M COMME MERVEILLEUX ...

 

Le merveilleux, c’est la première caractéristique littéraire du conte. Et la vie, c’est bien connu, est très loin des contes.

 

Est-ce à dire qu’il n’y a pas de merveilleux dans la vie ?

Non, notre cerveau humain dispose de tellement de possibilités que l’on est bien forcé de constater que le merveilleux fait partie prenante de nos existences.

L’amour, l’amour tout simple, l’amour tout bête comporte sa part de merveilleux.

Attention, je ne parle pas là d’une dimension romantique, celle du Prince Charmant version 2004, pas plus que je n’évoque un quelconque mysticisme dont je suis à des années-lumières…

 

Dans le vécu amoureux, coexistent trois dimensions : la palpable, celle de l’échange qui est à la portée de tous ceux qui regardent un couple « Comme ils sont touchants ces deux-là qui rient de concert au cinéma… », l’impalpable pour autrui, celle que ne partagent que les deux personnes concernées et la part du merveilleux, qui échappe au couple lui-même, sur laquelle il n’a pas de prise, qui vient, qui va….

 

Le merveilleux trouve un champ immense dans une relation BDSM, puisque la possibilité existe chez nous de réaliser les « rêves » de l’autre.

Le Guide ( le vrai) est un magicien, un enchanteur par excellence, même si parfois sa baguette magique prend la forme d’une tige de rotin ou d’un bambou…

Ce ne sera qu’un objet et le merveilleux passera en fait par un tout autre chemin, ce chemin de la cérébralité dont nous parlons si souvent.

 

Je crois en Toi, j’y crois si fort que Tu es tout-puissant. Ta magie, c’est donc moi qui Te la donne, qui m’en persuade.

Hum…Pas sûr !

Parce que Tu es quelquefois magique en des instants que je ne prévois pas, où je suis à mille lieues d’être perméable à cette magie. Des instants où je suis un bourrin hyper-matérialiste.

 

Et hop ! Tu me plonges dans le merveilleux !

 

Pour Toi aussi existent des surprises de ce genre. Une soirée en apparence comme toutes les autres et puis le rayon vert passe, Tu Te retrouves avec lui entre Tes doigts, alors que Tu n’avais rien fait pour qu’il vienne.

Et voici que Tu l’as et bien obligé de faire avec… Sourire…

 

Après, tout est affaire d’inspiration… L’essentiel étant de savoir le cueillir, le merveilleux, de ne pas se laisser surprendre et de le laisser s’échapper…

 

Encore une chose, je suis persuadée qu’il n’existe que dans les vrais couples, ceux qu’on dit fusionnels (et ils sont fréquents « chez nous » ces explorateurs de l’intime ).

Peut-être parce que nous sommes plus attentifs à cette dimension de la cérébralité.

 

Mais mon petit doigt me dit qu’il est à la portée de la main de tous les autres couples non BDSM, ce merveilleux.

Il suffit de le laisser monter en soi, loin du conventionnel. De le laisser monter des profondeurs de l’intime des intimes. Là où l’on est vraiment soi. Là où l’on est encore capable de rêver et d’être certain que les rêves sont réalisables.

Comme dans les contes.