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Choisissons comme instrument de base le bien modeste « Dictionnaire Universel De Poche » de chez Hachette et cherchons-y deux définitions en guise de préambule : dogme et doctrine.

 

Dogme : Principe établi, servant de fondement à une doctrine.

Doctrine :  Ensemble des opinions qu’on professe.

 

Ceci fait, attardons-nous un instant sur les textes disponibles en français partout et qui sont censés régir les relations BDSM. Je connais (j’en oublie sûrement) les 9 degrés de soumission, les douze règles de comportement de la soumise, les quatorze positions de la même, les exemples de contrat, le carnet de punitions, la célèbre check-list de soumission et le code des couleurs.

 

Partant de là, poser une question du genre « Pensez-vous qu’une soumise doit ou non se maquiller ? » - ou toute autre du même style - c’est aller au casse-pipe assurément ou du moins au casse-gueule des intervenants.

Parce que si l’on s’en réfère à l’article qui dit qu’en toute occasion la soumise devra montrer son humilité, alors, non, elle ne doit pas se maquiller.

Mais si l’on s’en réfère à l’article qui dit qu’en toute occasion, elle devra obéir à son Maître, alors, oui, elle doit le faire, certains de ceux-ci voulant exhiber à leur suite un machin peinturluré comme une voiture volée pour mieux la désigner comme un négligeable objet de concupiscence disponible pour tous.

 

La seule réponse possible serait « On s’en fout », répartie logique puisqu’à chacun sa façon de faire, de voir, de vivre comme bon ils l’entendent (ce « ils » pluriel signifiant que pour moi, c’est le couple D/s qui est roi et maître des règles ou des non-règles de sa relation personnelle, forcément différente de toutes les autres relations des autres couples D/s).

 

Et bien non, en fait, on ne s’en fout pas. Pour certains, ce genre de question est même essentielle, ils vont donc y répondre en une phrase qui est pour eux l’évidence même puisqu’elle s’appuie sur l’une ou l’autre des « rubriques » citées plus haut et  surtout sans prendre le soin de préciser « Dans mon cas et parce que. ».

 

Si d’aventure on ose les contrer, alors là, c’est l’hallali et les gens de chez nous n’en étant jamais à une contradiction près si on leur a répondu « Les règles, chez moi, je m’en tamponne le coquillard », voici qu’on se fait accuser de dogmatisme et de pensée unique, ce qui, vu les définitions « dogme » et « doctrine » est tout de même le comble des combles.

 

Allez, si je prêche tout à coup là-dessus ce soir, ce n’est pas par hasard, c’est la mésaventure qui est arrivé à M. hier.

Il s’est exprimé quelque part et voilà ce qui en a découlé.

Bon, à Sa place, je n’aurais participé à rien mais j’ai un blog et Lui préfère les débats. 

Moi, il y a longtemps que j’ai fui les forums, l’un d’entre eux m’ayant laissé un souvenir indélébile il y a un peu plus de deux ans.

 

Je me suis, il y a quelques heures, dirigée vers des sites américains, espérant y trouver une illustration « montrable » de l’une de ces fameuses règles. Cela n’a pas été le cas. J’ai eu la surprise, en revanche, de tomber sur plusieurs « cercles » où les animateurs organisent débats et stages pour enseigner le dogme et la doctrine aux autres membres.

Pas gratuitement en plus.

La statue de la Liberté ne mérite pas vraiment de se trouver là-bas, du moins pour les gens comme nous.

 

Ce soir, je m’imagine ironiquement une vie BDSM où après avoir rempli chaque semaine ma check-list, j’aurais un MMaître (double majuscule volontaire, lire donc Mémaître) qui, à en prendre connaissance, mesurerait mes progrès dans les 9 degrés de soumission, mais peu satisfait que j’aie manqué à l’une des douze règles de comportement de la soumise ou que j’aie lavé à 90 degrés mon mouchoir de couleur, me tendrait, déçu, mon carnet de punitions tout en brandissant notre contrat d'un air lourdement chargé de menaces!

Navrée, je l’écouterais, dans la position la plus contrite que j’aurais trouvée dans le catalogue des quatorze possibilités...

Mais dès qu’il aurait tourné le dos, je balancerais mes frusques de Veuve Cuir-Noir pour les remplacer par un jean oversize et après m’être maquillée comme une châsse, je m’en irais rejoindre mon groupe de rap, « NTD », vous savez bien : « Nique Ton Dogme »!

 

Ce qui serait mon droit le plus strict, tant que je ne forcerais personne à écouter le single :

« Pour moi, là où y a Dogme y a pas Plaisir

Et tes insultes me font rire

Lorsque j’entends Doctrine je sors mes boules Quiès™

Je  file au moins à cent dans ma vieille DS...  ».