C COMME CONTREPOINT...(ou LES MAUX DU BDSM? LES MOTS SOUMIS !).

 

Depuis bientôt deux ans, je me balade de sites BDSM en listes BDSM et je finis par croire que la seule vraie prisonnière, la seule vraie soumise c’est définitivement la liberté de penser.

 

Je pense bien sûr ici avant tout à la liberté de parole, c’est à dire à la censure dont nous avons été l’objet, M. et moi, en un lieu que nous avons souvent évoqué sur notre précédent blog…La meilleure preuve en étant que cette liberté de parole nous aura coûté…deux weblogs pour finir !!

Mais au-delà d’un individu atrabilaire aux réactions commercialo-épidermiques qui en fin de compte demeure un cas d’espèce, il y a plus étonnant encore…

 

Sur l’ensemble des forums, des listes ouverts aux pratiquants du BDSM, la chose qui « frappe » le plus, c’est avant tout la prétention inégalée des participants. Tous ont LEUR idée, LEUR définition du ceci ou du cela, et cette définition est par essence la bonne et la seule… L’avis des autres leur chaut peu, ils n’en ont que faire ! Mieux : ils s’en contrefichent… De la nomenclature BDSM en passant par la philosophie, car nous avons de « Grands Penseurs » parmi nous, ils détiennent un avis et c’est le bon…

 

Ils pensent, ils disent, ils écrivent (le pronom peut être mis au féminin !) ne mettent jamais le moindre bémol à leurs propos tant il est vrai, n’est-ce pas, que la Vérité est une et une seule? Et gare à qui voudrait émettre un avis différent : cela n’est pas toléré!

 

Ils ouvrent des forums ou des discussions : on leur répond, ils remontent au créneau pour donner du croc…A se demander pourquoi ils l’ont créé ce forum s’ils ne supportent pas qu’on parle après eux ! Le plus amusant est que souvent, même ceux qui abondent en leur sens se font rhabiller sous prétexte d’avoir dénaturé leur pensée…

 

Car ils ( ou elles ) pensent  mais sur le mode unique… A lire ces textes, je les imagine lorsqu’ils lisent eux-mêmes : leur moue de mépris, leur clavier persifleur et hop ! voici la note du jour pondue…

 

Il y a aussi ceux et celles qui paraissent rester humblement au bord du chemin à compter les coups et qui lorsqu’ils le peuvent lancent tout à coup leur banderille assassine d’un jeu  de mot infécond mais ô combien méchant !

 

Entre la pub qui nous utilise ici et là sans cesse depuis trois ans à coup d’images pour choquer le bourgeois frileux et ces élitistes immodestes que je décris, ce n’est pas encore demain la veille que nous sortirons du ghetto, c’est certain !

 

Ici et une fois encore ce n’est que le weblog d’Aurora et tout ce qui y est écrit n’engage qu’elle…que moi donc en l’occurrence … que mon ressenti, que ma toute petite expérience…

Cette « Encyclopédie BDSM » est un clin d’œil en miroir à notre défunt « Abécédaire » et un peu de moi partagé avec ceux d’entre vous que cela pourrait intéresser, en aucun cas des paroles définitives et péremptoires.

 

Sur le BDSM d’ailleurs, je n’écris plus qu’ici. Les mots confisqués, les mots prisonniers, ce n’est plus du tout, mais alors plus du tout mon truc… Comme quoi à quelque chose, malheur est bon…

Qu’ils s’embrochent entre eux ! Moi, le SM virtuel ne m’a jamais inspirée.

 

 

PS : Et, au passage, je leur dédie  les paroles de cette chanson de Brassens :

 

 « Ceux qui ne pensent pas comme nous. » :

 

Quand on n'est pas d'accord avec le fort en thème
Qui, chez les sorbonnards, fit ses humanités,
On murmure in petto : "C'est un vrai Nicodème,
Un balourd, un bélître, un bel âne bâté."
Moi qui pris mes leçons chez l'engeance argotique,
Je dis en l'occurrence, excusez le jargon,
Si la forme a changé le fond reste identique :
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."
Refrain
Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.
Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.

Jouant les ingénus, le père de Candide,
Le génial Voltaire, en substance écrivit
Qu'il souffrait volontiers - complaisance splendide -
Que l'on ne se conformât point à son avis.
"Vous proférez, Monsieur, des sottises énormes,
Mais jusque à la mort, je me battrais pour qu'on
Vous les laissât tenir. Attendez-moi sous l'orme !"
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."
(Au Refrain)

Si ça n'entraîne pas une guerre civile
Quand un fâcheux me contrarie, c'est - soyons francs -
Un peu par sympathie, par courtoisie servile,
Un peu par vanité d'avoir l'air tolérant,
Un peu par crainte aussi que cette grosse bête
Prise à rebrousse-poil ne sorte de ses gonds
Pour mettre à coups de poing son credo dans ma tête.
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."
(Au Refrain)

La morale de ma petite ritournelle,
Il semble superflu de vous l'expliciter.
Elle coule de source, elle est incluse en elle :
Faut choisir entre deux éventualités.
En fait d'alternative, on fait pas plus facile.
Ceux qui l'aiment, parbleu, sont des esprits féconds,
Ceux qui ne l'aiment pas, de pauvres imbéciles.
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."
(Au Refrain)