Photo JR Blackwell

 

Libé qui décidément fait fort avec son cahier d’Eros, euh… non, d’été, « livre » aujourd’hui un passionnant « Pied de nez » consacré au dernier lieu qui soit le royaume des odeurs vives dans notre société aseptisée et en voie de purification tout terrain : le lit.

Allez vite vous procurer ce numéro s'il en est encore temps, ne serait-ce que pour y lire un merveilleux extrait du « Tropique du Capricorne » de Miller ou découvrir ce témoignage d’un homme atteint d’agneusie qui depuis qu’il a perdu l’odorat en a aussi perdu une partie de sa sexualité.

 

Pour moi, je veux ici ce soir lancer une ode non seulement aux fragrances des corps mais aussi  à celles du cuir, des cordes et du métal et, bien sûr, à elles toutes mélangées dans un charivari à rendre ivre...

Subtilité de celle du chanvre qui court sur une peau déjà échauffée par la vigueur d’une fessée, sécheresse de celle du métal qui d’un seul coup s’active au contact de mon bras replié et me secoue comme une brise qui fait frissonner, élan fauve de celle de ce cuir ou de ce daim qui emplit la pièce (ô, le parfum qui émane des peaux fouettées…) et qui persiste ensuite des heures sur mon épiderme mêlée à celles de mes fluides, sécrétions, salive, sueurs, plus forts ce soir en notre cérémonie de mon sang qui pulse et aux Tiennes aussi, tout pareillement plus affirmées, ainsi qu’ à quelques effluves restantes des parfums qui nous servaient d’atours dans la journée.

 

L’amour BDSM a ses essences à lui.

Essences naturelles, flacon de nuit.

Eau de vie.