Marden.
 
Dans un certain temps, c’est avec ce dernier que commenceront des rêves joyeux et apaisés: nous nous y aimerons à nouveau, nous rierons et chanterons, nous descendrons main dans la main manger une crêpe au Grand Marnier dans le petit local du Port de Cassis…
 
Dans ces rêves, la journée du 29 août 2002 durera éternellement, Marden aura toujours des yeux marron empreints d'une ineffable bonté et une peau d'une incroyable douceur.
Quant à moi, j'y porterai à l'infini une robe poids plume couleur tango et le fouet qu'il posera entre nous sur la banquette du Café de la Gare sera à jamais le signal du commencement d'une alliance BDSM indestructible...
 
Et si d’aventure, je devais avoir un autre compagnon qui vivrait alors auprès de moi, il n’aurait aucune jalousie à ressentir.
Ces « petits fantômes », comme je les nomme, ne sont pas des rivaux.
 
Ce sont simplement les empreintes de la survie dans une autre dimension - celle de l’onirisme - de la lumière des étoiles mortes de nos passés, de nos grandes amours et de nos deuils faits…
 
 
« Quand je regarde mon cœur et que j’y vois mes stigmates d’amour, je me dis : ceci est ma lumière et nul ne peut me la prendre. ». 
(Christine Pawlowska).
 
 
 
PS :
« Catharsis » comporte un troisième et dernier texte que je publierai ici dans la nuit de demain.
 
PS-bis :
Sur cette note d’il y a quelques jours, l’ami « Poisson Rouge » m’a laissé (nous a laissé) un savoureux commentaire.
Je vous invite à aller le lire, puis à cliquer sur son pseudo. Il vous dévoilera sa véritable « identité » et l’url de son site perso**, entièrement refait depuis cet été, site qui est à l’heure actuelle et ce, depuis quelques années, le meilleur lieu francophone d’informations et de réflexions sur le BDSM.
 
 
** Suite à la remarque de Fleurd'Atlas, il s'avère que Poisson Rouge a, en effet, loupé l'inscription de son site sur sa page d'utilisateur KarmaOS.
En attendant qu'il rectifie de lui-même à l'occasion d'un passage, on peut se retrouver sur son "BDSM Info" en suivant le lien que je place ici
 
 
 
 
 
 
 
 
vendredi 05 février à 03h45 par AURORA | # | 7 commentaires

smiley : envelope Catharsis (1): Les Roses de la Saint-Valentin.

 

Je ne m’interdis pas de parler de Marden.

Pas de lui, certes, dont je n’ai nulle nouvelle, mais de mes ressentis et de la façon dont les choses procèdent.
On pourra penser que je me sers de mon blog comme d’une thérapie et c’est vrai en un sens.
 
Mais j’avais prévenu que la « Seconde Epoque » ne ressemblerait pas à la première.
Tant que nous avons formé un couple, il y avait comme une « clause de discrétion » ici, qui consistait pour moi à ne pas trop y évoquer l’autre, au nom de sa « privacy ».
Aujourd’hui, je n’hésite plus à parler de moi. Non par « egotisme » mais parce que cela m’aide.
Et le fait que cela soit lu m’aide encore plus, me forçant à être rigoureuse et non seulement à discuter « en vrac » en mon for intérieur, comme dans ce dialogue interminable que nous nous tenons tous avec nous-mêmes.
 
Peut-être que ce post paraît aussi cette nuit parce que quinze jours encore me séparent de ma prochaine visite chez le fameux « psy » et que j’ai besoin de faire le point, de me poser un instant pour le faire. 
 
Je ne garantis pas, par contre, de laisser « toujours » cette note en ligne parce qu’il va y être question de mon fils et que si j’ai accepté l’idée - contrairement à ce que je pensais jadis - qu’il puisse un jour, si cette plateforme existe encore alors, « tomber sur » et lire mon blog en m’y reconnaissant (je n’éprouve aucune honte de ces pages et je le crois d’une tolérance assez grande pour les accepter même venant de moi), je ne souhaite pas qu’il lise jamais ce que j’ai pu y écrire de lui.
 
J’ai enfin rêvé de Marden.
Et c’est ce rêve que je désire raconter mais je ne le ferai que demain car je voudrais d’abord préciser où j’en suis et donc, dans quel contexte il a eu lieu.
 
Le fil est désormais totalement rompu.
 
Il a commencé à l’être lorsque j’ai rangé (c’était un acte très important, d’une importance capitale même) tous nos « objets » dans une boîte bien scellée, lorsque j’ai placé dans un carton le très beau manteau et la veste qu’il m’avait offerts cet automne et que je ne porterai plus, avec la robe et la jupe que j’avais achetées, moi, pour accompagner l’un et l’autre et que je ne porterai plus non plus. Les y ont suivi une autre robe qu’il m’avait montrée dans une vitrine la veille de la rupture, robe hors de prix pour moi que j’étais cependant allée acquérir quelques jours après « notre fin », comme si le fait de la posséder pouvait le faire revenir, et le tee-shirt qui faisait « l’ensemble » avec celle-ci…
 
Il l’a été lorsque je suis allée voir « Gainsbourg, Vie Héroïque » et que j’ai eu entre mes mains le dernier James Ellroy, « Underworld USA ».
C’étaient nos deux derniers projets « immédiats » en commun.
Maintenant, je ne sais vraiment plus rien de ce qu’il peut bien faire ou ne pas faire, à part les considérations du quotidien évidemment.
Et celles-là, j’évite soigneusement d’y penser.
 
En fait, la semaine quand je travaille, tout va bien.
Comme je « fais toujours très tard », je me lève au radar et commence à ce moment-là la course quotidienne avec toute l’ « intendance » à gérer. C’est un excellent moyen de chasser toute idée qui me ramènerait vers lui.
 
Il arrivera fatalement que la sortie d’un livre des Giacometti et Ravenne ou de Grangé me fassent me dire un jour ou l’autre qu’il est en train de les lire à coup sûr.
Ça, je n’y échapperai pas. Comme je n’échapperai pas à cette déchirure de ne pas pouvoir en parler avec lui. Et de ne pas pouvoir parler de tant d’autres choses encore…
 
Ce sont les week-ends qui sont difficiles. Les réveils du week-end.
Là, n’ayant pas à me lever comateuse, je m’extrais lentement du sommeil et, au bout d’une minute, il y a une souffrance terrible qui monte et qui me ferait presque gémir, une douleur qui me tord le ventre : « Mais comment est-ce possible que cela soit ainsi, sans plus rien, sans aucun contact, sept ans et plus pour ce néant de merde… ».
 
Cette souffrance, je l’apaise médicalement. J’ai un Xanax à côté de mon lit, je le prends et peu de temps après, je suis en mesure de paraître « normale » et de proposer à mon fils un visage serein.
C’est primordial. Pour moi et avant tout pour lui.
 
Mon fils a de moi une image maternelle et féminine très positive et pourtant, il a dû se battre pour se la construire.
Mes exécrables relations avec son père, le mal que celui-ci dit de moi et la façon dont il me traite sont allées de pair, dès après ma rencontre avec Marden, avec des rapports plus que houleux, haineux quelquefois, avec mon propre père qui me nomme sans cesse « femme indigne », « mère indigne » ou pire…
Il est évident que dans pareille situation, mon image féminine de « si peu aimée des hommes » n’avait, pour mon enfant, trouvé réparation que dans la  figure de Marden et qu’il « comptabilisait » quasiment tous les « hommages » que ce dernier me rendait.
 
Cette après-midi, Préado est allé me chercher dans sa chambre le bocal de verre qui contient toutes les têtes de roses séchées des bouquets que j’ai pu recevoir et qu’il coupait, dès que les fleurs commençaient à se faner, pour les placer là.
 
Il m’a dit : « Tu sais que c’est bientôt la Saint-Valentin ? Alors, tu n’auras pas de roses cette année ? ».
Je lis en lui comme dans un cristal et j’ai su immédiatement la phrase qui allait suivre. Je l’ai désamorcée d’un :
« Non, je n’aurai pas de roses cette année. Tu sais bien qu’il ne m’en enverra pas puisqu’il ne m’aime plus. Mais cela ne veut pas dire que ce sera tous les ans comme ça. Si de lui, je n’aurai jamais plus rien, il arrivera sans doute qu’un jour quelqu’un d’autre m’aime à nouveau. »
Et j’ai ajouté pour le faire rire :
« Dis donc, n’oublie pas que je n’ai quand même pas cent ans ! ».
 
J’avais bien raison puisque je n’ai tout de même pas pu esquiver son :
« Parce que moi, tu sais, je peux aller t’en commander un de bouquet, j’ai les sous ! »
Et de devoir lui expliquer que non, il n’a pas à se substituer à un homme amoureux qui a fait défaut et que lui est mon fils, tout mon fils mais rien que mon fils.
 
Vous comprendrez maintenant pourquoi je ne veux surtout pas afficher une once de chagrin sur mon visage devant cet enfant-là.
 
