M COMME MAMELLES ...

 

Faisant à peine un petit 85 B, je n’ai pas de « mamelles » et si autrefois, j’ai pu envier les pin-ups des comic strips, je dois m’avouer ravie d’être ainsi aujourd’hui…

 

Il faut dire que je suis toujours surprise du vocabulaire dont est accompagnée chez nous l’évocation de la figure de la « soumise ». Ce plaisir que mettent les hommes à désigner nos attributs par les mots les plus proches du champ lexical animalier est navrant et rejoint encore une fois cette imagerie de la chienne ou de quelque autre femelle venue d’on ne sait quels méandres profonds du fantasme…

 

Les mamelles, les pis sont des termes péjoratifs par lesquels nos « acteurs » se complaisent à voir le buste féminin, il arrive quelquefois que ce soient des femmes elles-mêmes qui fassent l’usage de ces mots.

Quel reflet d’elles souhaitent-elles rencontrer dans les miroirs ou n’est-ce une fois de plus que le désir de se conformer au regard d’un autre jusqu’à en adopter le mode d’expression ?

 

Et eux, d’où leur vient ce vocable si inhabituel qu’ils n’oseraient l’employer nulle part ailleurs ?

Qu’est-ce qui fait qu’une fois passée la porte du domaine BDSM, tout paraisse permis ?

 

Le problème étant qu’il n’y a rien là dedans d’un érotisme ludique et spontané qui passerait par le langage, comme cela se produit quelquefois par malice et recherche d’un certain piment occasionnel chez les couples « classiques ».

Non, chez nous, cela fait partie de « règles » que certains édictent et appliquent. Femme se transforme en femelle et en corps morcelé en parties qui ne peuvent être désignées que vulgairement.

 

Il n’ y a aucune poésie transgressive en cela, juste une « évacuation » malsaine d’un certain mépris venu du fond des temps par les uns, subi et accepté parce que quelque part « reconnu comme valide » par les unes…

 

La vraie question qui demeure est celle des motivations profondes à se déclarer dominateur ou soumise dans ces conditions…

 

C’est dans ces « mamelles », symbole de fécondité et de vie que se pose de la façon la plus aiguë la perception des rapports hommes-femmes par ceux qui sont en « visite » chez nous par dédain de la femme ou, pire encore, par dédain d’ elles-mêmes.

 

Moi, je suis fière d’être soumise, j’aime bien mes petits seins puisqu’ils Lui conviennent, mais jamais, au grand jamais , il ne me viendrait l’idée « érotique » de parler (ou de laisser parler) de moi comme d’une vache à traire…