C COMME CANNE...

Attention ! Il sera question de plaisir ici ! De vrai plaisir à l’état brut. Ames effarouchées s’abstenir. Pardon à vous d’avance.

 

La canne, pratique classique s’il en est du BDSM, ce n’était pas mon truc…

Cet instrument de rotin, baigné dans l’huile des semaines pour lui conserver sa flexibilité et sa souplesse, je l’avais parfois aperçu, plutôt joli avec son manche de cuir tressé.

Mais j’avais vu surtout des photos, les marques etc… Pas beau mais vraiment de chez pas beau. Et puis tout le côté folklo BDSM caning-éducation anglaise : la jeune fille en jupe relevée et le maître sévère à mine de barbon…

Rien à voir avec ma recherche d’esthétisme. Et côté amour-vache, moi, j’étais plutôt partisane de la bonne vieille fessée à mains nues, peau contre peau…Plus intime, quoi, plus amoureux à priori…

Bref, en venant à moi, mieux valait laisser sa canne au vestiaire !

 

Et puis, et puis…Un beau jour, M. m’a fait le coup de la sensation-surprise quand j’avais mon joli bandeau sur les yeux. Beau cadeau d’amant amoureux. Car pour moi, ce fut la révélation !

 

Il y a d’abord le bruit rapide qui fend l’air, plusieurs fois tandis que l’officiant apprécie l’espace et la force de son poignet, avant de se lancer. Jamais d’imprudence !

Le premier impact sur ma peau. Une zébrure nette. Précision extrême. Et l’incroyable…La douleur qui s’épanouit, qui irradie, qui s’étend en picotements magiques, une vraie décharge électrique, un feu d’artifice et le cœur battant…

Les autres coups qui tombent , pluie d’étoiles, à couper le souffle car à la faveur du rythme, là, c’est autre chose qui se met en place…

Le ventre bouleversé par le tempo qui s’opère sur mes fesses, je me perds, je me laisse aller, je m’abandonne…

Oui, ça fait mal, oui, oui, oui…

Indéniablement mal. Mais de toutes les douleurs que peuvent provoquer les différentes pratiques BDSM, la canne est assurément celle qui amène le plus rapidement sur le chemin du plaisir… Question de physiologie probablement. Les « miracles sexuels », on le sait bien, s’expliquent tous ainsi. Le plaisir BDSM n’y fait pas exception…

 

On ne joue pas des heures avec la canne. Nous essayons d’en retirer l’un l’autre le maximum de plaisir avant que la douleur atteigne cette intensité qui n’en ferait plus que de la douleur.

Puis nous passons à autre chose…Mon corps est sensuel, lourd, chaud… Je baigne dans mes sensations, je souris… Je suis bien, nous sommes bien… Le reste, la suite sont si faciles à imaginer pour vous que j’achève ce texte ici.