Le chagrin pourtant ne me fait pas de cadeau.
Il arrive lorsqu’en fouillant pour retrouver un livre, je trouve tous ceux que Marden m’offrit et me signa.
Celui de mon tout dernier anniversaire par exemple, paraphé d’un « A Toi, Mon Amour Pour Toujours » de sa belle écriture haute et décidée.
On me dira (je me dis aujourd’hui) que c’était une « dédicace » a minima, quelques mots que l’on met lorsque justement l’on n’a plus l’imagination pour en écrire d’autres…
Mais bon, cela ne fait pas du bien tout de même de lire ça et de penser que seulement quelque temps plus tard, il n’était plus question ni d’amour, ni de toujours.
 
Le chagrin, c’est aussi cette certitude de savoir que la page est complètement tournée de son côté, qu’elle l’a été immédiatement.
Je peux maintenant écrire cette anecdote : le joignant sur son téléphone à son travail le lendemain, il coupa évidemment la communication ou plutôt crut l’avoir coupée en appuyant sur un bouton dans la poche de sa blouse.
Or, cela n'eut aucun effet et, durant dix minutes, j’entendis sa conversation : un homme lui racontait une histoire drôle et Marden riait à gorge déployée puis il lança quelques vannes et fit quelques compliments de circonstance aux collègues femmes qui passaient devant lui : il était d’une humeur « plein beau fixe », d’une remarquable indifférence alors que je souffrais, moi, comme une bête.
Que l’on ne vienne pas me dire que cette rupture ne fut pas « préparée » et que le différend du cinéma ne fut pas l’occasion de se « débarrasser » de moi.
Que l’on ne vienne pas me dire que la vague raison évoquée était la vraie !
 
Le pire, c’est ce silence, cette coupure complète, le refus de toute relation et de toute explication.
Les deux derniers allant de pair.
Une Vraie Dame, avec laquelle j’ai échangé un coup de fil mardi soir, m’a dit que pour deux de ses amies, la même situation s’était produite : une fuite du compagnon du jour au lendemain sans jamais de possibilité de se revoir et de mettre les cartes de la vérité sur la table.
Je crois (Messieurs, vous me pardonnerez…) que la plupart des hommes sont lâches et que quand ils sont las de leurs propres mensonges, s’ils ne parviennent pas à nous amener, nous, à rompre lorsqu’ils ne veulent plus de nous, c’est la « disparition » totale qu’ils choisissent et avec morgue, s’il vous plaît, morgue qu’ils prennent peut-être pour du panache…
 
Je ne lui en veux même pas, sincèrement, je l’ai bien trop aimé pour cela.
Je « remercie » simplement les quelques salopards (absolutly non BDSM, je tiens à le dire car il ne faut pas tout mélanger) qui ont pesé de tout leur poids d’influence (et longtemps !) pour que notre histoire d’amour finisse ainsi.
Ceux-là, j’aimerais bien qu’ils trouvent cette page où je leur dis « Je vous emmerde » mais hélas, il n’y a aucune chance que Google me les amène puisque Marden ne s’appelle pas en réalité Marden…
Ça, mon « adresse » à ces braves gens, c’est de la colère et j’en suis consciente : le psy serait content !
 
Je ne suis pas toujours en colère. Ni amère. Je n’ai pas le temps. Des décrets vont paraître dans les prochains jours qui font peser de très lourds nuages noirs sur mon avenir professionnel et je suis dans la crainte la plus absolue de mes demains.
 
Triste si, et souvent.
Mercredi prochain, je dois subir une petite anesthésie et j’ai peur.
Du temps de nos amours, je n’éprouvais jamais cela.
Le fait que nous soyons deux, si liés, si soudés, si siamois, servait comme un « grigri » irrationnel : rien ne pouvait nous arriver de fatal ni à l’un ni à l’autre.
 
Aujourd’hui, je suis seule et tout peut m’arriver, n’importe quand. Ce sentiment est peut-être tout aussi irrationnel que celui du « grigri » mais il est néanmoins profondément ancré en moi.
Qui vivra verra…
 
De toutes les choses qui peuvent m’arriver ne m’arrivent pas que des ondes négatives.
 
J’écris, je lis, je vois des gens.
 
Curieusement, j’ai aussi retrouvé une image physique de moi qui me satisfait.
Et ce ne sont pas les kilos perdus qui font tout: ne nous leurrons pas, leur départ n’a pas rendu à ma peau sa texture impeccable et le velouté qu’elle avait lors de mes vingt ans, toute ma cellulite ne s’est pas envolée par magie..
Mais cependant, l'on s’accorde autour de moi à me dire (même le psy l’a fait) que j’ai comme rajeuni ces temps-ci : d’une part, j’ai renoncé à me vêtir d’ombre et sans collants fins comme Marden le voulait pour me soustraire au regard des autres (je me suis même payé quelques vêtements « charmants ») et d’autre part, j’ai compris aussi que c’est son refus de regard sur moi, sa négation de tout compliment, qui m’avaient rendue si peu confiante en moi depuis mars 2008.
Lorsque l’homme que l’on aime ne vous « voit » plus, l’on ne se voit plus non plus ou bien l’on se voit très mal.
 
Alors, j’ai changé de parfum. Chez moi, c’est toujours un signe très fort.
Un signe d’espoir.
Il y a mille façons de « faire le deuil.
 
Et puis, j’ai enfin rêvé de Marden.
Mais, comme je l’avais prévu, il est vraiment très tard et je garde cela pour demain…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
jeudi 04 février à 05h25 par AURORA | # | 14 commentaires

smiley : envelope BDSM Poème: A genoux…

 

BDSM A Genoux...

Image « venue » du Web.

 
 
 
Des draps, les nœuds à ses poignets
Accompagnent tout mouvement.
Pour chaque spasme un cri poussé
Qui se meurt sitôt en un chant.
 
Gouttes de cire à main levée
Dont toute larme est un plaisir
Rougissent et noircissent en beauté
Sa peau, blanc tableau à écrire.
 
A genoux, elle rend hommage
A qui viendra la relever
Et forcera son avantage
Jusqu’à la vouloir en Psyché…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mercredi 03 février à 05h22 par AURORA | # | 7 commentaires

smiley : envelope BDSM Humour: Casse-Tête de Mots-Tango.

 

BDSM "Tango Argentin", tableau de Pedro Alvarez.

Tableau « Tango Argentin » © Pedro Alvarez.

 
 
 
L’illustration (que j’ai mis des heures à trouver) est dédiée à Idalie Felix, en raison des chaussures évoquées dans son dernier commentaire…
 
 
 
En cette « attente » de tempo, en cette attente de tango, avec qui aimerais-je danser cette promenade conçue pour s’oublier ?
Dans le monde des rêves, avec Brando bien sûr.
Le Brando magnétique, éblouissant de 1972.
Et je vous jure alors que « mon » film ne finirait pas comme celui de Bertolucci…
 
Mais, dans le BDSM, si bonheur m’était rendu un jour de retrouver un déclic, une flamme, comment nommer celui qui guiderait mes pas, celui qui imposerait son tempo à ma marche ?
 
Je m’en suis tellement bien tirée si longtemps, j’ai tant utilisé « Guide » et « Elu » que ces noms ne peuvent être que d’un seul.
Répétés, ils sonneraient faux et n’honoreraient pas celui à qui je les dédierais, le transformant en une mauvaise doublure de l’absent, du héros de l’histoire avortée…
 
Il me faut donc m’en retourner vers une terminologie plus classique.
 
J’élimine d’office toute la panoplie « british »: pas de « Sir » (j’aurais peur qu’il veuille très vite s’adjoindre « Stephen » pour faire « plus vrai »), pas de « Lord » (je vois poindre le partisan de l’ « éducation anglaise » avec son manuel des trente lois d’obéissance et des quinze postures de punition à la main), pas de « Mister » (j’entends déjà dans ma tête le « Bean » qui suit et ne puis m’empêcher de m’esclaffer !)…
 
Le japonais « Sensei » n’a pas plus « ma » côte: je soupçonne derrière celui-ci l’homme qui a vu trois photos de shibari mais qui n’a pas la première corde à son arc pour savoir comment le pratiquer …
  
« Maître » serait étymologiquement le plus juste de tous.
Je n’ai pourtant jamais pu le prononcer vu ce qu’ « ils » en ont fait et parce que - à bien regarder aussi ceux qui s’en affublent et s’autoproclament ainsi d’emblée dans les listes de connectés sur les « chats » sans avoir à montrer patte blanche sinon celle de leurs fantasmes - il devient malheureusement la caricature même du BDSM…
 
« Dominant » a quelque chose d’animal et me rappelle trop le « le mâle dominant » qui vit dans les forêts, surveillant avec nonchalance les femelles de sa harde.
Sauf que je ne suis pas partageuse et que je ne mange pas de ces verts pâturages-là…
 
Reste « Dominateur ».
Il ne me satisfait pas pleinement toutefois.
On sent fâcheusement dans le suffixe un quelque chose qui « gratte » au moment de l’employer car ce suffixe en fait - à peu de choses près - un nom de métier.
Rencontrer quelqu’un, m’abandonner à son « aura »,  l’aimer et dire de lui « mon Dominateur » me ferait éprouver en un premier temps la sensation de parler de « mon acupuncteur », « mon brocanteur » ou - pire - de « mon percepteur »…
 
Oui, mais…
Ça rime avec « séducteur », « compositeur », « initiateur », « créateur », « bienfaiteur », « accompagnateur », « illuminateur », « instigateur », « inspirateur » et toute cette cantilène n’est pas pour me déplaire : elle est poétique mais surtout elle sonne juste et réunit l’acte et l’esprit de l’acte, l’homme et l’esprit de l’homme…
 
Dominateur, alors ?
Oui. Mais non.
 
