M COMME MESURE ( 1 : LA MESURE DES MOTS...) .

 

Revenir encore sur cette notion BDSM de « maître », chercher bien dans les principales acceptions du mot au sens propre ce qui peut lui faire subir si souvent de pareils détournements chez nous.

 

Le maître est tout d’abord celui qui enseigne : maître de musique.

Il est aussi celui qui détient : maître de maison.

La personne dont on est le disciple : maître à penser.

Et, évidemment, le très hegelien et très dialectique maître de l’esclave. 

 

Voici hélas ce que l’on a tissé avec ces définitions :

 

Celui qui enseigne est devenu celui qui éduque avec les dérivés : éducation de la soumise, dressage etc… Comme si cet « enseignement » ne pouvait qu’être celui de la renonciation et de l’asservissement. Et éduquer quelqu’un à être soi-même, le plus beau des rôles, passe ainsi aux oubliettes.

 

Celui qui détient est devenu celui qui possède. Je n’y reviendrai pas. Pour moi, le maître en BDSM ne possède qu’un consentement de sa soumise, une reconnaissance comme tel par sa soumise, toutes deux choses qu’il est perpétuellement possible de remettre en question.

 

Celui dont on est le disciple est devenu celui qui détient la vérité unique. Ainsi, tous les contentieux sont réglés d’avance.

 

Et vous vous doutez bien que, côté terminologie, c’est le dernier sens, le maître de l’esclave qui, sans Hegel et sans la Dialectique, a pris le pas sur tous les autres dans le consensus du fantasme général.

 

Un seul mot : dommage…

 

La vie, heureusement, est plus généreuse avec nous et avec les mots. J’ai déjà parlé du merveilleux qu’elle porte en elle. Il arrive donc qu’elle nous permette de rencontrer l’homme qui est le condensé de tous les sens premiers évoqués.

 

Et alors, là, c’est le bonheur…