F COMME FACTICE ( ou du BDSM en virtuel )...

Mes deux posts précédents ( Facile et Façonnable) ont été deux coups de gueule et coups de griffe contre un « certain » milieu BDSM….

Le milieu « factice ».

Celui qui peuple majoritairement l’univers virtuel.

 

Il faut dire qu’il n’est pas aisé lorsque l’on a une sexualité « divergente » de rencontrer « dans la vie » le ou la partenaire idéal(e)…

Alors on recourt aux sites de rencontres ou aux petites annonces : pour cela Internet est une fois encore la manière la plus rapide de nouer des contacts.

C’est bien et c’est mal à la fois : bien parce que cela peut marcher ( nous nous sommes M. et moi connus ainsi), mal parce que cela entraîne toutes les mésaventures que j’ai épinglées dans les deux textes cités.

 

Véronique Poutrain a publié cette année chez Belin dans la collection « Nouveaux mondes » une étude intéressante intitulée « Sexe et pouvoir » (Enquête sur le SM).

Elle y indique les chiffres suivants pour la fréquentation de ces sites :

85% d’hommes

9% de femmes

6% de couples.

 

Ces chiffres parlent d’eux-mêmes.

Il est évident qu’il y a un déséquilibre flagrant entre « l’offre » et «  la demande »…

Certains hommes seront donc perpétuellement en chasse mais curieusement un tout petit nombre d’entre eux, tels des chefs de hardes réussiront à cristalliser autour d’eux l’attention de plusieurs femmes, frustrant d’autant plus le restant de leurs « confrères », rendant d’autant plus l’utilisation du clavier virtuelle pour beaucoup et justifiant ainsi tous les débordements dont je me suis faite la narratrice pendant les deux jours écoulés.

 

L’univers virtuel est donc factice mais comme il est commercial, on use et on abuse en son sein de tous les moyens du marketing traditionnel pour le rendre attrayant, pour le faire paraître « réel »…

 

Pour beaucoup, et j’ai été de ceux( celles)-là l’affiliation à un site, à un serveur finit par devenir comme la certitude d’appartenir à un groupe où tout le monde serait beau et gentil… Les pièges, les hoquets de la Toile deviennent alors invisibles, on préfère les nier pour être du « cénacle » qui rassure, qui permet d’échapper à l’angoissante oppression de solitude qui est celle de la personne « à part », qui offre la possibilité de programmer et de surtout « rêver » des rencontres…

 

Le problème dans ce cas-là est toujours le petit matin, un réveil en forme de « gueule de bois »… Et encore, c’est là le meilleur des cas puisque selon moi mieux vaut se relever d’une cuite (il existe toujours des potions de grand-mère) que de ne pas se rendre compte que l’on est ivre mort, à deux doigts du coma éthylique, incapable de discernement, confondant le réel et le virtuel, le vrai et le factice, la relation BDSM et son miroir en faux.