E COMME EVANESCENTE... (FIN) ... DU SM ET DE L' AMOUR COURTOIS ... 

 

J’écrivais ici-même il y a quelques temps que pour moi, il y avait un rapport évident entre le SM et l’amour courtois. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à le penser : il y a trois ans, quelqu’un a publié une étude portant ce sous-titre…

Du temps d’Evanescente, « ailleurs », j’avais abordé ce thème en transparence à travers un « florilège » d’auteurs de la Renaissance.

Puisque j’ai décidé de vous ouvrir mes tiroirs, maintenant que le cordon ombilical est coupé, voici ce texte aujourd’hui.

Il est comme celui d’hier, antérieur à ma rencontre avec M.

Bonne lecture et quelle que soit « l’orientation » qu’ on veuille leur donner ( la mienne est évidemment très connotée), j’espère que vous prendrez plaisir à découvrir ou  à redécouvrir ces vers….

 


Ah, le feu des cravaches et celui de la cire. Ah! Tomber exténué(e) aux pieds de l‘Etre élu. Et aussi  « brûler d’amour », se consumer, « tomber » amoureux.. Le vocabulaire de l’amour et celui du SM sont proches, vous savez.. En quoi un peu de littérature nous gênerait-il ici ? Allez, ne regardons que vers la Renaissance et qui parmi nous ne se reconnaîtra pas, soumis, soumise, dans ces vers ???

Pernette du Guillet

A qui est né pour être sur moi maître,
Non que je veuille abuser de fierté
Qui à lui humble et à tous je devrais être
Non que je veuille à dextre et à senestre
Le gouverner et faire à mon plaisir :
Mais je voudrais pour nos deux cœurs repaître
Que son vouloir soit joint à mon désir.

Louise Labbé
Ainsi Amour inconstamment me mène ;
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur
Il me remet en mon premier malheur.

Marguerite de Valois
Nos deux corps sont en toi,
Je le sais plus que d’ombre.
Nos amis sont à toi, je ne sais que de nombre.
Et puisque tu es tout
Et que je ne suis rien, je n’ai rien ne t’ayant
Ou j’ai tout, au contraire,
Avoir et tout et tien
Comment se peut-il faire ?
C’est que j’ai tous les maux
Et je n’ai point de biens.


Et ne venez pas me dire que je n’ai cité que des femmes, écoutez, je vous prie, Agrippa d’Aubigné...
Que si loin de vos yeux, à regret m’absentant,
Le corps enduroit seul, étant l’esprit content :
Laissons le lys, le miel, roses, Oeillets déplaire,
Les myrtes, les lauriers dès le printemps flétrir,
Me nuire le repos, me nuire le dormir,
Et que tout, hormis vous, me puisse être contraire.