PROLOGUE

 

« Hier mais il y a très longtemps déjà », comme l’écrivait René Char, et à la vitesse où vont les choses, on peut dire que l’histoire en question se déroule il y a des millénaires, j’appartenais à un site, un forum qui fournissait aussi des weblogs.

 

Pour en avoir un, il fallait montrer patte blanche, c’est à dire fournir une photocopie de sa carte d’identité et s’abonner par chèque ou CB au même nom. Vous n’avez jamais vu un seul de ces weblogs et pour cause , ils appartenaient à un espace privé, à un service dont le but premier n’était donc pas de vendre du weblog « généraliste », ouvert à tous. Et il en est encore de même aujourd’hui ; du moins jusqu’à ce jour où j’écris. Pour ce qui est de l’avenir, je ne sais, hélas, pas lire dans le marc de café….

 

J’avais d’exécrables relations avec les gérants de ce site et n’avais jamais voulu leur laisser une trace quelconque de mon identité : « c’était un temps déraisonnable » dirait Aragon, et dans ma naïveté d’alors j’ignorais que les IP parlaient comme les photographies….Je me berçais donc avec ma secrète identité et n’avais pas de weblog du même coup…

 

Je me souviens que je voulus un jour passer sur un forum du dit site un texte de Jacques Salomé sur la « découverte de soi » qui me fut refusé à peu près en ces termes : «  Vous êtes jalouse parce que vous n’avez pas de weblog et non, nous ne validerons pas votre texte qui est sans rapport avec l’objet de ce site »

Na, na, na, nère, quoi…. Mais c’est vrai que les rapports que j’avais avec ces « modérateurs » étaient ainsi, en un tout petit peu plus méchant tout de même…

 

DESIR DE WEBLOG ET WEBLOGS

 

Alors, j’ai , c’est vrai, voulu un weblog et comme le magazine « Elle » venait de faire un article sur ce phénomène, j’entrais un soir sur Google à la recherche de Joueb qui avait été le nom proposé sur l’hebdo féminin. Je trouvais  donc Joueb et un second nom : « Metacites » .

Ne connaissant rien au langage de base informatique et Joueb proposant des créations de sous-rubriques, j’ai fui cet hébergeur dès ce premier abord pour venir jeter l’ancre sur Metacites qui était d’apparence infiniment plus simple quant à son utilisation…

Et puis, il y avait là tout un « état d’esprit »… Le définir serait difficile : je me souviens simplement par exemple du blog « Terrelibre »…

On était en novembre 2002 et je crois que le blog que je créais ce soir-là fut le 28 ème du serveur.

Ce blog a fonctionné quelques mois, un autre a pris le relais. Metacites est devenu Ublog . Nous avons été « virés » de notre fameux site de « départ », M. y perdant son weblog de là-bas au passage…

Et nous avons alors été AURORAOULEWEBLOGVOLE, volé ou envolé c’est sûr puisqu’il n’est plus «  accessible » même s’il est un abonné vivant de ce serveur, et enfin l’AURORAWEBLOG que vous connaissez….

 

C’est drôle, mais il y a maintenant des mois que par la « vertu » du blogging, j’ai pris l’habitude d’écrire tout ce que je pense. Je m’aperçois de cela ce soir en réfléchissant sur ce thème des blogs…

Dans la vie quotidienne, je ne sais pas vraiment « tourner sept fois la langue dans ma bouche » avant de parler et cela me cause assez souvent des ennuis mais comme tout le monde, je me gendarme tout de même moyennement.

Sur ce weblog, je n’ai jamais censuré une pensée, une parole, un texte. J’ai d’ailleurs republié cet après-midi le seul post qui avait donné lieu à un malentendu et donc à un « effaçage » en bonne et due forme de ma part.

 

Le blog me donne le sentiment d’une libre écriture. Cela n'a rien à voir avec le fait d’être à l’abri derrière un clavier. On est toujours dans cette situation sur la Toile, que ce soit sur une liste de diffusion ou sur un chat. Il n’est donc pas question ici d’un anonymat plus ou moins sûr…

C’est l’outil en lui-même qui est en question, il s’agit d’une porte librement ouverte, d’un espace de liberté complète. Où chacun s’exprime sur ce qu’il désire. Et où chacun va aussi lire ce qu’il désire.

Je ne lis pas les blogs des politiques, non que je ne m’intéresse pas à la chose mais parce qu’ils me donnent l’impression d’être un outil de propagande de plus, voir les blogs de campagne qui fleurissent actuellement et dont je me demande quelle durée ils auront une fois les élections actuelles passées ; ils refleuriront certes mais selon moi à la prochaine échéance électorale.

Cela dit, pourquoi n’utiliseraient-ils pas eux aussi ce système ? Tant que mon abonnement n’est pas conditionné à leur lecture, leur existence ne me fait ni chaud ni froid…

Je ne lis pas plus les blogs techniques sur les blogs, tout simplement parce que je n’y comprends rien. Mais je sais qu’ils sont utiles à d’autres, donc leur intérêt ne peut être mis en doute.

