J. W. WATERHOUSE

M COMME MALSTROM ...

 

Des madras madrépores qui s’envolent au vent. Nudité de patience, nudité de l’instant.

Savoir se retourner et faire face au tourbillon, savoir se regarder, se regarder au fond. Intime tempête, cérémonie secrète.

 

Je me tourne vers hier, au temps des cerisiers: un moi enfant regarde des voitures passer. Imaginant toujours où peut aller la route. Et où dont peut conduire ce que d’autres redoutent.

Je m’assieds sur la branche la plus haute, invisible. J’y ai caché des choses douces et d’autres lisibles.

Je m’invente des déserts que des siroccos dévalent et des tramontanes légères qui font danser le val. J’invoque même le mistral qui ne m’obéit jamais. Toujours, quand il passe royal, je suis enfermée…

Je reste là longtemps jusqu’au soir descendu. Jusqu’à ce qu’on m’appelle d’une fenêtre sue.

Demain me trouvera à cette même place. Et des ans passeront avant que cette trace d’aventure immobile et de vrai tourbillon soit  à nouveau tactile dans d’autres émotions…

 

Ce que je cherche en moi quand je suis avec Toi, ce sont les chemins défendus, ce sont les chemins inconnus de cette enfant-là dans cet arbre-là….