J’ai fini par baisser et mes yeux et mon front. Le temps était venu du total abandon.

Tu peux me prendre en poids par ces cordes en roue libre, m’attirer où Tu veux, je viendrai sans façons. Mais c’est bien trop facile. Ainsi placée, mes liens sont par trop relâchés, j’aurai l’air de tricher. Mais je ne le veux pas.

 

Je relève la tête : j’augmente la tension. Le noir sautoir de corde qui réunit mon cou et mes cuisses se tend. C’est tout mon être alors qui éprouve son joug. Mais c’est ce que je  cherche, ces pièges qui se nouent, ces chausse-trappes infimes me mettant à l’épreuve.

Et mes mains, là derrière, ne cessent de parler tant elles s’ankylosent me forçant à veiller, à ne point me noyer dans ce sommeil qui monte et qui viendrait peut-être si, me faisant statue, je restais immobile. Mais je ne le veux pas.

 

J’ai besoin d’être proie et de voir Ton regard en tirer Sa fierté.

Le jeu est bien subtil, prend la tête et le corps. C’est ce que j’aime plus que tout et Tu le sais.

 

Te laisser décider de la fin du défi. Du moment où enfin, Tu délaceras tout. Et tandis qu’il fait jour et que du dehors montent les bruits bien familiers des travaux de l’aurore, Tu nous accorderas le repos désiré…

 

(A suivre )