Il y a aussi toute une immense variété de blogs persos que je ne clique jamais pour les avoir lus une ou deux fois et n’y avoir rien trouvé qui puisse me captiver. Ils se passent fort bien de moi et ont leurs lecteurs et liens.

 

J’aime les blogs qui réfléchissent sur la philosophie des blogs comme Mediatic et bien d’autres : les notes de Benoit de Hautetfort etc…

Ils m’aident à réfléchir et à structurer mes idées sur cette forme d’expression qui me passionne.

Peut-être parce qu’en tant que lectrice et aussi qu’enseignante en Lettres, je suis persuadée qu’il y a dans les blogs une nouvelle forme de littérature par le biais de l’auto-publication et qu’elle amène bien plus de lecteurs que ces « éditions à compte d’auteur » que l’on voyait naguère.

Je me vois agir moi-même : j’ai mes blogs préférés, j’en ai cités quelques-uns il y a quelques jours. Pour rien au monde, je ne raterais un de leurs posts : je les lis comme je lirais un auteur au fil des livres qu’il fait paraître… Sauf que là, c’est en mode instantané et en version courte par rapport à la forme, mettons, d’un roman…

De plus, le système aléatoire de la page d’accueil de ce serveur, des pings sur Joueb ou Weblogues ou plus simplement encore "les liens de mes liens et leurs liens" me font découvrir chaque jour d’autres gens chez qui je sais que je vais revenir.

 

 

 A STEPHANE ( REFLEXIONS SUR LE PHENOMENE DES BLOGS)

 

J’aime les gens qui ont su percevoir ce mouvement perpétuel et le relever techniquement comme un défi. Je pense souvent à Stéphane Le Solliec, parce qu’il fut à l’origine de Metacites puis de la première version d’Ublog (sans tiret).

Je ne connais pas Stéphane, à part à travers le blog de Matys et les forums de mes dix premiers mois sur Ublog.

Mais je ne l’oublie pas et il m’arrive de songer souvent à cette géniale folie qu’il eut de créer cet outil, de parier sur lui et de nous le mettre en mains.

 

 

 

Qu’ensuite Metacites gratuit soit devenu Ublog un peu payant puis U-blog plus payant ou gratuit selon le choix que l’on fait et qu’il ait changé de mains n’est pas de mon propos ce soir… J’ai dit ailleurs que je pensais que rien ne pouvait être indéfiniment gratuit et que tout travail méritait salaire. Je ne souhaite pas même revenir sur les encarts publicitaires que l’on voit de toute manière maintenant aussi sur 20six ou Canalblog….

L’unique chose que je ne voudrais pas serait que nos écrits à tous servent d’atout promotionnel pour une quelconque manipulation commerciale, puisque pour que publicité il y ait, il faut aussi qu’il y ait des gens qui utilisent régulièrement leurs blogs et non un nombre de blogs créés certes, mais dont certains ne voient jamais l’ombre d’une note. Tout serveur de weblogs au delà du « bluff » du nombre des inscrits, vit « philosophiquement » ( par opposition à matériellement) uniquement sur la présence de ses réels utilisateurs et la variété de leur production.

J’ai dit variété ce qui ne veut pas dire unanime qualité et si nous faisons le pari de la durée de l’engouement pour les blogs, alors, il est certain, comme l’écrivait Klodd il y a quelques jours que nous allons passer par des vagues de vedettariat de X ou de Y qui retomberont et seront relevées par d’autres houles qui, dans six mois ou un an, correspondront plus à cet air du temps qui caractérise nos années actuelles de par sa constante mobilité et son bûcher des idoles encensées la veille.

L’important étant de se rendre compte de ce phénomène et de rester fidèle à soi-même et à ses goûts. L’écriture, elle, a au moins la grâce d’évoluer, certes, mais à son rythme propre, loin de la pusillanimité qui caractérise les adorateurs.

 

POUR CONCLURE

 

Je m’aperçois que malgré le sujet très précis auquel j’ai consacré l’ensemble de mon blog, j’écris assez régulièrement sur le système-blog en soi. Au moins une fois tous les trois mois depuis septembre.

Que ce post de part son essence soit dédié à Stéphane Le Solliec envers lequel j’aurais toujours la gratitude infinie de m’avoir donné l’espace de liberté que je cherchais… désespérément !!!

 

Même si personne ou seulement une ou deux personnes parmi celles qui me liront peuvent en comprendre le sens profond, je signerai ce soir ce post de l’un de mes « multiples pseudos »  de naguère, ailleurs, celui de ces pseudos par lequel j’ai « désespérément cherché », là-bas, le droit à l’expression pour tous :

 

 

Evanescente.