Photo Guy Bourdin

 

Parler de « fétiches » sans parler des ces « hauts » du bas serait un manquement grave à la règle qui voit « fétichisme » dans « fétiche » et le fétichisme, c’est bien connu : c’est le pied !

 

A défaut du pied lui-même, reconnaissons qu’on se rabat souvent sur la chaussure, laquelle chaussure ne peut en aucun cas être un vulgaire mocassin. On vous parle de chaussures ici, pas de « pompes », ni de « godasses », non mais ! Ce n’est pas parce que j’écris bien au chaud dans mes charentaises que…

 

C’est, ce seront, des escarpins, des sandales, voire des bottes mais… à talons hauts.

Compréhensibles dans la panoplie de la Maîtresse qui se doit de voir la situation de haut, et de proposer ses talons aiguilles à adorer à l’homme soumis, on pourrait être surpris de les retrouver,  ces aiguilles, tournant dans le même sens à la montre du « dress-code » pour la soumise que l’on aurait plutôt imaginée en pénitente et les pieds nus.

 

Mais non ! Ils sont communs à toutes les femmes.

D’ailleurs, ne sont-ils pas, BDSM ou non, une part de la feminité dans tout imaginaire ou fantasme masculin ? J’ai rarement, sinon jamais, rencontré d’homme ( je parle bien de l’ensemble des hommes ) qui ait eu l’œil brillant devant une paire de tongs ou d’espadrilles. Le talon qui claque, en revanche, fait friser la paupière de tous…

 

Il est vrai que ces hauts sont à merveille seyants aux bas. De plus, ils étirent la cheville et allongent la cuisse, remontant et cambrant les fesses à l’envi... Une merveille que tout orthopédiste déconseille...à ses patientes.

 

Moi qui à la ville suis plutôt pantalon et souliers plats, j’avoue y céder parfois. Même si, au-delà de six centimètres, je chancelle et me coude, risquant plus la luxation que la luxure, il m’arrive quelquefois de faire des efforts particuliers avec ruses de sioux, c’est à dire en rasant les murs d’un air de belle ténébreuse (en réalité, pour avoir la possibilité de m’y appuyer à tout moment en cas de déséquilibre).

 

En fait, j’aime les talons hauts quand je suis assise ou allongée. C’est un comble pour des chaussures mais c’est très sexy aussi et tellement plus pratique.

Debout, difficile d’avoir la même désinvolture.

Si l’on me regarde, j’ai envie de… rentrer dans un trou de souris.

 

 

PS : Guy Bourdin , extraordinaire photographe français décédé en 1991, travailla surtout dans la publicité . Il fit notamment toutes les campagnes pour les chaussures « Charles Jourdan » de 1975 à 1985.

Précurseur méconnu de la photographie « d’esprit », il n’oublia jamais de mettre en scène les chaussures qu’il était sensé vendre et de les détourner à sa mode à lui. Comme ici.