Une fois prise au jeu des rimes, me voici perplexe car je tombe dans un invraisemblable bric à brac, un inventaire décousu à la Prévert : « consommateur »,  « inquisiteur », « gladiateur », « déserteur », « conspirateur », « pulvérisateur », « rabatteur », j’en passe et des meilleures…
 
Les abréviations « Dom » et « Domi » sont chaleureuses et sympathiques.
Cependant, l’infortune due à mon âge fait que je connais autour de moi un grand nombre de « Dominique » (tant filles que garçons) qui ont désiré n’être désignés au quotidien que par l’un de ces deux diminutifs.
Au point qu’ils ne correspondent plus pour moi à une quelconque charge sensuelle ou érotique, qu’ils n’ont plus rien à voir avec le BDSM.  
 
J’arrête là.
 
Avant que de lui choisir un nom, il me faudrait trouver l’homme (vous savez bien, « le troisième homme ») de ma vie.
Et ça, c’est plus facile à dire qu’à faire.
Une autre paire de manches, en somme.
 
Et la « Manche » - mauvais présage - ça relève de « Don Quichotte » et des moulins à vent, de la « mission impossible », de la « quête improbable » pour être plus claire.
 
Pas de l’amour, ni du tango et encore moins du BDSM
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mardi 02 février à 03h30 par AURORA | # | 15 commentaires

smiley : envelope BDSM et Danse: Tempo Tango…

 

BDSM Tango Tableau R. Fasano.

Tableau © R. Fasano.

 
 
Les phrases qui suivent pourraient apparaître comme les conseils d’un dominateur chevronné à un novice quant à l’art du BDSM.
 
« Vous devez lui bloquer le pied. Lui faire sentir que vous voulez qu’elle s’arrête. Puis, vous vous arrêterez, vous.
Alors, laissez-la libre, laissez-la se mouvoir, donnez-lui la place et l’espace pour glisser et improviser à son tour. Faites-lui choisir le tempo et tirez-en tout le plaisir que vous pourrez.
Et à peine croira-t-elle qu’elle peut faire ce qu’elle veut, reprenez les commandes et faites-lui comprendre qui est celui qui mène ! ».
 
Ce sont en fait les conseils d’un professeur de tango aux hommes dans son cours.
 
Le tango est fait de ces traquenards mais aussi de pauses et de soupirs.
Le tango est un baiser volé.
C’est une promenade conçue pour s’oublier.
Une danse qui ne peut se vêtir que d’une robe rouge.
Une façon de communiquer sans avoir besoin de chercher les mots.
 
Rien n’est plus proche de l’âme du BDSM que le tango.
Et, inversement, rien n'est plus proche de l'âme du tango que le BDSM...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
lundi 01 février à 03h10 par AURORA | # | 6 commentaires

smiley : envelope BDSM et BD: « Happy Sex » de Zep - Editions Delcourt - novembre 2009. (Hommage marginal au Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême 2010)…

 

 

BDSM « Sadocolissimo », une planche de l’album « Happy Sex » de Zep aux Editions Delcourt, novembre 2009.

Scan de « Sadocolissimo », une planche de l’album « Happy Sex » de Zep © Zep et Editions Delcourt - novembre 2009.

 
 
 
Demain, à l’heure où vous lirez ces lignes, il est fort probable que l’auteur couronné Grand Prix du 37ème Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême sera connu.
 
L’an passé, c’était Blutch, qui préside donc en 2010 cette fête de la BD.
Ah ! Blutch l’incomparable (et très bel homme de surcroît, ce qui ne gâte rien !) avec son trait de génie et ses « fausses » couleurs…
 
On peut voir ce week-end une exposition de ses œuvres qu’il a voulue minimaliste.
Mais - événement ! - toutes les planches de son album « La Beauté », dont celles à connotation BDSM (voir ma note ici), y sont montrées.
 
Ne connaissant pas l’ensemble des ouvrages en compétition (et notamment les mangas), je ne puis dire si cette touche BDSM sera cette année tangible.
La présence de Robert Crumb (l’auteur du mémorable « Fritz The Cat ») avec son travail de plusieurs années sur sa vision de « La Genèse » pourrait laisser présager de quelque chose « dans le ton »…
 
Ne pouvant toutefois rien affirmer, mon hommage à Angoulême, mon hommage BDSM, ira donc symboliquement à la BD toute entière à travers un album sorti en 2009 qui ne fait pas partie de la fête angoumoisine.
 
« Happy Sex », publié en novembre 2009 aux Editions Delcourt, est l’ouvrage de Zep - le père de Titeuf - réservé aux adultes.
Ce ne sont plus les premières interrogations d’un ado quant à la sexualité qui y sont mises en scène mais bel et bien un panorama du sexe (pas toujours si « happy » que ça) et des relations sexuelles sous nos latitudes et en plein dans la mouvance des « modes » de notre époque.
 
Le BDSM ne pouvait échapper à la lorgnette caustique de Zep.
Parmi quelques planches dédiées à ce thème, c’est « Sadocolissimo » que j’ai choisi.
 
La saynète est amusante mais la dernière réplique révèle bien combien le SM n’est pas encore entré dans les moeurs « autorisées » puisqu’il est question d’en guérir…
 
Dans le reste de cet album, ce sont toutes les variantes modernes de nos ébats (glorieux ou piteux) érotiques qui sont passées au crible d’une façon désopilante mais parfois aussi désespérante.
 
Je ne doute pas un seul instant que sous la houlette de l’extraordinaire Blutch, Angoulême ne se choisisse  dans les heures qui viennent un Roi 2010 dont l’ouvrage n’aura peut-être absolument rien à voir avec le sexe et qui sera pourtant un chef d’œuvre sur lequel se jeter.
 
Mais l’album « Happy Sex » méritait tout de même d’être signalé à vos yeux…
 
Je ne regrette donc pas ce tour de passe-passe qui m’a fait vous parler, par analogie, d’une chose pour une autre…
 
Lisez, regardez, savourez les deux : celui - ou celle - qui sera en ce dimanche le Grand Prix d’Angoulême et notre cher Zep qui nous tend ici un miroir bien grinçant mais si…convaincant !
 
 
 
 
 
 
 
 
Remarque suite au commentaire de Jeanne:
 
Il n'y a pas de "loupe" pour agrandir les images dans l'éditeur de notes de KarmaOS.
Il vous faut donc agir vous-mêmes pour élargir un instant au maximum l'affichage de votre écran afin de pouvoir lire les "bulles" de cette planche.
Sincèrement désolée de ce désagrément...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
dimanche 31 janvier à 05h53 par AURORA | # | 6 commentaires

smiley : envelope BDSM Poème: Les maux de la marée, les mots de l’amarrée...

 

BDSM Escarpins Rouges et Marée...

Photo « venue » du Web.

 
 
Les mots s’en reviendront
Et ils auront alors
Une saveur nouvelle.
 
Je les attendrai
Tandis que mourra un frisson
A fleur de lèvre,
Chaque mouvement de la bouche
Une vague brisée
Sur une autre rive.
 
J’entendrai, je dirai
Comme paroles à peine nées
« -Enonce qui tu es ! »
« -Quel est mon droit de fait ? »
« -Je t’appartiens »,
« -Tu peux me faire autant de mal que de bien ».
 
Je les reconnaîtrai
Montant du fond des gorges
Au rythme des marées.
Et c’est dans le noir
Qu’ils montreront
Leur puissance la plus féroce.
 
Je les accueillerai
Leur laissant traverser
Les plans inclinés,
Les strates de l’Histoire,
Dans le fleuve d’un temps
Qui  m’a vue artisane
 
De ma fin au début,
De ma genèse à l’épilogue…
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
samedi 30 janvier à 04h58 par AURORA | # | 3 commentaires

smiley : envelope Hommage à Jerome-David Salinger (1er janvier 1919 - 27 janvier 2010).

 

J.D.Salinger 1er Janvier 1919 - 27 Janvier 2010.

J.D Salinger (1919-2010) - Photo d’Archives.

