Commençons par nous réjouir de l’heureuse nouvelle : le Sénat n’a pas ratifié la version liberticide de la LEN.

 

Je « vis » depuis longtemps sur U-blog. Tous mes weblogs depuis novembre 2002 y ont eu leur lieu de résidence. Je suis une "habitudinaire" : là où je plante ma tente, je finis par me sentir chez moi... Pour me voir disparaître, il faut me chasser !

Je compte maintenant plusieurs « générations » de bloggueurs sur le site : tous lui auront, selon le moment, donné un style, une empreinte différente…

 

Je comprends parfaitement ceux qui « émigrent », qui changent d’hébergeur, soit parce que le leur ne leur fournit plus les prestations qu’ils désirent, soit parce que celui-ci disparaît…

 

Je comprends aussi ceux qui, un jour, décident de fermer leur blog définitivement. C’est un grand et beau geste. Je pense qu’il n’est pas indolore. D’autres l’ont eu ici et je ne leur ai pas rendu hommage parce que je les connaissais peu.

Je vais donc m’en tenir à quelques mots sur Gil « Le journal d' un mammifère omnivore » dont, en me reconnectant hier, j’ai appris par le biais du forum la disparition totale et volontaire.

Gil était un amant des mots et des images. Aller chez lui était toujours une surprise. Et pourtant, petit à petit, je m’étais habituée à cette visite. Gil avait toujours les mots pour le dire ( que ce soit dans ses textes ou dans ses réponses aux commentaires) ou l’image pour le montrer…

Il n’indique nullement ses raisons de fermer cette auberge où j’aimais passer m’asseoir un instant et nous ne devons pas chercher à les connaître. Tout au plus pouvons-nous exprimer nos regrets qui sont bien peu de choses…Et pour moi avant tout celui d’un bloggueur « quadra » avec lequel je me sentais de proches références de lecture…Curieux d'ailleurs, était-ce la "forme" de son habillage, mais le journal "virtuel" de Gil m'a toujours paru fait de papier comme mon quotidien en kiosque...

 

A travers son "départ", une fois de plus, Gil nous fait nous reposer la question « Qu’est-ce qu’un blog ? » et toucher du doigt la dimension de cette si facile et si fragile écriture virtuelle.

Un weblog, c’est d’abord de l’écrit, c’est à dire un acte solitaire ( celui là même que j’accomplis en ce moment puisque dans l’attente que M. ait à nouveau accès à un clavier, je mets mes textes sous le coude) puis, dans un second temps, c’est cet écrit donné ou du moins mis à la disposition d’autrui. C’est en ce sens que je n’ai jamais compris les weblogs à « mot de passe » qui font de l’élitisme en privilégiant quelques lecteurs. J’ai toujours eu envie de leur conseiller d’envoyer leurs « œuvres » par e-mail aux « happy fews » de leur pré carré. Décidément , je n’aime pas les barrières pour les avoir trop connues ailleurs, autrefois…

 

S’offrir en lecture aux autres n’est jamais un acte anodin… Il faut accepter d’être mal interprété, critiqué, fui ou pire encore, non lu tout simplement.

Mais quel challenge ! Virtuel et humain. Si humain. Trop humain.

 

Et le jour où l’on n’a plus envie de faire ce cadeau de soi, alors, oui, que les lumières s’éteignent.

Sobrement.

Hommage et merci à Gil d’avoir été des nôtres un temps et de nous avoir apporté le plaisir de sa brève promenade parmi nous.

Clap de fin.