Photo Nathal Filith

 

Le monde de la soumission au masculin m’est longtemps demeuré totalement étranger. J’ai mis des années à en arriver à penser que la même équation qui relie l’offerte et son Guide pouvait fonctionner avec autant de puissance entre l’abandonné et sa Déesse. Je reviendrai là-dessus demain et je m’expliquerai de ce lent parcours personnel.

Mais puisque le chemin est désormais pour moi accompli, commençons par rendre hommage à ces couples-là avant de faire du verbiage à la première personne…

 

Vers la fin de l’an passé, peu avant Noël, j’avais passé ici une image présentant selon moi un  geste de tendresse partagé entre un Maître et sa soumise.

J’avais alors reçu par mail, de la part d’un lecteur, une photo d’ordre personnel prise au cours de la soirée Démonia, représentant ce même type de geste mais entre une Dominatrice et son soumis.

Je l’en avais remercié et ne pouvant passer ici une photo privée, lui avais dit que dès que je trouverai une image à ma convenance, je publierai un texte sur la soumission au masculin, il est vrai, trop souvent passée sous silence sur ce blog.

 

Je voulais une photo témoignant d’un réciproque amour infini et d’une sensualité chargée d’émotion: elle est là ce soir à travers les yeux fermés mais qui disent tout de l’une et le regard heureux et admiratif de l’autre.

Je désirais aussi un très beau texte pour l’accompagner. Des mots d'amour pudiques.

Aussi n’ai-je pas hésité un seul instant et suis-je allée chercher dans « Suite », le remarquable récit de Françoise Allain, publié en 2003 aux Editions Bruno Leprince-Circlesquare ( dont j’invite vivement  à la lecture tout autant que je l’ai fait pour son précédent livre « Début », chez le même éditeur) ces quelques lignes :

 

« Je lui donne la main pour qu’il se mette debout et lui enlève enfin le bandeau, qui m’empêchait de voir ses yeux.  Il écarquille les paupières, apparemment étourdi de voir le jour, étonné peut-être de se retrouver dans une pièce claire. Ces yeux ont le même bleu que dans mon souvenir, un bleu franc, clair, direct, plein de vie et d’espoir.

Je retiens une caresse de la main vers les cils recourbés qui ourlent les paupières, longs et émouvants comme ceux d’une femme fardée de mascara. Je suis troublée de leur apparente fragilité. Savoir que ces yeux ne sont ouverts que pour moi.

Je ne dis rien, laissant le silence s’établir pendant quelques secondes. Il attend, lui aussi muet. L’instant est magique. Le temps a suspendu son vol. Des mots nous viennent aux lèvres. Que nous taisons. Ce n’est pas le moment. »

 

Françoise ALLAIN – « SUITE » – Editions Bruno Leprince –Circlesquare – 2003.

 

PS : En ce début de soirée, alors que je concevais cette note, j’ignorais la réponse que M. ferait sur ma note précédente à …, l’un de nos plus fidèles commentateurs dont je vous ai déjà indiqué le blog passionnant .

 

Pour compléter cette réponse, je vais redonner quelques indications sur les deux ouvrages de Françoise Allain :

« Début » ( chez Bruno Leprince –Circlesquare- 2002) raconte son initiation à la soumission par un vrai Mentor.

« Suite » ( chez le même éditeur, voir références plus haut ) narre précisément son évolution de soumise à Dominatrice sous le regard bienveillant de ce même Mentor.

Deux indispensables, deux pièces maîtresses de ma bibliothèque auxquelles je reviens très souvent..