Photo Eden Wells

 

 

Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui au cours de ce mois de juillet, en mon absence, par leurs posts sur telle ou telle note ont contribué à continuer à faire vivre ce blog.

Tant d’opinions échangées dont je n’ai pris connaissance qu’aujourd’hui. Même si je ne les commente pas pour ne point faire du " réchauffé ", je suis très heureuse et fière que ce lieu soit grâce à vous toutes et tous un espace de libre parole.

 

L’été, l’été en famille qui plus est, c’est la saison des fêtes foraines, et même du Luna Park si l’on a la chance d’en trouver un alentour.

J’ai transmis à mon fils ce goût immodéré pour les lumières et les flonflons.

Enfant, j’étais casse-cou. Toute gringalette encore, je faisais ma loi sur les auto-tamponneuses.

Un peu plus tard, de 14 à 20 ans, c’est vers les attractions les plus osées que je portai mon intérêt : la Grand Roue tout d’abord mais aussi les nacelles individuelles qui tournoyaient à toute allure au-dessus du vide. Puis, lorsqu’elles se mirent à apparaître, vers ces machines de sauts de voltige qui ressemblaient tant à ces exploits à l’élastique que la télévision commençait à transmettre.

Il fallait que le mineur (la mineure) soit accompagné(e) d’un adulte pour qu’il lui soit permis de prendre son vol de petit oiseau : on nous revêtait d’un gilet très rembourré, on nous liait l’un à l’autre et la plate-forme pouvait commencer sa lente et angoissante ascension vers le point culminant d’où, pour une minute ou deux, nous allions être projetés en balancier supersonique et dominer toute la fête dans un ouragan de sensations folles et enivrantes avant de reprendre pied à terre quelques instants plus tard, heureux du défi relevé.

Ces machines n’ont cessé de se perfectionner, certaines d’entre elles aujourd’hui sont carrément un exploit sportif de haute qualité. J’ai aimé les regarder ces jours derniers (il y a bien longtemps que j’ai perdu l’habitude de m’envoler ainsi).

Mais à les fixer et à me souvenir, j’ai senti que c’était d’elles que me vient aujourd’hui mon attirance pour mes chères suspensions érotiques.

C’est quasiment le même scénario qui s’y déroule : le goût raisonné du danger, la décharge d’adrénaline en toute sécurité.

L’adulte, s’il n’est plus à vos côtés, est bien présent encore, rassurant, dans l’homme en qui l’on remet toute sa confiance et qui orchestre les attaches et les mouvements imposés de nos corps et de nos esprits : même défi, mêmes contraintes…

Plus de vêtement de protection mais un corps nu, savamment lié pour lequel toutes les mesures que permettent les lois de la physique sont prises : aucune fixation hasardeuse, de vrais cordages, de vraies poulies et de vrais nœuds. Un calcul sans possibilité d’erreur des forces et des poussées pour que l’oiseau grandi puisse à nouveau planer dans le vide intersidéral, sa tête vide des pensées qui polluent, sa tête pleine d’ivresse et de bonheur…

Papillon amoureux dans sa balancelle, osant prendre grâce à Ta bienveillance le risque calculé qui me rend si proche de la jeune fille d’antan et de ses toutes premières sensations de liberté totale, de maîtresse du monde et surtout d’elle-même.