 
 
On apprend ce soit la mort survenue hier paisiblement de l’écrivain américain Jerome David Salinger, né le 1er janvier 1919, à l’âge de 91 ans donc.
Comme il y a plus de 40 ans que l’auteur n’avait plus fait la moindre apparition publique, pas plus que publié une œuvre nouvelle, sa disparition semble celle d’un disparu…
 
Salinger a marqué des générations entières avec un seul livre, « The catcher in the rye » (« L’Attrape-cœurs » en français), roman de l’adolescence qui reste à ce jour l’un des plus accomplis sur ce thème.
Trois jours dans la vie du jeune Holden Caulfield,  trois jours d’errance et d’aventures dans New York à la suite du renvoi de son collège et du refus de rentrer chez lui affronter ses parents.
Trois jours de narration d’états d’âmes mais aussi de portraits de personnages typiques et de descriptions d’un New York des années 50 tout à fait particulier.
 
Du récit de cette fugue initiatique du jeune homme à la recherche d’absolu et de pureté qui se heurte à l’univers artificiel du monde des adultes, Salinger fit - en 1951 - cet ouvrage mondialement connu, étudié dans les écoles aujourd’hui alors que, dans un premier temps, il dut surtout son succès au petit scandale qui entoura sa parution, les plus puritains lui reprochant d’être rédigé dans un langage plus que familier.
 
L’enfance, l’adolescence, le mal-être furent toujours au centre des écrits de Salinger, si peu nombreux que l’on ne parvient à citer, outre « L’Attrape-Cœurs », que Franny et Zooey » ainsi que les « Nouvelles », nouvelles si réussies qu’elles sont pour moi le vrai chef d’oeuvre de Salinger.
 
Celui qui estimait que l’écrivain n’a pas à apparaître mais que ce sont ses seuls écrits qui comptent vivait donc en ermite, totalement à l’écart du monde et ne « commerçant » plus avec celui-ci.
 
Régulièrement, il défrayait pourtant la chronique « people » lorsque l’on annonçait ses procédures contre des biographies non autorisées ou des publications de lettres envoyées à des tiers qui désiraient les monnayer en les faisant éditer.
 
Que dire de ce choix du silence chez Salinger, silence de l’homme mais aussi de l’auteur depuis plus de quarante ans maintenant ?
 
Comme il semble qu’il n’ait cependant jamais cessé d’écrire sans pour autant publier, la démarche qui fut la sienne restera pour toujours troublante.
 
Consacré universellement pour un unique livre, devenu mythe et légende de son vivant, « écrivain-culte » - on peut le dire - Salinger a emporté hier avec lui son secret en s’endormant.
 
Parce qu’à un titre ou à un autre, il aura inflencé chacun de nous en notre âge adolescent, voici comme extrait les dernières lignes de « L’Attrape-Cœurs », en hommage à une ombre qui s’était voulue et choisie ombre et seule chair de mots juste au moment où elle atteignait au plus grand des succès…
 
 
 
« Je vous en dirai pas plus. Sans doute que je pourrais vous raconter ce que j’ai fait une fois rentré à la maison et comment je suis tombé malade et tout, et à quel collège je suis censé aller l’automne prochain, quand je serai sorti d’ici mais j’ai pas envie. Sincèrement. Tout ça m’intéresse pas trop pour l’instant.
Y a un tas de gens, comme ce type, le psychanalyste qu’ils ont ici, ils arrêtent pas de me demander si je vais m’appliquer en classe quand j’y retournerai en septembre. A mon avis, c’est une question idiote. Je veux dire, comment peut-on savoir ce qu’on va faire jusqu’à l’instant où on le fait ? La réponse est qu’on peut pas. Je vous jure, c’est une question idiote. […]
 Les gens dont j’ai parlé, ça fait comme s’ils me manquaient à présent, c’est tout ce que je sais. Même le gars Stradlater par exemple, et Ackley. Et même, je crois bien, ce foutu Maurice. C’est drôle. Faut jamais rien raconter à personne. Si on le fait, tout le monde se met à vous manquer. »
 
 
J.D Salinger - L’Attrape-Cœurs  - Editions Pocket.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
vendredi 29 janvier à 02h48 par AURORA | # | 3 commentaires

smiley : envelope BDSM Rencontre (dans la Littérature): Encore « Dolorosa Soror » de Florence Dugas - Editions Blanche - 2000.

 

BDSM Roman "Dolorosa Soror" de Florence Dugas aux Editions Blanche.

Scan de couverture de  « Dolorosa Soror » de Florence Dugas - Editions Blanche - 2000.

 
 
Invitée ces jours-ci en un mail par une lectrice à lui conseiller un ouvrage littéraire BDSM digne de ce nom, le premier qui me vient à l’esprit est les « Carnets d’une soumise de province » de Caroline Lamarche.
Je ne fais pas mouche.
La lectrice est sans doute un peu trop jeune encore pour entrer dans ce récit.
 
Je récidive et cette fois-ci, elle m’avoue avoir été profondément touchée, émue, troublée par ce second essai.
Quel titre lui avais-je donc donné ?
 
« Dolorosa Soror » de Florence Dugas, que j’avais déjà présenté dans les toutes premières pages de mon blog.
Et cette après-midi, cela me donne envie de le relire.
Je retombe aussitôt sous le charme.
Il n’a rien perdu de sa force, en effet, et me paraît de même toujours aussi bien écrit.
Vraiment un très beau roman BDSM.
 
Pour l’ « histoire » et la critique en elle-même ainsi que pour l’extrait que j’en avais choisi à l’époque, je vous renvoie à ma première note ici.
 
Mais pour le pur plaisir, je ne résiste pas à vous en donner cette nuit un second passage, celui du premier rendez-vous, celui de la rencontre - instant toujours si important - entre les deux protagonistes.
 
Et si vous ne l’avez jamais lu jusqu’à présent, vous saurez ainsi ce qu’il vous reste à faire…
 
 
« Tu es grand, immense. Peut-être un peu vieux, dans les quarante-cinq ans, j'en ai moitié moins. Plutôt négligé, mal rasé, hirsute. Je ne sais pas encore si tu me plais. Je t'avais imaginé d'une tout autre façon ! Mais qu'importe... Ta voix au téléphone et mes prouesses en solitaire ont entamé le désir et m'encouragent à t'aimer. Tu souris, pénètres à pas de loup dans mon repaire, tel un prédateur, et je frémis en claquant derrière toi la porte de ma future cage.
Nous échangeons quelques mots en goûtant au Champagne, tu me dévisages, m'examines, minutieusement. N'en ai-je pas trop fait avec mes talons hauts et ma robe moulante ? Ton regard éloquent m'assure du contraire, même si tu m'ordonnes, ton verre à peine vidé:
« Déshabille-toi ! »
Je fais mine d'être surprise, embarrassée, quoi ? déjà ! mais obtempère très vite... ton regard noir et féroce foudroie mon hésitation et dompte mes gestes.
« Non, garde tes chaussures et tes bas » précises-tu.
Ma nudité n'en est que plus prononcée, et je reste plantée là, exposée devant toi, troublée. Installé dans ce canapé où maintes fois dans mes songes je t'ai enlacé, embrassé, adoré, tu t'allumes une cigarette et me demandes de tourner lentement sur moi-même. Je m'exécute, de nature aguicheuse et devinant qu'un refus serait bien mal venu. De profil, les mains relevant mes cheveux et dégageant ma nuque, de face, de dos, les jambes légèrement écartées, les mains plaquées au mur, les reins cambrés, je m'exhibe.
« Ne bouge plus ! ». ».  
 
 
Florence Dugas - « Dolorosa Soror » - Editions Blanche - 2000.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
jeudi 28 janvier à 04h22 par AURORA | # | 5 commentaires

smiley : envelope BDSM Poème: Des Bas, des Hauts…

 

BDSM soumission: En bas et talons hauts.

 

Le parfum « Calandre » est né en France en 1969, « l’année érotique » (pour rester sur Gainsbourg et Jane), l’acronyme « BDSM » à peu près à la même époque aux USA…
 
 
 
 
Un peu comme lorsque, enfant,
Je prenais les airs de ma mère
Et que je me voyais, posant,
A faire bien ma fière.
 
Devant le miroir coutumier,
Je m’imaginais grande
Et en secret, je m’inondais
De son parfum, « Calandre ».
 
Au grand jeu de la séduction,
Je me charmais moi-même.
Il s’en est fallu des saisons
Pour varier de thème.
 
Aujourd’hui, si je mets des bas,
Signe de soumission,
Je me sens femme et ce n’est pas
Qu’à cause des talons…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mercredi 27 janvier à 05h47 par AURORA | # | 9 commentaires

smiley : envelope BDSM et pas: « Gainsbourg, Vie Héroïque », un conte de Joann Sfar.

 

Eric Elmosnino et Lucy Gordon (Serge et Jane) dans le film de Joann Sfar « Gainsbourg, Vie Héroïque » - 2009.

