F COMME FACILE...

Je vous connais et vous fais confiance à tous qui passez sur ce blog et peut-être même avant sur l’autre (le maudit, l’inaccessible à jamais), vous savez ce que vous allez trouver chez moi.

Tout mon orgueil vient de mon sous-titre : le BDSM comme un Art d’Aimer.

 

Que d’autres vivent leur BDSM autrement est infiniment respectable. Quand il s’agit bien de BDSM…

Or, je constate depuis quelque temps un glissement sémantique qui en revient à faire du BDSM tout et n’importe quoi.

Ma longue ( !) et variée ( !) expérience sur un serveur, des chats et des listes n’a fait que conforter ce sentiment désolant.

 

La faute en revient principalement à ces messieurs qui se disent « Dominants » sans avoir compris un traître mot de l’idée « philosophique » que sous-tend ce mot.

 

Aussi, la plupart des petites annonces que l’on trouve ici et là aujourd’hui parle de tout sauf de BDSM.

Ils ont lu des pages et des pages, n’y ont rien compris sinon ce qui les arrangeait… Il faut dire que -marketing oblige- on les y aide bien quand on a de la D/s virtuelle à vendre…

 

Voici, selon moi, l’exemple type de SM dévoyé.

Il est fréquent que, dans la relation D/s, le « Maître » puisse, pour quelques instants « prêter » sa soumise à un autre Dominant. Quand cela arrive, les choses se déroulent généralement en la présence du « Maître » premier.

M. et moi ne vivons pas ainsi mais je ne puis cependant pas dire que cela n’existe pas ni ne pas trouver une justification réellement BDSM à cela : pour éclairer votre lanterne, je dirai que c’est une sorte de mise à l’épreuve de l’appartenance :

« Si tu es à moi, je peux t’utiliser en faisant de toi ce que je veux. »

Nous ne pratiquons pas cela personnellement mais, je le répète, je peux le comprendre dans le cadre d’une VRAIE relation amoureuse où les deux partagent ce système de « jeu ».

 

Le problème vient donc des « tiers » : il existe au moins 75% des hommes qui se veulent « Dominateurs » et qui n’ont pas de soumise.

Pour la plupart d'entre eux,  pas besoin d’aller loin chercher pourquoi : ce ne sont pas de vrais « Seigneurs », de vrais « Guides », ce sont de petits malins, des profiteurs à la petite semaine qui ont « entendu dire » que la soumise était une femme FACILE puisque offerte à tous de par le bon vouloir d’un homme.

Alors, tel le coucou, ils viennent se proposer…

 

Pourquoi au fait ? Pour une domination transcendante et exceptionnelle ? Pensez-vous !!!

Ils sont là, à l’affût de la femme mariée (ils le sont bien souvent eux-mêmes) dont ils pourraient disposer sexuellement sans l’ombre de la moindre quête, sans le désir de lui faire connaître l’un de ces pas en avant qui sont les justifications cérébrales de la relation D/s.

Eux sont là pour du sexe graveleux. Les dernières petites annonces que j’ai pu lire étaient de ce point de vue hallucinantes : elles faisaient aux trois quarts référence à une occupation « constante » (je vous laisse imaginer) des divers orifices de la brave soumise.

N’est pas Gainsbourg qui veut et ces textes , croyez-le bien, n’avaient rien de l’érotisme fou de « Love on the beat »…

Non, seulement du pur crado de chez Crado…

Quant encore, ils ne se proposent pas pour l’organisation de « gang-bangs », c’est à dire de soirées de sexe collectif.

Quelques mois (des années ?) après, ils pleurnichent contre les femmes sur une autre annonce en se plaignant de n’avoir jamais fait de rencontres…

 

Et il est où le BDSM dans tout ça ?

Ma foi ! Moi, je le cherche encore.

 

Ce sont les mêmes qui dans les soirées, importunent les couples, cherchent à s’interposer, posent sur le « Maître » un regard avide, affamé, suppliant et font des mimiques d’interrogation à se dévisser le cou pour faire comprendre qu’ils reprendraient bien le martinet…

 

Les malheureux qui leur accordent la faveur quémandée sont bien surpris car ceux-là manient le martinet comme je le manierais moi, qui suis tout sauf une Domina…

Par contre, pour le frotti-frotta et pour la main qui s’insinue, ils sont orfèvres.

 

Si la soumise est sans Maître, si, au hasard d’une conversation virtuelle, d’un échange de mail, elle a la maladresse (pardonnable) de tomber dans leur panneau, elle risque de se retrouver avec un scénario du type :

« Tu m’attendras nue à l’hôtel, à quatre pattes, sur le lit, avec un bandeau sur les yeux. Amène le champagne. »

 

Visualisez la scène et dites-moi où est le SM dans tout ça.

 

Le malheur est que cela arrive chaque jour : on se voulait soumise, on se rêvait soumise, on l’était peut-être réellement mais après deux ou trois de ces rencontres, si l’on n’est pas une insatiable nympho, on renonce et l’on devient une de ces femmes qu’ « ils » qualifient ensuite de « fantasmeuses » parce que pour ne pas cesser de rêver tout à fait, elles restent derrière leur clavier, n’accordent plus de rendez-vous et se consolent en parlotes.

 

80% des dialogues sur les chats SM finissent ainsi, par des relations virtuelles de bonne composition où l’on parle du dernier film vu, du brevet des enfants etc … Avant de « rencontrer » M ., c’est le chemin que je prenais…

 

Où donc est le SM  là-dedans?

 

Pauvre Marquis, Pauvre Bataille ! Ce qu’il reste de vos os doit bien ricaner.

Pour vous Halloween et ses masques, c’est tous les jours.

 

Tout ça pour ça. Parce qu’ils ont compris « y a bon plan cul par ici ». Parce que pour eux soumise =  FACILE, soumise = bon coup GRATUIT.

 

Au fait, dans l’anecdote, je me suis toujours demandée qui était censé payer l’hôtel !