J’aurai eu bien raison de les laisser pousser, contre l’avis de tous, à part le Tien peut-être…

Cela a mis 18 mois mais maintenant je peux les déplacer ainsi, sur le côté de mon épaule et ils commencent à être assez longs pour paraître plus lisses.

Si je pouvais avoir les yeux bridés ! Combien je me voudrais japonaise quand Tu m’encordes ainsi…

Des photos pour en garder la trace, bien à nous, parce que rien n’est aussi fugitif, évanescent que l’amour, que l’acte d’amour, qu’un acte d’amour.

 

Parce que c’est ce que je préfère, parce que ce sont eux que Tu m’as appris dès notre première fois, les liens sont devenus un moment indispensable de nos cérémonies païennes, de nos fêtes amoureuses. 

Tes cordes se sont emparées de moi, m’ont prise dans leur toile alors que le milieu de la nuit était déjà signé au cadran de l’horloge.

C’était comme les feux d’artifices, notre bouquet final. Qui n’en finit pas. C’est long ce tissage, long pour atteindre cette approche de symétrie.

Tu fais simple pourtant cette fois : du basique, pas de sophistication. Juste le minimum pour emprisonner Ton papillon et qu’il reste ainsi en Ton pouvoir quelques heures, jusqu’à ce que l’aube pointe, passant un peu de fard bleu sur les murs au travers des volets.

Le temps de me sentir possédée, le temps que mes membres commencent à fourmiller et que tout de moi devienne si lourd, lourd comme la chaleur qui pèse encore -ou déjà- au dehors, lourd au point que même mes cheveux me tirent vers la gauche inexorablement.

 

Une sorte d’hypnose, une mélopée magique qui sourd de partout. J’oublie le décor. Je voyage. Au Japon ?

Je suis charmée comme par un filtre magique. Mes doigts picotent dans mon dos…

 

 

( A suivre)