By DJUphotos

 

Il s’agit bien, ces soirs-ci, de mes « fétiches » à moi, passés par l’œil d’un (ou de) photographe(s).

 

On aura compris depuis longtemps que le B de BDSM est très "chair" à mon corps.

Si je suis dans les sphères de ce monde spécial, c’est par pur et profond désir de rendre vraie l’idée poétique que l’amour est un attachement absolu.

Les cordes en sont la meilleure des métaphores.

 

C’est ce que l’auteur de cette photo met remarquablement en scène. Car s’il existe réellement de très beaux bondages du visage, ici ce n’en est pas un. La corde ne fait que « dire ». Regardez comme elle est souple, molle : elle n’enserre rien.

Elle parle à la fois de bâillon, de bandeau, de sculpture.

La lumière vient même faire de ce visage comme une statue grecque…En « interprétant » ainsi le bondage, elle lui confère sa vraie nature.

Le photographe a parfaitement compris que les liens sont tout, les liens peuvent tout. Physiquement, sentimentalement, érotiquement.

 

J'aime tant "nos" cordes qu'il m'arrive quelquefois de poser la main subrepticement sur elles, dans leur lieu de repos, en un geste comme sur une promesse, un auspice, une superstition d'amoureuse.

Dans notre vie d'aujourd'hui, pourtant, je ne suis plus passive avant ou pendant nos bondages. J’ose depuis quelque temps déjà exprimer mes « rêves de cordes ».

Si je m’imagine en  papillon pris dans une toile d’araignée, si je me vois oiselle arrêtée en plein vol, si je me veux sculpture, je le dis…

Ensuite, M. entame son travail d’orfèvre. Il parfait mon idée, Il la modifie à Sa guise pour la rendre plus belle. Je livre sans retenue aucune chaque muscle, chaque membre à Ses liens.

Je vibre au rythme de ce qui m’enveloppe, j’anticipe des gestes dans les premiers instants pour que la corde vive et prenne son souffle, son rythme. Je suis attentive.

 

Vient ensuite le moment où je m’abstrais de moi et où je plane enfin, devenant le papillon, l’oiseau, le marbre que j’avais portés dans mon songe…

L’étirement, la contrainte et cette forme spéciale de la douleur multiplient mes sensations.

Chaque tiraillement est comme un mot d’amour qu’Il me dirait, auquel je répondrais dans le silence complet.

 

Je comprends tout à fait qu’on parle d’ « art » du shibari. Le bondage est vraiment une cérémonie.

 

Rien ne nous unit autant que ces liens-là, Toi et moi….