F COMME FACONNABLE...

Encore une fois, les propos ici tenus n’engagent bien sûr que moi, ma perception des choses, de l’univers et du milieu «  BDSM »…

Qu’on puisse ne pas être d’accord avec moi est une évidence ! Mais je continue tout de même!

 

Prenons notre soumise d’hier.

Elle a, elle aurait, dirons-nous, enfin « rencontré » quelqu’un. Un « pour de vrai ».

Un « Maître » , quoi…

Maître de quoi ? On va bien voir.

 

Pour peu que la malheureuse en soit à ses premières armes, elle va avoir affaire à forte partie. Car, là encore, entre les Dominateurs, il faut se méfier.

 

Tous n’ont pas le charisme, tous n’ont pas non plus l’honnêteté qui conviendrait face à une femme.

S’ils ne la voient pas, cette fois-ci comme « facile », du moins vont-ils la voir comme « façonnable ».

Et c’est bien là que peuvent commencer les ennuis.

Le « Maître », vous connaissez mon avis là-dessus, se devrait d’être un Guide qui amène pas à pas à aller de l’avant, tant sur l’aspect SM de la vie que sur la vie en elle-même de sa soumise. C’est plus qu’un ami, beaucoup plus qu’un amant, c’est un Amour « particulier ».

Le mot « Mentor » pourrait s'imposer, le « Maître » vrai n’ayant en rien à imposer ses propres vues à sa soumise mais bien au contraire à l’aider à aller vers les siennes, celles qu’elle n’assume pas, qu’elle ne sait pas reconnaître et ceci, je le répète, sous tous les aspects. La Domination, ce n’est pas, et de loin, qu’une simple histoire de fesses.

 

Façonnable donc. Et voici que hélas, la plupart de ces « maîtres » vont simplement se contenter de " façonner "  une femme à leur convenance : celle de leurs fantasmes.

Certains la voudront chienne, d’autres prostituée ( dans le jeu, j’entends) et ils n’en démordront pas…

Elle sera alors une pauvre petite Galatée, suivant à pas contraire (parce que l’on rate toujours ce qui n’est pas vraiment nous-mêmes) un tango qui n’aura rien de bertoluccien mais qui lui donnera souvent envie que ce soit le dernier…

 

Et puis, le BDSM fourre-tout, encore une fois…

Pauvre Marquis, disais-je hier…

Le SM est en effet devenu un fouillis de pratiques sexuelles « hard » ou bien a tantôt tout du fétichisme (et le fétichisme, ce n’est pas le SM), ou tout de l’échangisme (qui n’est pas non plus le SM) …

 

L’urologie, dernière mode, vous en connaissez sûrement un aspect, celui que l’on appelle « pluie dorée » , expliquez-moi en quoi cela est du SM…

L’adoration, mettons, des gants de vinyle, c’est pas du fétichisme ça ?

Faire un quadrille avec échange de partenaires, c’est bien de l’échangisme, non ?

 

Et pourtant, non. Aujourd’hui c’est le «  IN » du BDSM ….

Certains en remplissent les colonnes de leurs annonces ou de leurs forums.

L’année passée, c’était le « switch », c’est à dire l’échange des rôles qui était le "top mode" et sur lequel on se penchait savamment de chroniques en discours....

 

A la longue, je deviens perplexe sur le « sérieux » de « mon monde »…

Je pense parfois à cette jeune femme qui sur un serveur écrivait ainsi son « profil » : « Je suis la soumise heureuse et comblée de mon Maître, rencontré ici-même, le Marquis De Paimpol ».

