Photo Man Ray

 

Alors qu’on nous présente depuis un ou deux ans comme une pratique nouvelle des pseudo-héritiers de Sade les enveloppements sous film plastique, je souris à voir cette image de la série fameuse des « Anatomies » de l’infiniment moderne et donc indémodable Man Ray, datant de 1930…

 

« Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ? »

René Char – La parole en archipel – 1962.

 

 

Vêtue d’évanescence. Chrysalide. Naissance.

Habillée d’éphémère. Enserrée dans des serres.

Il n’y a pourtant pas d’oiseau de proie. Juste Toi.

Des ailes d’envergure.

 

Haute couture. Douleur doublure. Parure, luxe et puis luxure.

Plaisir ? Pleasure, Sir…

Cinq de pique contre As de cœur? Devinez qui gagne!

 

Et si je ne peux plus souffler, si j’ai du mal à respirer, il ne faut pas penser torture, mais seulement défi.

Sculptée dans cette armure, ce que je recherche aujourd’hui, ce que je dépasse aujourd’hui, ce sont mes démons de naguère, mes eaux trop claires où tout le monde venait se saouler pour rien et surtout pas pour moi, ces eaux où j’étais au mieux transparente, inexistante, au pire écho des empires-fléaux.

Ils n’ont jamais connu le puits. Ils n’ont meurtri que mon ennui.

 

Puisque je T’appartiens, plus rien n’est vain. Je vibre, vis. Toi seul a su trouver la source d’O. Et ses ressources. Résurgente urgence.

 

Va, fais-moi belle. Nu habillé. Maux babillés. Ton amour est de ceux que je veux transpirer, enivrée dans la soie de Celle aux fanes.