Photo Charles Jeandel - Musée d'Orsay -

 

 

Une ombre d’ordre littéraire avait plané sur juillet pour moi , large comme le feuillage d’un « Acacia ». Je veux parler ici de la disparition de l’immense écrivain Claude Simon.

 

Et puis, aujourd’hui, jour de mon retour sur U-blog, c’est aussi l’anniversaire de Falo.

Falo dont je découvre à quelques messages qu’il a laissés dans mes commentaires et à un simple clic qui n’amène plus sur rien que cette fois-ci, il a pour de bon abandonné son blog sans même y laisser une image, une explication.

Je n’ai pas de mail où le joindre puisqu’il a changé de FAI.

Ce vide à la place de ses photos que j’aimais, que j’aime, me laisse perplexe et en tout cas, triste, triste...

 

 U-blog tend à devenir de plus en plus désert.

Où est le temps de la belle aventure de pionniers qui nous fut commune à quelques-uns ?

 

 Me voici donc de retour, genre Bardot de l’époque « Coquillages et crustacés », c’est à dire que mon temps de vacances est proprement terminé (même s’il aura encore quelques sursauts plus courts et différemment orientés).

Je veux parler de la fin pour moi de la période sauvage des plages, celle dont aucune photo ne paraîtra ici : elles n’auraient rien à y faire, c’est du familial pur jus.

 

Ayant donc délaissé durant trois semaines de façon active les autoroutes de la communication BDSM, ce sont elles qui ne m’ont pas lâchée !

Tout a commencé le jour même de mon départ lorsque le magazine « Elle » (encore lui !) qui gâte une fois l’an ses lectrices en juillet avec quatre nouvelles inédites en « cadeau » a commencé par un délicieux texte d’Alexandra Lapierre « Les menottes et le radiateur ».

Clin d’oeil bien sûr, ce minuscule opus n’ayant rien de SM en fait à part son titre, il m’a cependant beaucoup donné à sourire : italien en diable et en diableries, frais comme un gelato al limone, léger mais fort comme un tiramisù, cette fable démontre qu’en libertinage les roueries des hommes valent exactement le poids de celles des femmes.

Il n’est peut-être pas encore trop tard pour vous le recommander : nous avons toutes une vieille copine qui achète « Elle » mais qui ne lit pas ces machins en rab ! 

Et puis, la télé s’y est mise qui a rediffusé les « Angélique » : j’ai souvent écrit que ce sont les deux derniers épisodes de cette série qui éveillèrent ma vocation d’à peine pubère il y a bien des ans de cela....

Un dernier rendez-vous pour ce jeudi à venir donc.

 

Pour finir, la cerise sur le gâteau ne m’est pas venue de la polémique avignonnaise : trop de corps et pas assez de textes dans le « in » ? Bah ! Il y avait le « off » et tous les mots de Caubère, non ? Et depuis qu’il n’y a plus de scandales à Cannes, il fallait bien qu’un jour on les retrouve quelque part : l’art ne va pas sans eux.

 

Non, ma cerise à moi, je l’ai trouvée vendredi dans Libé (encore lui !) .

Libé, cet été, fait sexe et Sexe A part ( Pardon pour ce jeu de mots que seuls très peu d’entre vous comprendront : U-blog, toujours U-blog et son Antiquité... )

Et voilà que ce vendredi 22 juillet, Libération s’intéresse au bondage.

Mieux encore, au bondage à la française et non pas à celui d’aujourd’hui mais à celui d’hier « vu par » un austère notable de Charente, Charles Jeandel, qui pratiquait la peinture pompeuse en amateur (son oeuvre maîtresse trône dans un coin de la mairie d’Angoulême) mais aussi la photo et plus particulièrement le cyanotype, image d’un bleu sombre pour laquelle je présente toutes mes excuses de n’avoir à montrer que ce mauvais scan en noir et blanc, honteusement « piqué » dans Libération.

 

Photographe portraitiste, paysagiste, son « album » fait partie des collections du Musée d’Orsay (il semble après une brève recherche googléienne que l’on puisse se procurer chez eux une revue de 2003 consacrée à une étude de la collection Jeandel).

On y trouve, paraît-il, à côté de l’habituel nanan une centaine de clichés plus « intimes » et bien irrévérencieux pour l’époque (il vécut de 1859 à 1942) : des femmes en pleine nudité, attachées, bâillonnées, quelquefois flagellées.

Un rapprochement entre ces photos et les autres montre, à la frange frisée qu’elle avait et à ses bracelets, que l’un de ses modèles les plus fidèles fut son épouse, ce qui permet à Libé de faire une sous-partie au titre adorable : « Soumise comblée ».

Pour le reste, les autres dames, le chemin qui amena l’album à Orsay, le mystère demeure.

Il fait rêver et c’est bien de cela dont j’ai besoin ce soir!

 

Et puis, je l’aime cette Madeleine qui devait avoir des allures de dame respectable et qui connaissait dans l’ombre le côté bleu profond et non noir de l’amour.

Je m’avance peut-être beaucoup en disant que j’ai une petite nostalgie de ce SM-là, tant on en sait peu mais disons qu’à l’intuition féminine, j’ai le sentiment que j’aurais pu m’entendre avec cette femme.

Pas jusqu’à aller poser pour son auguste époux, non, mais celui-ci aurait peut-être pu apprendre à mon Amour à manier le bleu artistique !

 

Ah ! Madeleine Jeandel ! Parfaite Vénus callipyge qui se moquait bien de ce que Libération nomme l’esthétique SM (ndlr : mais pas seulement) actuelle et qui offrait ses rondeurs ficelées et striées à l’objectif matrimonial.

De quoi faire honte à toutes les dadames de 2005 qui ne quittent pas le paréo de la journée sur les plages de peur qu’on ne voit une cuisse imparfaite pointer ses créneaux bosselés !

 

PS : A part ça, un vrai grand moment que celui de dépouiller mes mails : deux offres de candidatures déjà anciennes de lecteurs "illettrés" ( ceux qui me lisent sans me lire ) auxquelles M. s'est fait un plaisir de répondre "perso" et une encore pire dans la même série datant de jeudi dernier .

Allez, je vous la livre :

 

« Aurora bonjour tu es vraiment une sweet submission?? alors j'ai envie 
de te connaitre!!!
Viens et ne discute pas, présente toi nu sur un email. »
Bien, cher ami. J'accède à votre premier désir : je ne discute pas
avec vous, je vous publie ici. Pour ce qui est du second, je me 
présenterai "nu sur un email" lorsque j'aurai changé de sexe, 
ce qui n'est pas demain la veille.
A l'impossible, nul(le) n'est tenu(e)... Même petite!