Photo Guy Bourdin

 

 

BDSM = Bas De Soie Moirée ?

Sûrement pas. Quoi que…

 

Si l’on prend comme vrai le postulat d’hier, « la chaussure sera à talons ou ne sera pas » (Ouups, j’ai inventé la quinzième règle de soumission !), alors on ne peut l’imaginer qu’accompagnée de bas.

 

Ah ! Le bon, le pratique, l’extraordinaire collant, invention féministe par excellence…

Oui, mais je n’ai là non plus jamais entendu un  seul homme m’en vanter l’érotique vertu.

Tandis que le bas…

 

A les écouter, il laisse deviner un espoir de haut de cuisse ( non, on ne cause pas volaille ici ! ) nue, un bout de chair tiède et accessible. Un rêve de disponibilité.

Ce que le collant semble taire, le bas le suggère…

 

J’y suis moi aussi sensible, même s’il m’arrive les pires aventures avec eux.

 

Il y a les vrais bas, ceux qui impliquent le porte-jarretelles… En voici un que l' on voudrait comme dans la chanson de Birkin, « Les dessous chics » :

 « C’est une jarretelle qui claque

Dans la tête comme une paire de claques ».

 

Dans ma réalité, le porte-jarretelles n’est beau que dans la vitrine.

 

A peine rentrée à la maison, lui et les bas s’avèrent toujours récalcitrants, à croire qu’ils sont des ennemis héréditaires. Une fois le porte-jarretelles en place et les bas déroulés géométriquement, je me redresse pour juger de l’effet.

Tout est de guingois. Désastre ! De plus, c’est généralement l’instant où un clac sinistre du porte-jarretelles annonce que les bas ont choisi de « se faire la paire »…

 

On recommence. Jusqu’à satisfaction. Et on part, en espérant que « ça » tiendra. Mais ça ne tient jamais, ça tourne, ça godille, ça demande des réajustements fréquents.

Les bas, comme les talons, on devrait les porter couchée !

Et pourtant, il y longtemps que j’ai renoncé au bas « couture » qui se doit d’afficher une parfaite ligne droite. De toute façon, c’est politique ! Entre la droite et moi, ça ne peut pas coller, alors…

 

Il y a aussi les faux bas, honteusement nommés des « top » (je vous garantis qu’ils n'y sont pas, au top !), ceux qui tiennent tout seuls, grâce à une large bande de dentelle siliconée – dixit le fabriquant.

 

J’ai pensé qu’ils résoudraient tous mes problèmes et que je serais enfin génialement sexy à peu d’efforts.

Ce n’est en tout cas pas à peu de frais. Pas une paire n’a survécu à une sortie unique .

La bande siliconée soit disant infaillible cède en quelques heures d’un côté ou de l’autre. A moins de l’imaginer en jambière pour entourer un plâtre si je me fais une entorse avec les talons, voici l’un des bas inutilisable. Et l’autre, orphelin, ne peut pas même être envisagé comme une solution de secours mathématique aux mésaventures de la paire suivante : avec les « top », un plus un ne fera jamais deux. Ils n’ont jamais, d’une boîte à l’autre, même si on choisit la même marque, eu le même bain de teinture.

 

De plus, le bas « top » demande un réalisme démoralisant quant à la vision que j’ai de moi-même : si je le choisis de la taille « telle que je me vois », il est toujours trop petit. Ce n’est plus un haut de cuisse qu’il dévoile mais un saucisson qui déborde ( non, on ne cause pas de charcuterie ici !). Si je le choisis de la taille « hauteur-poids » indiquée au dos du paquet, c’est trop grand et me voici en chaussettes pour Shrek à Silicon Valley …

 

De marque en marque, j’ai fini « à peu près » par savoir ce qu’il me faut. Flûte ! Je dois tellement être le standard français que c’est toujours la seule taille qui manque en rayon.

Du coup, quand j’en trouve, je les achète et les conserve pieusement .

On va me prendre pour une « fétichiste » du bas.

 

Attention, là encore, Silicone est grande mais vieillit mal, même si l’on ne s’en sert pas, contrairement à la pile Wonder™ !

Une paire de « top » se périme dans l’année. Sinon, retour à la case "chaussette pour Shrek".

 

Donc, j’achète et je porte, je suis sexy et ruinée mais qu’importe n’est-ce pas ?

BDSM = Budget Dépassé Sans Mesure.

 

PS : Comme hier soir, et comme sur bien d’autres pages de ce blog, l’image est de Guy Bourdin, LE photographe de mon adolescence…et comme disent les Américains, l’Helmut Newton français.

Dommage que nous le leur laissions dire et que Bourdin soit si peu reconnu chez nous.

La photo que vous voyez là-haut et qui illustre à elle seule toutes les histoires de "bas" que l’on veut bien imaginer provient encore d’une campagne publicitaire pour la marque de chaussures Charles Jourdan…