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M COMME MISERE ...

 

Pour avoir ici posé la question « Et quand c’est elles qui s’en vont ? » et par opposition au « Miracle » d’hier, je voudrais maintenant parler de la « Misère » et raconter la fois où moi, je me suis « en allée ».

 

Il y a eu un temps où moi aussi, j’ai cru aux fadaises ambiantes et où j’ai respecté le nom de « Maître » que quelqu’un s’était donné de lui-même.

 

Celui qui est concerné ne me lira pas.

Il y a des années que je ne l’ai plus vu mais rien ne me laisse à penser que ses habitudes aient changé tant elles étaient solidement ancrées en lui.

Il passait tout le temps que son travail lui permettait ( et il lui en permettait ) à être sur la Toile à la recherche de sites BDSM. Il collectionnait les images ou se connectait à des messageries et à un chat. Les images continuent de foisonner : il doit toujours les enregistrer consciencieusement. Les chats et les messageries sont nombreux : il doit toujours y passer ses après-midis.

Pour arriver ici, je l’ai expliqué, il faudrait taper non « BDSM » mais « blog BDSM ».

Qu’en aurait-il à faire d’un blog BDSM, lui que je ne vis jamais lire un seul texte, un seul forum ? La parole ne l’intéressait pas, pas plus que la réflexion : seulement les images et la « chasse ». Et même si le hasard l’amenait ici, je suis sûre qu’il ne se reconnaîtrait pas.

 

Cet été là, notre dernier à lui et moi, j’avais acquis la conviction qu’il me trompait sans cesse. Il m’avait fait créer des pseudos sur un site afin que je recherche au travers d’eux des hommes dominants que je devais « draguer », des couples aussi et des hommes soumis puisqu’il voulait non seulement que nous ayons des comparses mais aussi me voir dominer.

Moi, je ne voulais rien de tout cela. Je ne suis ni « plurielle », ni « bi » et n’ai pas la moindre once de domina en moi.

Il inspectait mes conversations « chattesques » et râlait contre ma mauvaise grâce à faire ce qu’il me demandait. C’est vrai que je me défilais sous chacun des profils que j’avais sous ses « ordres ».

Et que j’en créais d’autres, bien à moi, sans le lui dire. C’est là que je ne fus plus dupe de quoi que ce soit puisque sous des pseudos qu’il était censé ne pas avoir lui non plus, il venait me chercher, me proposer « la botte ». Trois fois, je rompis en lui disant que c’était moi. Trois fois nous nous réconciliâmes.

 

Je partis en vacances, loin de tout ordi et puis, à l’occasion d’une otite de mon fils, je restai seule avec lui afin de le soigner pendant deux jours dans une maison désertée par les amis qui nous hébergeaient. De leur PC, je me fis un nouveau pseudo : il me contacta le soir même.

 

J’aimais cet homme, du moins étais-je persuadée de l’aimer ou en tout cas avais-je alors la nécessité vitale de me dire « j’aime quelqu’un » même en sachant inconsciemment que c’était un marché de dupes. Je savais qu’il ne m’aimait pas mais j’espérais depuis un peu plus de deux ans que les choses changent. Je sais aujourd’hui que c’était impossible : il ne pouvait aimer que lui-même.

J’ai donc rompu une fois encore puis, rentrée chez moi, j’ai néanmoins accepté de passer une soirée avec lui. Soirée qui rentrait dans le calendrier qu’il avait établi lors de notre premier contact : il ne fallait se voir qu’une fois par mois. Soirée pour une fois et non après-midi car sa madame était en vacances. Il disait qu’il voulait faire de cette rencontre une pierre de renouveau pour nous. Vous allez voir comment.

 

Elle est parfaitement gravée dans ma mémoire, cette soirée-là. Nous avons dîné, nous sommes rendus sur son lieu de travail, vide à cette heure de la nuit, et dès que nous y sommes arrivés, il a allumé le PC, se connectant à la fois sur le chat et sur deux messageries.

Puis il a commencé à « jouer » avec moi, s’interrompant quasiment toutes les cinq minutes pour vérifier l’état de sa « grosse voiture » garée sur un parking désert mais visible de la fenêtre et raviver ses trois connections en cours en les commentant, furieux qu’il n’y ait personne d’intéressant « pour nous » en ligne.

On comprendra qu’à moins, il y aurait eu de quoi ne pas être très excitée. J’ai donc opposé une totale passivité, une absence physique, mentale comme je ne m’en serais jamais crue capable.

Il a mis quelques bonnes minutes à s’en rendre compte. Alors, il a envoyé rageusement au fond d’un tiroir les trois, quatre instruments qu’il avait sortis et est retourné pianoter.

 

J’ai remis ma robe puis je l’ai soulevée et m’allongeant sur le tapis, je me suis donné du plaisir toute seule, de la façon la plus facile : en m’abstrayant, le bras gauche sur mes yeux et en me racontant une histoire. Il a voulu m’en empêcher, je lui ai dit que je prenais mon du.

Il faut imaginer ensuite le silence entre nous tandis qu’il me raccompagnait chez moi.

 

Mais la rupture ne s’est encore pas consommée ce soir-là.

Nous nous sommes revus une dernière fois pour déjeuner un mois après. Simplement déjeuner. Et nous nous sommes fixés un autre rendez-vous pour parler. Il n’a pas eu lieu.

Nous sommes alors entrés dans une morte saison, d’empêchements en empêchements. Ce n’est que six mois plus tard que je lui ai écrit une lettre finale.

Il me disait toujours que je pouvais avoir tous les amants que je voulais mais qu’après lui, je me ficherais en l’air si j’avais une autre relation BDSM.

Me croira-t-on si je dis qu’alors que j’avais déjà rencontré M., même dans cette ultime lettre où je reconnais pourtant avoir été insultante, je n’ai pas eu le courage de le lui dire ?

 

J’ai été une fois dans ma vie aussi crédule, aussi bêtement empêtrée dans cette notion de soumission creuse que celles que je mets en garde ici.

Il me paraissait tout à coup important de le dire.

 

 

 

 

 

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