Alors que le Marquis en question inondait ma boîte de mails pour me convaincre de le rencontrer et me la décrivait, elle, comme un pis-aller dans sa vie en m’attendant, moi qui étais soi-disant son rêve absolu…

 

Pauvre soumise façonnable…

 

Autrefois, j’ai été moi-même une de celles-là : quelqu’un me voulait bisexuelle alors que je ne le suis pas, quelqu’un rêvait seulement de me « prêter » et de faire de moi une « monnaie d’échange » pour passer un instant complice avec la partenaire d’un autre…

Ce quelqu’un m’avait alors comme soumise-poire-pour-la-soif…

 

Mais à la première occasion, il tissait des liens avec d’autres…

 

Pour finir, il n’ y eut que des rencontres épisodiques avec moi, avec les autres…

Que cherchait-il à faire en fait ? Avant tout, je pense, à se protéger car ce monsieur était bourgeoisement marié et sous ses allures doctes et affirmées, c’était avant tout un simple consommateur de jupons, (si soumis soient-ils puisque ses « ardeurs » le portaient vers ces fantasmes-là) mais de jupons tout de même…

 

Et tout était toujours de ma faute : je n’étais pas assez ceci , je n’étais pas assez cela… C’était un fait à inscrire dans les annales de n’être pas bi, c’en était un autre de ne pas vouloir sagement rester assise à le regarder faire des mignardises teintées SM avec une autre… Ou en faire à une autre et à moi en même temps...Monsieur rêvait d'une richesse à ajouter du côté obscur à ses déjà nombreuses possessions (maisons, appartements, voitures, comptes bancaires) : plusieurs soumises!!!

Le syndrome du harem, quoi, impossible généralement à mettre en oeuvre dans notre société monogame mais que de simples soumises seraient bien faciles à convaincre d'accepter puisqu'elles sont soumises et donc façonnables!

 

Le sourire me vient à me souvenir du soir où dans les caves de l'hélas défunt "Bar-Bar" ( qui fut le premier club SM) à Paris, je finis par le laisser, en train de tenter de convaincre une jeune femme à demi-ivre de « jouer » avec lui, pour m’en aller de mon propre chef rejoindre dans une autre salle un monsieur charmant…

 

Je ne vous dis pas le scandale…J’avais bousculé toutes les règles SM.

Ce qui d’ailleurs est vrai. Mais face à ce genre d’individu, c’est le seul conseil à donner : l’ "insoumission".

J’en ris encore. D’autant plus que l’anecdote commença à faire germer en moi l’idée que le monde SM existait au-delà de lui, ce que je ne parvenais pas à concevoir auparavant, lénifiée que j’étais par ses beaux discours « Magistraux »…

 

Il me fallut deux années encore pour me sortir de cette histoire où je fus constamment humiliée, non en tant que soumise, mais en tant que personne…

 

Puis, moi si "soft", sur un chat, un soir, je rencontrai M. qui était une des pointures « hard » de la Domination française…

 

Comme quoi… Sourire…

 

Pour moi, c’est mon credo et vous le savez, il ne peut y avoir qu’un seul Maître pour une soumise et qu’une seule soumise pour un Maître…

J’admets totalement, je le répète, que l’on puisse penser, vivre et donc écrire   différemment  sur le BDSM  mais j’ai ( nous avons) payé TRES CHER (et je ne fais pas allusion à l’augmentation des tarifs sur u-blog , vous vous en seriez doutés !) ce droit à dire, à écrire enfin ICI ce que JE pense, sans risque de censure ou de blacklistage… Même si mes propos ne sont ni vendeurs ni consensuels.

Oui, pour moi, le SM est affaire de couple : un plus une et c’est tout…

Sinon, où serait « le BDSM comme un art d’aimer », où seraient l'absolu, l' abandon total de pouvoir à l'autre, l'offrande reçue avec fierté par le Maître de la douleur de SA soumise, si tout cela n'avait pas une valeur unique, que seraient ces parures ou ces instruments que M. façonne quotidiennement à la juste mesure de mon corps ou de nos désirs communs ???

 

M., tu sais, je T’aime.Toi et Toi seul.

 

Et je sais aussi que Tu m'aimes. Moi, la seule pour Toi, pas une parmi d'autres.