Photo Fred Kyrel

 

C’est un luxe, c’est comme un songe. C’est le Grand Hôtel…

Un peu celui de Fellini dans « Amarcord », celui en tout cas où je ne pensais pas pénétrer un jour, avoir un rendez-vous…

 

Un rendez-vous car c’est deux et non une chambre que Tu as réservées et que Tu m’as donné un gage : pour Te rejoindre ce soir, je dois le mériter.

Il me faut traverser tout ce couloir aux moulures bien astiquées dans la plus petite tenue possible et, pire encore, sur des talons vertigineux.

Ne pas faire de bruit, ne pas me tordre la cheville…Gageure pour celle qui ne sait pas marcher sur des échasses et qui voit bien que le parquet vitrifié ne peut en aucun cas être muet sous elle.

 

De plus, je ne connais rien des us et coutumes de pareil endroit : que feraient d’autres clients s’ils me rencontraient déambulant ainsi peu vêtue et avec toute la peur et la honte du monde inscrites sur mon visage ?

Et le personnel d’étage ? Est-il habitué à assister à de semblables extravagances ou serait-il prêt à convoquer la Direction avant d’appeler le premier hôpital psy et me faire passer la camisole ?

 

D’ailleurs, je la mérite bien, folle que je suis d’avoir accepté Ton défi…

Ai-je été midinette tentée par le miroir aux alouettes, victime de ma curiosité pour le Grand Hôtel ? Ou ai-je voulu Te montrer que je suis prête à tout et que le regard d’autrui n’est désormais plus rien, n’a plus de poids sur moi puisque seul Ton regard existe ?

Oui, c’est bien cette idée de la transparence des autres qui m’a amenée là…

 

Si je réussis, tout à l’heure, je sais que dans Ta chambre une robe m’attend, une robe-surprise, la première robe du soir de ma vie, que Tu as choisie pour moi. Une robe que je porterai pour que nous allions dîner ensemble au restaurant du Grand Hôtel parmi les convives apprêtés, au milieu des nappes en dentelle de Bruges, des couverts d’argent, des verres ciselés…

 

Et puis, il y aura la nuit, toute la nuit au Grand Hôtel dans l’une de nos chambres, la Tienne je suppose, des chambres insonorisées, climatisées qui ont le nom de « suites » comme dans les revues qui me faisaient rêver lorsque j’étais enfant…

Etre Ta soumise une fois là, dans un tel décor, faire l’amour ensuite dans un lit comme je ne savais pas qu’il en existait.

Et avoir jusqu’à demain midi avant de redevenir Cendrillon.

Mais serais-je jamais pour Toi autre chose que Ta princesse à la pantoufle de vair même lorsque j’aurai repris mes vêtements du quotidien ?

 

Allez , le jeu, l’enjeu en valent la peine. D’ailleurs, je suis toute vibrante d’émotions et elles ne sont pas faites seulement d’angoisses ou alors ces angoisses- là ont de bien jolis effets qui m’émoustillent comme je n’aurais jamais imaginé pouvoir l’être en pareille situation.

M’aurais-Tu reconnue, flairée, devinée à l’avance comme c’est le cas si souvent, avant même que je ne connaisse certains aspects de moi ?

 

Je guette le moindre son, je rajuste une dernière fois cette jarretelle. Je prends tout l’air possible dans mes poumons, je mesure les trente mètres à parcourir, immense couloir du Grand Hôtel et enfin, je libère mon âme, je pense à mon amour de Toi, Toi qui dois m’attendre en souriant un peu sardoniquement…

 

Et je m’élance…

 

PS : Pour ceux qui 's'inquièteraient' d'elle, nous notons que notre visiteuse inopportune de la note du 24 juin, vivianedomina dont le site porte le lamentable intitulé " C'est pour moi que tu bosses", en tant que maîtresse en domination financière, money slavery etc. a suivi mon conseil et que sa page de liens s'est aujourd'hui remplie des bannières des annuaires et autres sites de petites annonces où son "professionnalisme" est bien plus à sa place que sur les commentaires de mon blog...

En guise d'épilogue...