Demain sera un autre jour…

 

C’est comme ça parfois. Il y a les soirs de coup de blues…

 

La bonne vivianedomina maîtresse dans l’art du money slavery ( je mets ici ses mots-clés pour la prendre à son propre piège : elle sera ainsi référencée et bien référencée par ce blog et les propos qu'elle y a tenus! ) avait commencé par m’agacer prodigieusement hier ( et d’ailleurs elle remet ça ce soir toujours sur la même note et toujours avec les mêmes arguments oiseux )...

 

L’annonce en provenance d’une liste MSN que notre ami « Les Marques » a recopiée ici, elle, me donne envie de vomir.

C’est aussi bête que ça.

Vous pouvez tous la lire puisqu’elle est dans le fil de commentaires de la fameuse note du 24 juin ( Pauvre Gwendoline ! )…

J' ai passé une partie de la journée à croire y voir un canular, pensant que la canicule avait échaudé un esprit, lui dictant une version avinée de « La Ferme Célébrités-version soumises ».

Et bien non ! Je suis allée sur ces fameuses listes MSN où nous ne nous étions pas rendus depuis des mois et le projet existe bel et bien, tangible, concret, avec même des personnes partantes pour cotiser.

 

Ce n’est certes pas la première fois que j’ai vent d’une chose de ce type : il y avait eu le  coach parisien de cet automne puis ce couple qui s’offrait sur un forum pour ouvrir une « école de remise en formeS ( j’insiste toujours sur le pluriel ) de soumises » mais le coach a disparu dans la nature après quelques articles vipérins sur son compte et le couple n’a pas renouvelé sa proposition devant le manque de candidatures.

 

Mais cette fois, ce domaine prévu avec ventes réelles de soumises, prêts de soumises, stalles pour les ponys, bauges pour les truies, chenil pour les chiennes, j’en ai vraiment des hauts le cœur…

C’est quoi ? C’est le Roissy d’ « Histoire d’O » revisité ménagerie parce que c’est vraiment la dernière mode, que les pseudos de femmes soumises « chienne-machin » ou « chienne-truc » pullulent, c’est vrai, sur le Net ?

On notera d’ailleurs que ce zoo ne serait ouvert que pour traiter des femmes. Les soumis sont hors-sujet, eux.

C’est vrai qu’ils ont vivianedomina maîtresse en financial domination, eux … ( et de deux !)

 

C’est la première fois ce soir que j’en arrive à me poser ici la question du consentement éclairé.

Parce que, j’en suis sûre, on va me répondre que des femmes veulent de leur plein gré séjourner dans  ces lieux, faire des stages de dressage animal intensifs, être confiées à des maîtres durs et d’expérience etc. etc.

Mais à partir de quel point le désir d’avilissement ne devient-il pas l’expression d’une pathologie ?

Et dans ce cas, celui qui l’autorise, l’exécute ( ou en profite ), est-il encore dans la bienveillance ? Ou même dans la neutralité ?

 

De toute manière, présenté tel qu’il est à l’heure actuelle, ce projet de domaine privé SM est tout à fait dans l’illégalité. Mais il y en a qui ne s’y arrêtent pas.

 

Voici un lien avec une histoire jugée à St Etienne en avril de cette année. Vous comprendrez mieux :

 

http://fr.news.yahoo.com/050413/5/4d10e.html

 

 

Je ne voulais pas en parler lors du jugement  car partir de cet épiphénomène en aurait amenés beaucoup à d’hâtives conclusions sur « nous ».

Et pourtant dans ce « nous », il y a tellement de gens, de choses qui me sidèrent chaque jour.

 

Je me demande si nous ne sommes pas définitivement victimes de ce fantasme récurrent de l’ « Histoire d’O » dont les dernières lignes m’ont toujours laissée perplexe :

 

« Dans un dernier chapitre, qui a été supprimé, O. retournait à Roissy où Sir Stephen l’abandonnait.

Il existe une seconde fin à Histoire d’O. C’est que se voyant sur le point d’être quittée par Sir Stephen, elle préféra mourir. Il y consentit. »

 

On comprendra que les deux fins qui débouchent sur l’abandon sont déjà inquiétantes.

Qu’O. veuille mourir est d’une logique tout à fait littéraire et romanesque classique.

Mais c’est ce « Il y consentit » que je n’ai jamais pu digérer.

 

Parce que dans cette phrase réside précisément toute la question de ce fameux « consentement éclairé ».

Qui consent vraiment à quoi ?

Et celui qui consent dans le cas de l’ « Histoire d’O » en a-t-il le droit ?

 

On me dira que je suis très loin de vivianedomina maîtresse en money slavery (et paf ! encore un petit lien) et de ma FermeSoumission. Pas tant que ça.

 

Les relations BDSM devraient se fonder sur ( ou fonder ) des histoires d’amour et/ou de partage, de respect et de complicité.

Ce n’est pas toujours le cas.

« Histoire d’O » n’est d’ailleurs une histoire d’amour réciproque que dans le film gentillet qu’en tira Just Jaeckin.

Mais dans le roman où est-il dit que Sir Stephen aime O. ?

 

Or, bien souvent ce livre est la seule lecture connue des pratiquants BDSM et même pour certains une sorte de Bible.

Et puis, il y a ceux qui n’ont rien lu et qui assouvissent quelques fantasmes noir charbon

où ils noient leur haine infinie de la féminité et ces femmes qui croient devoir payer qui sait quoi à travers leur « truisme  consenti ».

 

C’est le « Dark side of the moon » du BDSM, celui que ne révèlent jamais vos textes sur vos blogs, sur vos sites ou ici dans vos commentaires sur mon blog parce que nous vivons notre sexualité côté soleil. Et c’est très bien ainsi.

 

Il faut simplement savoir que les autres existent aussi afin d’inciter celle ou celui qui est en quête à s’en méfier, à ne jamais baisser la garde …ni sur les fermes animalières pour soumises ni sur les vivianedomina maîtresse pour money slaves ( quatre, c'est bien! Là, c'est sûr qu'elle est définitivement indexée et domiciliée ici )...

 

Je n’ai jamais été consensuelle sur ce blog, je n’ai pas voulu en faire le seul « journal de bord » de mon bel amour parce que je ne veux en aucun cas banaliser le SM, le BDSM ou comme vous choisirez de l’appeler.

 

Tout en choisissant une forme qui me permettait de montrer un autre angle de vue sur ce qui est trop souvent diabolisé, j’ai aussi désiré mettre à la portée de tous les nécessaires recommandations avant d’aborder à ces rivages méconnus.

 

Tout ce que j’ai pu écrire ici est subjectif, forcément subjectif, et en aura souvent irrité plus d’un mais je continue à penser que c’était la seule voie possible pour moi de dire ( et de me dire ) sans donner une image idéale et donc fatalement encore plus fausse.