C COMME COLLIER ...

 

Bien sûr que je connais l’alphabet !

Bien sûr que je sais que o précède u et que « collier » aurait du paraître avant « cuir », "corset" et « contrepoint » mais bon…

D'ailleurs, mon "Encyclopédie BDSM" perso ne se veut pas exhaustive... Et puis, je ne sais quand elle prendra fin... Je me réserve le droit, comme Larousse, d'en publier ensuite la mise à jour... Rires!

 

Ce mot, "collier",  je n’avais donc pas vraiment l’intention de le traiter puisque j’en avais déjà parlé sur AURORAOULEWEBLOGVOLE et que je savais que le faire, ce serait pour moi fatalement raconter notre histoire à nous…

Car, en fait, que dire du collier que tout le monde ne sache ? C’est l’accessoire number one du BDSM, sa carte de visite: même ceux qui ignorent tout de nos pratiques savent ce que ce collier signifie… Alors, aller faire du neuf avec ça…

 

Des colliers, avant Toi, j’en avais déjà portés… Mais c’étaient toujours des colliers d’emprunt qui gardent la trace de la précédente, qui ont déjà une mine à chercher le cou de la suivante… Ou des colliers « publics » qui traînent ça et là, dans les clubs pour les « oublieux ».

 

C’est quasiment une convention : tout « jeu » BDSM commence ainsi : on vous pose un bandeau, on vous met un collier. Pour vous autres, Dominants, c’est une manière de « prendre possession »   métaphoriquement, pour nous une façon d’entrer de plain pied dans «  la scène » et de nous retrouver psychologiquement dans notre « état » de soumission…

 

Même Toi, tu ne fis pas exception à la règle et le premier collier que tu me mis était un collier anonyme…

 

Alors, ce soir, malgré tout, je poste ce « collier » pour évoquer notre rencontre.

 

Elle fut le fruit d’un hasard un peu spécieux puisque nous nous sommes « connus » sur le serveur BDSM qui fut le théâtre de l’Abécédaire de notre blog précédent ! Encore aura-t-il au moins "servi" à cela (le contraire eut été le comble pour un "serveur"!) : nous nous sommes, c’est vrai, rencontrés là-bas avant le temps des grands scandales organisés…

Le soir où je t’ai connecté en ligne, tard, c’était pour te parler d’un poème que tu venais de publier et qui tranchait avec la « production » ambiante du moment…Pour le reste, je ne pensais à rien, je me débattais dans une histoire en lambeaux et ton « profil »  était très loin de ce que je pouvais « rechercher » désespérément ( sourire…)

Tu avais toute cette expérience qui me faisait défaut, tu organisais des soirées, enfin bref, à priori, tu n’étais pas positionné sur le même terrain que moi.

 

Nous avons discuté des mois sur ce chat, puis des semaines au téléphone. Parlant de quoi ?

Et bien de tout, je crois, sauf de BDSM… Je t’ai confié mes malheurs de « soumise » trompée, nous avons découvert que nous partagions Aragon, Ferré et Lelouch, que j’étais née à soixante kilomètres de chez toi et que nos enfances avaient vu dans les mains de nos parents ce même « rouge » quotidien de la région Sud-Est… Que nos engagements citoyens

d’aujourd’hui étaient la suite de ces hiers.

A force, à force, nous avons eu envie de nous connaître de visu et, de ton côté, tu semblais avoir le désir de tenter avec moi l’expérience de la relation D/s.

Souviens-toi du pacte : pour un café si nous ne nous plaisons pas, pour l’après-midi si ça ne fonctionne pas vraiment, pour quelques mois si… Et pour la vie si… Lequel de nous deux avait lancé ça en plaisantant, je ne m’en souviens plus…

 

Bien plus tard donc, quand nous avons su que c’était « pour de bon » comme disent les enfants, alors ce collier fut ton premier cadeau. Et ce fut « mon » collier, fabriqué par Toi, pour moi, avec une médaille à son anneau . Cette médaille, c’était un cœur avec mon nom de soumise. Quel hommage et quelle fierté pour moi…

 

Alors, que ceux qui ne peuvent comprendre en rient mais ce fut pour moi comme une somptueuse parure et le même symbole qu’une alliance dans notre milieu : je m’étais donnée et tu m’avais reçue.

 

C’est pour cela que la photo qui illustre ce texte est une allégorie du collier: à chacun(e) son vécu...

 

Pour le reste, et bien quoi ?

Je t’aime.

Et il n’y a rien de changé depuis le premier soir.

Si ce n’est qu’aujourd’hui, tu ne me « poses » plus mon collier. Je le mets moi-même.