Eric Elmosnino et Lucy Gordon (Serge et Jane) dans le film de Joann Sfar « Gainsbourg, Vie Héroïque » - 2009 © Universal Pictures International France.

 
 
 
Bien sûr qu’il n’est pas de BDSM dans ce film.
Mais puisque le réalisateur s’y accorde - avec bonheur - la licence de réinventer « son » Gainsbourg, je ne peux que rappeler que, selon moi, il y eut chez l’artiste, provocation ou réelle inclination, de notables allusions faites à cette sexualité, notamment dans ses photographies de (voir ma note « Quand Serge photographiait Jane ») ou avec Jane Birkin (voir celle-ci, « Le Gris du Cœur)…
Alors, s’il fut un « Gainsbourg BDSM », disons que ce n’est que le mien…
 
 
 
Lorsque j’étais enceinte, j’ai - comme bien d’autres - fait écouter de la musique au bébé que je portais en moi par l’intermédiaire d’un « walkman » posé sur mon ventre.
C’était du classique, du blues et un peu de jazz.
 
Sa naissance approchant, il fallut lui faire de la place concrètement : une chambre s’avérait indispensable.
C’est mon bureau qui fut débarrassé.
N’y demeura longtemps de sa forme d’antan qu’une platine ultra-démodée que mes parents avaient confiée à ma garde des années auparavant.
Puisqu’elle était là, autant qu’elle serve à quelque chose… J’apportai deux vinyles dans la pièce. Et mon bébé passa la moitié de son temps (c'est-à-dire les ¾ puisque j’avais « fabriqué » un insomniaque comme moi) au son de « Sergent Pepper’s » et ce qu’il restait de la nuit et des heures douces à se bercer sur « L’Histoire de Melody Nelson »…
Quoi d’étonnant qu’il soit aujourd’hui de lui-même un « beatlemaniaque » et un « gainsbourgomane » ?
Je rassure tout le monde : il écoute aussi des « tubes » en vogue. Mais il a ses prédilections bien ancrées en lui.
J’y ai certes largement contribué lorsque, un peu plus grand, il me demandait, une fois le petit livre du soir terminé, « Maman, raconte-moi encore une histoire ! » et que je laissais libre cours à celle de mes idoles, lui narrant aussi bien James Dean que Marilyn, Serge et Jane que Romain (Gary) et Jean (Seberg)…
 
Aussi n’ai-je pas été autrement étonnée quand, la semaine passée, il a préféré alors que « nous faisions les soldes », à tous les pantalons « baggy » qui s’affalaient dans les vitrines avec leurs alléchantes réductions, dépenser son argent de poche au cours d’une halte au rayon « Livres d’art » de « ma » librairie pour s’offrir (39 euros, tout de même) le story-board de « Gainsbourg, vie héroïque », film dont il m’a signalé la sortie pour le mercredi suivant d’un péremptoire « le film que nous irons voir » et que j’ai feint de découvrir tout cela…
Il est bon que parfois, les « préados » pensent apprendre quelque chose à leurs parents !
 
Ce dimanche, nous voici donc dans la queue du cinéma, après avoir franchi les fourches caudines de la grand-mère (ma mère) s’exclamant « Mais tu vas vraiment lui laisser voir ça ! Tu parles d’un exemple, la vie de Gainsbourg », pique à laquelle il avait répondu « Mais je la connais déjà mieux que toi » et là, je me fends d’un calamiteux lapsus lapsuceux en demandant « Une place enfant et une place adulte pour « Gainsbourg, vie érotique » qui me vaut les rires gras de tous ceux qui attendent…
 
Je ne regretterai jamais que Préado ait vu ce film.
Au fond, quelque part, c’est bien d’un film pour enfants qu’il s’agit.
Joann Sfar, né en 71, émérite bédéiste (on lui doit entre autres la série du « Chat du Rabbin »), nous précise dès le générique du début « Gainsboug, vie héroïque, un conte de Joann Sfar » et ce n’est de rien d’autre dont il est question…
 
Je n’ai lu aucune critique avant cette séance, pas plus qu’après.
Je désire, puisqu’il s’agissait de Gainsbourg (comme s’il s’était agi de Bashung) garder ma propre impression.
Je pense qu’on peut aimer comme on peut détester ce film, que des puristes de Gainsbourg le voueront sans doute aux gémonies pour avoir inventé un peu ou beaucoup, trop insisté sur ceci, pas assez sur cela, fait un « happy end », introduit des marionnettes de films d’animation pour représenter les deux formes poursuivant Gainsbourg : « La patate », symbole de sa judéité dans le récit de son enfance et « Ma gueule », son double sardonique (qui n’est pas, non, seulement « Gainsbarre ») dès que l’on en vient à son âge adulte.
 
Et c’est vrai que « le temps de l’enfant », celui de Lucien Ginsburg, petit génie du crayon aux oreilles décollées auquel son père s’obstine à vouloir apprendre le piano - temps qui occupe un bon tiers des 2 heures 10 du film - temps qui se joue déjà sur le rythme du « nazi rock », époque oblige, est un moment de splendeur rare au cinéma.
Qu’importe qu’il n’ait pas - dans la réalité - cet enfant-là, séduit la plantureuse modèle de l’atelier ou même qu’il n’ait (peut-être ?) pas rencontré Fréhel, tout reste plausible tandis que les chemises brunes bavent leur mousse de limace sur le pays et menacent…
 
Ensuite, on entre « dans la légende »…
Une fois le petit garçon devenu un jeune homme, une fois que « Ma gueule » a conseillé à Lucien de devenir Serge (qu’Eric Elmosnino incarne avec un mimétisme époustouflant, à une dizaine de reprises dans le film, on s’y laisse vraiment prendre), que les toiles du peintre ont été brûlées, il est temps de se consacrer à « l’art mineur ».
 
Les chansons commencent à défiler.
Et les femmes. Celles qui comptèrent.
 
Une étonnante Greco, une France Gall nunuche à souhait.
Joann Sfar réussit tellement l’épisode Bardot (c’est Laeticia Casta mais peu importe: nous avons tous tellement présentes dans les pupilles les vraies images de BB que ce sont celles-ci qui s’imposent en filigrane sur l’écran) qu’il en rate peut-être un peu Jane.
Question de timing.
Autant de temps pour l’une que pour l’autre, c’était déraisonnable.
 
Ça se résume alors en :  la rencontre - le premier baiser - Je t’aime moi non plus - la naissance de Charlotte - un cliché du bonheur auprès de la chienne Nana - l’infarctus initial - le début des dérives nocturnes - une dispute - la Marseillaise Reggae et les paras - la rupture.
Même la regrettée Lucy Gordon (Jane Birkin) ne suffit pas à rattraper la vitesse de son metteur en scène.
Car c’est trop peu de temps, trop peu d’émotion pour ces deux-là, Serge et Jane, qui furent les icônes de toute une génération… My generation.
 
Et après, ça finit. Bien.
En nous évitant heureusement les trop gros clichés: le billet de 500 balles brûlé et Whitney Houston ou encore Gainsbarre chez Ardisson...
Mais avec Bambou.
Sur la naissance de Lulu et un ultime clin d’œil enfumé de tendresse et d’ironie.
 
Et on en sort en larmes parce que, oui, Gainsbourg, c’était ça mais c’était aussi le nôtre et que Joann Sfar nous a laissé monter et remonter notre film à nous durant le sien.
 
Film qu’il achève sur un panneau qui dit (à peu près, car je cite de mémoire) : « J’ai trop aimé Gainsbourg pour le rattacher à une seule réalité. Je le préfère dans ses mensonges. ».
 
Et nous, nous avons trop aimé le film de Joann Sfar pour lui reprocher les quelques inexactitudes ou anachronismes que l’on a pu y relever…
 
Gainsbourg de Joann Sfar ? Conte héroïque.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mardi 26 janvier à 03h36 par AURORA | # | 10 commentaires

smiley : envelope BDSM Berceuse: Histoire d'O... de Vie...

 

BDSM Rose Wing by Amatizking on DeviantArt.

Image « Rose Wing » © Amatizking on DeviantArt.

 
 
Avez-vous jamais essayé de troubler la tranquillité d’un étang ou bien d’un taillis les jours où il n’est aucun vent ?
Et tailler les fils qui tiennent liés les événements, le cours des événements ?
Avez-vous jamais osé le faire ?
 
Il y a un voyage derrière chaque route. Et une route derrière chaque voyage.
Ma carapace a fondu, je suis nue.
Mes fils barbelés sont coupés, je vais où je veux désormais.
 
Je suis les affluents qui, au fond, portent tous vers la mer.
Ils ne promettent pas un jardin de roses.
Mais cependant…
 
Respirer.
Tout est là.
 
Il est déjà trop tard pour revenir en arrière.
La porte qui s’est ouverte l’a fait pour toujours.
Elle amène l’odeur de la vie, cette odeur qui est plus forte que tout.
 
