Photo Marc Collins   

 

Rêve de moi, sirène

Prise dans Tes rets,

Imagine les scènes

Que Tu inventerais.

 

Portée par les courants,

Venue d’on ne sait où,

Je dors comme une enfant,

Bercée par le remous.

 

Sur les galets grisés,

Tu viens à pas très lents

Lacérer mon filet

De ton couteau puissant.

 

Pêcheur imaginaire,

Tu m’emportes en trophée

Dans ta maison en pierre

Au bout de la jetée.

 

Nul ne T’as vu, nulle âme

Ne me sera secours :

Pas la moindre cabane

Veillait au demi-jour…

 

Tu m’auras prisonnière

Toute l’éternité.

Pas de main étrangère

Pour violer Tes volets.

 

Que feras-Tu de moi

Sirène privée d’eau

Et de houle marine ?

Tu attendras des mois,

Construisant un bateau

Pour qu’il nous soit intime.

 

Et alors passagers

De l’immensité vraie,

Nous voguerons ensemble :

Moi figure de proue

A l’étrave liée,

Par ces liens qui rassemblent,

 

Toi capitaine aimant

Ou pirate cruel

Au fil de nos moments.

La légende mentant,

J’aurais par les nuits belles

Des jambes pour plain-chant.

 

Tu dors comme un enfant :

Rêve de moi, sirène.

Sur Ton sommeil veillant,

Je suis la plus sereine…