Viens, mon Aimé, viens me rejoindre.

Si je ne peux Te voir de part mes yeux bandés, je T’entends remuer dans l’air du soir et je sens Ton parfum, Ton vétiver sucré.

Viens, mon Amour, viens pour me ceindre. Ce masque fait comme de blé n’est pas fait pour me voir m’en plaindre et j’ai envie d’être attachée…

J’ai  bien envie d’être une gerbe ou goûtée comme un fruit acerbe.

J’ai bien envie d’être approchée. J’ai bien envie d’être agacée.

Comme une enfant qui cherche noise, j’ai bien envie que Tu me froisses.

Ô, j’ai tant envie de jouer.

Malicieuse et maline, attachante attachée, rieuse et câline, liante liée…

Serre ma taille, ploie mes bras, mets mes seins entre ces frisons qui font mes yeux jolis appâts.

Sont-ils de papier ou de paille ? Je les aime bien comme ils sont…

Entoure-moi, enferme-moi… Attache-moi dans Ta passion.

Veux-Tu ? Jouons.

Je ne cherche rien de sévère mais comme de nous croire enfants…

Et si Tu sais si bien y faire, c’est que nous le sommes vraiment.

 

C’est que nous le sommes restés. Avec nos fous rires, avec nos doux rires.

Viens me rejoindre, mon Aimé…