Avez-vous jamais osé troubler la tranquillité des choses puis d’écouter, imperturbables, les cris du destin ?

 

 

 

 

 

lundi 25 janvier à 03h26 par AURORA | # | 5 commentaires

smiley : envelope BDSM et Art: La photographie de Frédéric Fontenoy…

 

BDSM Fessée Photographie de Frédéric Fontenoy.

BDSM Jeu de jambes en duo à la Pierre Molinier Photographie de Frédéric Fontenoy.

BDSM Bondage Suspension Shibari en hommage à Nobuyoshi Araki Photographie Frédéric Fontenoy.

Photographies © Frédéric Fontenoy.

 
 
En cette nuit, c’est chez un photographe que je vous convie.
Et quel photographe !
 
Frédéric Fontenoy est français, il est né en 1963.
C’est seulement depuis 2006 qu’il aborde franchement la thématique BDSM.
Mais avec une originalité toute particulière. Et spécialement savoureuse.
 
Lorsque je vais puiser dans des « banques d’images » les clichés que je « tague » ensuite « photo venue du Web », c’est que le nom de l’artiste n’y apparaît pas.
Et huit fois sur dix, pour doués et chevronnés qu’ils soient et malgré une certaine connaissance de ces photographes réputés obtenue au cours du temps, je ne me hasarderais pas à m’avancer dans l’attribution à l’un ou à l’autre.
 
Car la photographie artistique BDSM verse bien souvent justement dans le « cliché », que chacun a eu ou aura, un jour ou l’autre, la même idée et que l’image qui en sort ou en sortira finit par devenir impossible à identifier comme étant de tel ou de tel autre.
 
Ceci ne risque pas d’arriver avec Frédéric Fontenoy.
Il y a chez lui une qualité tout à fait inédite qui est celle de se tenir à distance à travers deux aspects : son humour, caustique et décalé, et sa feinte « patine » d’antan qui est un clin d’oeil au « vintage » du début 20ème.
De plus, la plupart des ses « galeries », à l’instar des auteurs de bandes dessinées ou encore de romans-photos, racontent toutes une petite histoire.  
Une petite histoire qui, selon le cas, donne envie de sourire ou bien de fantasmer…
Bref, un érotisme à faire fondre le pire glaçon !
 
Car il s’y entend aussi pour nous proposer des fantasmes coquins, ce malicieux Frédéric Fontenoy qui ne se prend jamais au sérieux…
 
Et pourtant, quel talent !
Rien n’est laissé au hasard : travail du noir et blanc, souci du moindre détail, cadrage et mise en scène…
 
Je vous sais plutôt - vous me pardonnerez de vous le dire - paresseux du « clic », surtout le week-end.
Aussi, comme je tenais absolument à ce que vous visitiez Frédéric Fontenoy, je ne lui ai « volé » que trois photographies afin de vous mettre en appétit et de vous obliger quelque peu à « aller chez lui » : la première pour le côté désopilant de ces prémices de fessée, la seconde pour l’esthétisme du jeu de jambes qui n’est pas sans rappeler les « créations » chères à Pierre Molinier et enfin la dernière qu’il intitule lui-même « Inspirée de Nobuyoshi Araki ».
 
De celle-ci, vous n’aurez aucun mal à saisir la présence sur mon blog d’ « Arakimane », d’ « Arakifan » que je suis depuis toujours…
 
J’ai eu un plaisir immense à découvrir cette magnifique suspension « shibariste », en effet digne d’Araki, et de m’apercevoir que lorsque l’on est, comme Frédéric Fontenoy, un grand photographe, la règle du jeu de l’humilité est de rendre toujours hommage à qui est encore plus grand que soi…
 
La visite du site de Frédéric Fontenoy se passe ici et j’espère que vous la ferez, pour une fois (Grrr !) nombreux/ses…
Je puis vous promettre ici que vous ne le regretterez pas !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
dimanche 24 janvier à 04h54 par AURORA | # | 6 commentaires

smiley : envelope BDSM Travaux Pratiques: Comment faire son corset soi-même (Vidéo YouTube)...

 

 

 

 

 

J’aime passer d’une note à une autre.
Et j’aime aussi quand c’est la légèreté qui règne sur ce blog.
Ainsi, en cette nuit qui suit quelques heures de « Big Bug » sur KarmaOS, ai-je envie de vous convier à des…Travaux Pratiques BDSM !
 
 
 
Un corset, c’est déjà un plaisir en soi.
L’essayer dans une boutique, trouver celui qui va nous plaire, faire corps avec nous, provoquer la surprise et la délectation chez l’autre, c’est une façon de séduire qui est parmi les plus sensuelles qui existent...
Pour l’homme, offrir ce corset, le sélectionner avec réflexion et tendresse, avoir la crainte de se tromper dans les mesures ou dans le tissu, c’est une marque d’émotion et d’attention extrême envers celle qui le portera.
 
Le corset n’est pas l’apanage des femmes BDSM.
Beaucoup d’autres en revêtent, elles aussi, pour se voir la taille plus fine et si fragile et désirable dans le regard de l’homme aimé…
 
Ce corset idéal existe-t-il ?
Le mieux serait de le faire soi-même en choisissant sa matière, en dessinant son propre modèle.
Certaines femmes le font. Ce n’est pas si difficile que ça.
 
Ah ! Si je n’avais pas deux mains gauches mais une bonne machine à coudre et une infinie patience, j’irais dès demain en ville prendre possession de la soie de mes rêves et j’appliquerai la « recette » que je vous propose dans la vidéo YouTube ci-dessus…
 
Parmi vous, je sais qu’il va y en avoir qui seront capables de s’y mettre, femmes ou hommes…
 
Quelle stupéfaction vous lirez dans les yeux de celui qui vous verra ainsi parée, qui saura que c’est pour lui que vous avez fait ces Travaux Pratiques BDSM ou dans le regard de celle qui recevra la parure faite de vos mains (car les hommes peuvent avoir un talent de « grand créateur » qui couve en eux), au soir de la Saint Valentin qui - ne l’oubliez pas - approche à grands pas !
 
N’hésitez pas à écouter les explications plusieurs fois (il faut, je le signale, connaître « moyennement » l’anglais), à tracer  votre « patron » avec le plus d’imagination possible, à travailler dans la matière et les couleurs qui sont désormais les vôtres avec la plus grande des fantaisies.
 
Pour le seul oubli que j’ai pu relever, celui de l’impasse sur les « baleines », je précise à toutes et tous qu’on en trouve en vente sur les sites américains de très belles et très robustes en acier mais je ne doute point un seul instant que, dans quelque mercerie perdue à l’angle d’une rue de votre bourgade, vous ne puissiez vous en procurer plus rapidement encore…
 
Songez à la satisfaction au moment de l’offrande de « l’œuvre » ainsi accomplie…
 
Enjoy !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
samedi 23 janvier à 06h06 par AURORA | # | 9 commentaires

smiley : envelope BDSM, Blog et Journal Intime: Pleurer, faire le deuil...

 

J’avais dit que je ne publierais rien ici de mon « Journal Intime ».
Je vais pourtant le faire ce soir, en éditant ce que j’ai écrit aujourd’hui parce que cela ne met personne « de reconnaissable » en cause, sinon moi et mes réflexions et que cela servira de réponse à un mail que j’ai reçu d’une amie…
C’est brut de décoffrage, juste tapé, non relu et non corrigé.
J’ai simplement rajouté en italiques quelques précisions qui me paraissaient utiles à la compréhension de l’ensemble…
 
 
 
J’ai vu mon psy hier (je traîne comme une béquille une séance mensuelle de psychothérapie suite à une déprime d’il y a des années et là, avec les vacances de Noël, je ne l’avais pas rencontré depuis le fameux dimanche de décembre…).
Il me promet pour bientôt des cataractes de larmes et une douleur terrible de ne pas arriver à pleurer actuellement, de ne pas « faire le deuil ».
C’est vrai qu’à part un soir, à la suite de commentaires sur mon blog, je n’ai pas pleuré. J’ai énormément souffert, certes, notamment dans mon corps, j’ai eu des troubles sévères, pris tous les virus qui passaient.
Lacan disait « Ça parle où ça fait mal ». Moi, j’ai somatisé à l’extrême en « pleurant » tout le sang  de mon sexe la nuit de l’hémorragie, par exemple.
Mais des larmes dans les yeux, non, presque pas.
A-t-il tort ou raison de m’annoncer cette « catastrophe » ? Je l’ignore. Le temps le dira.
 
J’agis beaucoup. Je suis dans l’action. Je m’y disperse même.
J’écris beaucoup aussi et de toutes les façons possibles.
Je lis énormément.
 
Je ne nie rien de ce qui m'arrive, je suis accablée mais je vis.
 
Depuis qu’il a prononcé ces mots, ma fébrilité d’être et de faire en viendrait presque à me faire peur.
Lui la trouve normale car, à son avis, tant que je n’en arrive pas aux larmes et au chagrin, c’est que je suis dans un « état de colère » et que la colère est active, elle.
 
Cette « colère » me paraît du jargon de psy. Je ne sais pas ce qu’il entend exactement par là.
Je n’ai pas le sentiment d’être en « colère » sinon peut-être pour ce que j’appelle « la suite de la fin » et ce silence total de M. parce qu’ils ont entraîné un fait inattendu : mon fils qui avait l’habitude de voir M. m’aimer et me couvrir de fleurs s’est mis à douter de moi, du « moi-femme », et à me faire des reproches.
Il se demande « ce que j’ai bien pu faire pour qu’[on] ne m’aime plus »…
 
Je m’aperçois aussi que je ne sais pas du tout en quoi consiste « faire le deuil » dans ce même jargon de psy.
J’ai connu et pleuré les deuils de mes grands-parents, celui de mon chat.
Cela s’est immédiatement exprimé en larmes, c’est vrai et d’ailleurs je ne peux pas dire que ces deuils soient terminés puisque ces êtres, je les pleure encore en toute occasion.
 
Mais « faire le deuil d’un amour », non, je ne sais pas.
Je ne sais pas le faire, simplement.
A vingt ans, lorsque E. et moi avons rompu, j’ai fait comme aujourd’hui, j’ai soigneusement évité de pleurer, pourrait-on dire, et me suis jetée à corps perdu dans l’ « agir ».
On pourrait presque penser que ma thèse fut le fruit de ce deuil.
 
L’histoire avec E. est tout de même un peu différente.
Si nous nous sommes quittés, ce fut pour beaucoup de ma faute.
J’avais beau l’aimer à la folie, je l’avais trompé trois fois cette année-là au nom de mes sacro-saintes « expériences sexuelles » et de ma liberté.
C’était dans le ton de l’époque.
Ce n’est pas que je me cherche des excuses mais quand j’avais vingt ans, oui, je (et les autres filles aussi) voyais/voyions souvent les choses ainsi.
 
Quant à E., je l’ai « embaumé » et ne le « vois » jamais que tel qu’il était jadis.
J’ai beau aller sur son site l’écouter quelquefois (E. est devenu un musicien célèbre dans son pays) et regarder ses photos, cela ne change rien.
Je l’ai embaumé et figé une fois pour toutes en ses vingt ans.
Que lui, qui avait une si belle crinière blonde et était mince comme un fil soit aujourd’hui chauve et ait pris de l’embonpoint ne fait pas bouger d’un pouce l’image que j’ai de lui dans ma tête.
L’image d’un très beau jeune homme de vingt ans.
 
Est-ce un bien, est-ce un mal ?
Je ne peux pas le dire puisque cette transformation de mon amour pour lui en nostalgie romantique m’est toujours apparue, au fil des ans, comme une richesse et une source d’inspiration.
Il faudra d’ailleurs que je publie un jour sur mon blog la série de poèmes qui raconte notre histoire et qui se nomme « Comme dans une comédie américaine ».
M. était tellement jaloux que chaque fois que j’ai évoqué ce désir, j’ai vu sa face se noircir.
Il aurait voulu - disait-il alors - qu’il n’y ait eu personne d’autre avant lui.
Pour en arriver où nous en sommes arrivés, ça valait bien la peine, tiens…
 
Alors, le psy qui joue les Cassandre…
Oui, bien sûr qu’il m’effraie malgré tout.
 
Surtout qu’en plus, je n’avais jamais osé lui avouer la dimension BDSM de cet amour-là, de mon amour pour M., et que, du coup, il ne connaît rien de ces notions qui m’ont portée durant ces sept ans et plus, celles de l’abandon total à l’autre, du sentiment d’être attachée pour l’éternité, du fait que l’homme dont je parle n’était pas seulement pour moi « l’homme de ma vie » mais aussi - dans ce cadre BDSM - mon « Elu » et mon « Guide »…
Ça en fait de sacrés non-dits au bout du compte…
 
J’espère seulement qu’il se trompe, le psy.
Je n’ai aucune envie de m’effondrer et de devenir un seau ou des torrents de larmes.
En plus, ce serait la dernière chose qu’il faudrait qu’il arrive pour [mon fils]…
 
Mais ma peur, c’est cette somatisation en fait.
J’ai peur, oui, terriblement peur de sortir un cancer de cette histoire-là.
C’est dans les probabilités de mon âge, je fume trop (et en ce moment, côté tabac, je dépasse réellement la mesure mais ça m’aide infiniment) etc.
 
Je ne voudrais pas payer de ma vie des larmes qui ne sortent pas,
Là, ce serait bien pire encore pour le petit…
J’aimerais savoir maintenant comment vraiment « prendre soin de moi ».
 
 
 
 
 
 
 

 

vendredi 22 janvier à 01h55 par AURORA | # | 16 commentaires

smiley : envelope BDSM Réflexion: De la « bien-pensance »…

 

BDSM Offrande.

Photo « venue » du Web.

 
 
Le BDSM, c’est tout - ou tout au moins ce devrait être tout - sinon la bien-pensance.
 
 
 
Comme tous/toutes les autres ?
Ah ! Non jamais !
 
La normalité nous détruit.
Le formalisme nous empêche de voir qui nous sommes vraiment, ne nous permet pas de connaître ce que de positif et d’extraordinaire nous pourrions rencontrer si nous acceptions d’ôter la carapace de bien-pensance dans laquelle nous avons admis d’être enfermé/es depuis si longtemps…
C’est la bien-pensance qui nous anéantit.
Hélas, la plupart des fois, nous avons été les premiers à l’autoriser à poser son joug sur nous.
 
Normalité, dit-on si souvent…
Moralisme, oui !
Mot détestable, condition de moutons dans laquelle l’on finit toujours par se noyer.
Couverture poussiéreuse que nous tirons au-dessus de nos têtes pour ne pas voir ce qui est au-delà.
Et c’est au-delà pourtant que se trouvent les merveilles du monde, de la vie, les splendeurs de L’Eros et ses terribles fièvres.
 
Laissons tomber les masques, les protections, l’autodéfense devant la vie qui va…
Accueillons la recherche - et le trouver - de nos propres émotions, celles qui sont bien ancrées, bien enracinées, dans notre part d’ombre qui est, paradoxalement, notre part de clarté.
 
Lâchons la bride à nos sensations qui ne sont d’aucune ère, ni d’aucun temps mais qui, recouvertes sous le voile ou bien la patine, sont présentes depuis notre premier cri et chantent  leur force.
 
Erotisme, désir, luxure, jouissance, plaisir. Tous les mots qu’il n’est pas bien séant de dire…
Ces mots qui riment avec « liberté » quand nous les conjuguons ainsi, dans notre « mode » particulier.
Ces actes dont nous concédons sans nous battre que l’on nous vole et les syllabes et le temps.
 
Et c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas ce temps de pousser que néanmoins, telles les herbes folles, ils grandissent en cachette, passagers clandestins en nous-mêmes et fleurissent enfin, donnant les plus belles et les plus vivaces des fleurs.
 
Des fleurs sauvages. Des fleurs de sauvagerie.
Des fleurs d’amour aussi…     
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
jeudi 21 janvier à 05h47 par AURORA | # | 14 commentaires

smiley : envelope BDSM Desseins (2 et Fin): Résilles résillées (ou La beauté des soumises).

 

BDSM Man Ray Résille Résillée.

Photographie © Man Ray.

 
 
Si cette photographie de Man Ray illustre parfaitement mon propos de cette nuit, elle n’a aucune connotation BDSM.
Cependant, celui-ci, en d’autres occasions, ne s’est jamais privé d’accumuler les œuvres qui
chantent et enchantent cette sexualité à part.
J’ai, quant à moi, largement répercuté ici l’image de ses travaux en ce sens sur diverses notes.
Voici donc répertoriées les images d’un Man Ray tout acquis à la représentation BDSM : , , , , , et encore .
Si donner tous ces « clics » peut paraître quelque peu fastidieux, je vous invite cependant à le faire, au nom de l’immense artiste protéiforme que fut Man Ray…
 
 
 
 
J’ai toujours trouvé aux soumises (à toutes les soumises, quels que soient leur nationalité, la couleur de leur peau, leurs formes ou leur âge) une étrange beauté, une beauté particulière qui fascine, faite de calme, de sérénité et d’un je ne sais quoi de fier, presque impalpable mais bien présent pourtant.
La beauté des soumises et celle de l’apaisement, celle de la femme qui s’est trouvée.
Ce n’est pas faire injure aux autres femmes qui ont, elles, une beauté différente que d’évoquer ici cette splendeur tranquille qui émane des femmes soumises.
 
Cette beauté est celle du don, de l’abandon, celle de ce tout petit fait - mais si grand en lui-même - qu’elles aient délibérément voulu ne plus s’appartenir mais devenir  la « propriété » d’un « Elu ».
Elles se sont offertes mais pas uniquement, c'est bien plus puissant que ça : de tout leur être, elles se sont « confiées ».
Comme dégagées de la pesanteur, il y a constamment en elles une légèreté et une harmonie impossibles à confondre.
 
Leur regard est doux et profond, leur sourire est tendre et presque imperceptible, leurs membres sont déliés et bougent souplement, leurs gestes sont empreints d’une noblesse conquise au fil du temps, dans le secret de leur inclination à l’amour et à l’obéissance.
Danseuses sur le fil, funambules de la passion, marionnettes vivantes de la vie qu’elles veulent bien qu’on leur insuffle, ce sont des femmes qui ont choisi leur destin.
Librement.
 
Elles ont les parures de leur « rang » et celles-ci peuvent être infinies.
De celles qui portent tous les signaux de leur « condition » en matières connues comme le cuir ou le vinyle à celles qui se vêtent sobrement de noir pur, on pourrait - si l’on était suffisamment attentif - les reconnaître dans les rues quand elles vont, timides ou glorieuses, humbles ou orgueilleuses, seules ou accompagnées.   
Elles marchent dans leurs bas à couture ou bien encore résille.
Résilles résillées et non résilles résignées.
 
Leurs mains sont lisses et sempiternellement (é)mouvantes d’avoir tellement caressé mais aussi d’avoir tant et tant serré les poings dans le plaisir de la douleur.
Ce sont des mains de fées et de « Petite Marchande d’Allumettes » ou encore des mains de « Petite Sirène ».
Mais dans le même instant, elles ont la poigne féroce pour se défendre sans trêve de tout (tous) ce(eux) qui ne serai(en)t pas le destinataire et de leur amour et de leurs tourments.
Soumise d’un mais jamais de plusieurs.
Là est tout leur prix et toute leur valeur. Dans leur constance et leur fidélité.
Elles le savent.
Et c’est cela qui les rend belles.
D'être tout simplement des femmes « vraies », des femmes dans leur vérité.
 
Même leur voix a un quelque chose de singulier, d’un peu grave dans la tessiture : elles savent si souvent se taire pour être attentives, pour lâcher prise, que lorsqu’elles parlent, leur registre surprend et c’est avec étonnement que les non-initiés qui les entendent perçoivent en celui-ci la sonorité de voix de femmes chez lesquelles on découvre une très grande force.
De cœur, d’âme et de corps.
 
Une soumise peut être soudainement dépourvue de son collier d’appartenance et d’amour, son pacte peut avoir été brutalement résilié, elle peut devenir la « départie », l’« éconduite » (comme me le faisait « aimablement » remarquer un commentateur de ma précédente note), elle ne perdra rien de cette beauté qui n’est qu’à elle.
 
Je passe mes doigts autour de mon visage, je scrute mon regard : il est celui de tous mes temps.
Je descends ma main le long de mes jambes. Ma résille crisse un peu.
 
Chant de grillon.
Attente d’une autre chanson…
 
 
 
 
 
 
 
 
mercredi 20 janvier à 03h40 par AURORA | # | 3 commentaires

smiley : envelope BDSM Desseins (1): Fractales Fragmentées.

 

BDSM Jambes Bas Résille en forme de fractales.

 

Le BDSM peut se lire et se voir partout…

 
 
Il y a toujours un fil qui conduit
Et une trame à respecter,
Un motif qui se se déroule à l’infini
Un soi-même à ne pas renier.
 
Et il n’y a jamais d’oubli
Pas plus que de regrets
Des gestes qu’on avait appris,
Des signes qui nous ont pénétrés.
 
Dans ces dentelles de la nuit,
Les ombres disent des secrets:
Une intime géométrie
Que quelqu’un devra deviner,
 
Que quelqu’un qui aura compris
Devra s’astreindre à maîtriser
Tandis que celle qui écrit
Tiendra alors les yeux baissés…
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
mardi 19 janvier à 03h44 par AURORA | # | 10 commentaires

smiley : envelope BDSM Symphonie: Insomnia…

 

BDSM Le Livre.

Photo « venue » du Web.

 
 
 
Je pourrais ici vous parler d’Haïti mais je n’ai pas les mots.
Tout d’abord mon blog reste avant tout un blog BDSM et je n’ai plus le temps d’entretenir l’autre que je possède.
Et puis, dire quoi ?
Ce qu’il faut maintenant c’est faire…
Je ne puis donc que vous inciter à faire comme je fais moi de mon côté. Pour ma part, j’ai choisi de donner le plus possible en urgence à l’Unicef mais il est encore bien d’autres organismes qui méritent que vous alliez vers eux…
 
 
 
 
Insomniaque.
Je me distrais en percevant la géométrie de cette obscurité où je procède.
 
Mon éveil à cette heure se nomme instinct, l’imperceptible son de mes pas dans la maison vibration sur une caisse claire mise en sourdine par l’atténuateur de la brume nocturne qui envahit tout, le jardin, les pins alentour, jusqu’à ma chambre même.
 
Quelqu’un pourtant marche dans ma quiétude et mon recueillement.
Pour celui-là dont j’ignore encore la forme qu’il prendra, le visage qu’il aura, je rassemble tous mes échos.
Je réunis mes lèvres sur la paume de ma main et je les lui offre.
Don total. Absolu.
Pour qu’il sente dans mes non-dits, la floraison de mes soifs inextinguibles d’appartenance.
 
Cette nuit, je suis silence. Et carrefour de moi.
Tout ce qui m’entoure est muet, comme si les objets aussi voulaient m’aider à lire.
A me lire.
 
Lire le désir qui contracte mon ventre. Pour qui ? Pour quoi ?
Que suis-je donc ?
 
Je suis une envie qui s’insinue, lente et discrète, simple comme l’est chaque chose qui est vraie et vivante, je suis le sang qui pulse, qui se mêle, qui brûle et court, qui divague sous l’épiderme, le sang qui bat aux petites veines de mes poignets, je suis une caresse lascive sur ma peau, la mienne et seulement la mienne…
Je suis l’attente du partage et du plaisir, des menottes qui signent la reddition parfaite…
 
Corps et essence. Chair et pensée.
Sang et silence. Vie obsédée, vie obsédante…
 
Je suis une complication facile.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
lundi 18 janvier à 04h32 par AURORA | # | 9 commentaires

smiley : envelope BDSM et Art: La photographie de Ian Gothier.

 

BDSM Pratiques Photographie de Ian Gothier: Fessée et Corset.

BDSM Pratiques Photographie de Ian Gothier: La Cage.

BDSM Pratiques Photographie de Ian Gothier: Bondage et Kimono.

BDSM Pratiques Photographie de Ian Gothier: Shibari.

Toutes les photographies © Ian Gothier.

 
 
Ian Gothier est un photographe professionnel qui n’a plus rien à prouver : dans de nombreux pays d’Europe où il a vécu, il a déjà montré son talent dans le monde de la photographie de mode et celui de la publicité.
 
Depuis quelque temps, il réside à Rome et a choisi l’Italie pour patrie.
C’est ma dernière « découverte » artistique mais aussi une très belle émotion esthétique et sensuelle qui me touche de très prêt car désormais Ian Gothier, sur son site, à travers son projet « Sens secrets » nous dévoile que le BDSM est au centre de son actuelle inspiration…
 
Celui qui ne veut pas être considéré comme un artiste car il pense que l’on ne devient artiste que lorsque l’on est reconnu de tous mais reconnu pour ce que l’on crée, qui ne peut alors qu'être « transversal et compréhensible de chacun ».
 
Combien lui faudra-t-il attendre pour que son travail qu’il définit comme « révéler la beauté de quiconque, donner un sens à ses rêves les plus secrets, trouver des personnes prêtes à se mettre « à nu » pour unir leur image et leurs actes les plus intimes avec [ses] photographies, chercher la force transgressive qui est en chacun pour en faire le vrai sujet d’un cliché. » soit réellement « compris » de tous comme il le désire ?
 
Pour ma part, il y a des semaines que je suis conquise.
J’aime ses couleurs, ses cadrages, sa simplicité, son dépouillement de tout artifice mais surtout, par l’entremise de sa photographie,  sa façon de savoir « dire » le BDSM sans mot aucun…
 
Ici, figurent ce soir quelques-unes de ses œuvres que je n’ai pas choisies par hasard mais parce qu’elles correspondent à mes propres (ex mais j’espère aussi futures) pratiques BDSM : une fessée et un corset « à même la peau », la sérénité de la cage, les prémices d’un bondage en kimono et corde noire et enfin la splendeur « naturelle » d’un shibari…
 
J’offre à votre plaisir des yeux ces « échantillons » tout personnels en ce dimanche et vous invite à aller découvrir ici, sur sa page Web, le tourbillon des créations de Ian Gothier.
 
A votre tour de rêver sur ses fantaisies érotiques et de faire votre propre sélection d’aspirations et de désirs et - pourquoi pas - de les mettre en œuvre dès à présent ?
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
dimanche 17 janvier à 04h46 par AURORA | # | 2 commentaires
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