L COMME LITOTE ...

 

Je ne déteste pas mon blog.

 

C’est mon espace à moi, mon coin de Toile. J’y fais un peu ce que je veux, je m’y indigne ou j’y roucoule selon les soirs.

Il raconte une part de moi, plus précisément une part de ma vie privée, la sphère que l’on pourrait qualifier de « plus intime ».

Il n’y aucun exhibitionnisme dans ces écrits. Tout au plus, peuvent-ils me permettre parfois par la magie de l’écriture de toucher du doigt quelque mienne vérité qui si elle ne passait pas par l’encre ou le clavier demeurerait un ressenti fugitif, jamais approfondi, une étoile filante quoi, que l’on regarde passer et qu’on ne capture pas plus qu’on ne la capte vraiment.

 

En ce domaine comme en bien d’autres, lire (et donc relire), voir (et donc revoir), écrire (et donc préméditer le dire) m’ont permis d’avancer à chaque stade de ma vie…

Ma vie qui ne se limite pas à mes tendances sexuelles, ma vie où par exemple à l’heure actuelle, j’ai d’autres soucis d’un niveau beaucoup plus prosaïque, puisque je vis comme tout le monde le poids du laid, du beau, du bon et du mauvais de chaque jour.

 

Et pourtant, c’est un tout petit arpent de moi que j’ai choisi d’évoquer ici. Et que je ne mêle pas aux autres aspects de moi, sur ce weblog que j’ai donc consacré à cette pulpe d’intime …

Le pourquoi du comment est le fait du hasard. Je ne sais pas ce que serait devenu « Auroraouleweblogvolé » s’il n’avait pas du prématurément fermer ses portes, si M. pour couper court à mon chagrin ne m’avait dans les 24 heures ouvert celui-ci….

 

Il y aura bientôt trois ans que je me bats contre la manière dont le BDSM est traité et pour laquelle je pense que nous devons, nous autres pratiquants, plaider coupables.

Le BDSM est devenu un produit, une marchandise commerciale comme n’importe quelle autre parce que nous, nous sommes devenus des consommateurs.

J’ai fait ce blog pour « détonner » un peu sur le Net, parce que je n’ai rien à y vendre, parce que je n’y apporte pas caution aux éternels poncifs que nous trainons comme des casseroles et dont nous devons quelque part être bien contents puisque nous ne faisons rien pour nous en débarrasser.

 

Etat des lieux de l’Internet BDSM : 99 pour cent de sites commerciaux à photos ('galleries' comme on dit parce que c'est presque toujours made in USA) payantes (très cher) pour voir du hard….et qui ont leur clientèle assurée car sinon comment prolifèreraient-ils à cette vitesse ?

D’autres sites tout aussi commerciaux de matériel, gadgets  et oripeaux-tenues de combat-tenues de fiesta qui, ma foi, marchent du mieux qu’ils peuvent….surtout en gravitant tous autour d’un même concept…

Les sites payants de conversation : je vous laisse imaginer l’engouement !!!! Et le clic du tiroir caisse!!!

Sans oublier bien sur tous les sites de Dominas accessibles soit par abonnement avec C.B., soit grace à "AlloPass"...

 

Quelques centaines de listes de diffusion gratuites où l’on s’étripe joyeusement entre anciens (pas forcément rassis) et new wave (pas forcément gentils)sur des questions d’étiquette, l’étiquette antédiluvienne, la caricature du BDSM que les nouveaux, loin de changer, prennent à la lettre  alors qu’ils n’ont pas encore les moyens de juger de ce qui est le vrai, le faux et surtout l’immense part de flou dans laquelle réside le mariage de nos vies SM et de nos vies au quotidien …

Quelques sites de forums très modérément payants qui essaient d’être originaux mais qui tôt ou tard retombent sur ce que l’on attend d’eux au fond ( véhiculer le poncif) et qui ne survivraient pas sans cela.

 

Quelques dizaines de pages persos qui, à très peu d’exceptions près représentent pour la énième fois la même vision : « Le site de Maître Caïn » avec quelques laius du Maître, quelques « confessions » de la soumise et hop ! deux ou trois photos persos et la page des liens renvoyant sur (au choix ) : des sites jumeaux ( où l'on tourne vite en rond , soumise Julia pensant à la virgule près ce que pense soumise Vanina sur « Le site de Maître Abel », c’est à dire à respecter les neuf degrés de soumission, les douze règles de soumission, les quatorze poses d’offrande au Maître. Lequel rappelle les onze préceptes de tout bon Dominateur….), des liens commerciaux pour des sites payants de conversation, ou d’autres qui vendent gadgets,  oripeaux etc….

 

Et la boucle est bouclée. Clic et Cash!

 

J’oublie quelques « courageuses » pages persos de « textes érotiques BDSM » mais toujours respectant à la lettre les neuf-douze-quatorze….

 

Seul point positif : quelques très beaux weblogs situés sur 20six avec une  tendance esthético-poétique BDSM qui prouvent au moins que les choses vont peut-être changer car ceux-là ne sont pas du style à entrer dans la « firme »  en signant le sacro-saint règlement d’un air béat… Je ne les cite pas, ils (elles) se reconnaîtront…

 

J’ai donc essayé ici d’ouvrir une brèche pour  dire que "chez nous", c’était aussi autre chose que dans le calibré fantasme, que des gens vivaient ça sans correspondre du tout aux critères qui semblent exigés, sans ressembler aux stéréotypes véhiculés…

Et je continuerai ainsi puisque c’est au fond le sens linéaire de la trame de ce weblog que je ne déteste pas…

 

 

Chemin faisant, j’avais oublié les autres.

A toujours croiser le fer avec « les miens », j’avais omis ceux qui, n’étant pas de la chapelle, en pensaient du mal…

« Du mal », bête expression, mais c’est pourtant celle qui me vient à l’esprit…

C’est vrai qu’à force de trouver, moi, toutes  « les choses de la vie » (merci Paul Guimard !) inhérentes à la vie, j’avais oublié que pour d’autres, certaines provoquent des hauts le cœur, des répulsions, des dégoûts, des manifestations d’opprobre, des jugements de valeur, des sorties de scène outrées drapées dans la toge de la dignité ou des réactions sarcastiques d’un goût et d’une motivation douteuses ( car dans tout refus de l’autre et surtout dans les plus virulents, les plus caustiques, il convient de se demander ce que l’on refuse de soi…je le sais pour en avoir fait l’expérience…).

 

Enfin bref, ce rejet, je l’ai rencontré en quarante-huit heures là où je l’attendais le moins (dans un milieu intellectuel) et de la façon à laquelle je m’attendais le moins aussi ( c’est à dire dans l’affirmation du rejet en pré-requis et non dans le questionnement) .

Comme quoi, pour faire court, quand je ne me fais pas virer, c’est moi qui demande poliment le chemin de la sortie.

Soupir….

Au vu de l’opinion qu’ont certains du BDSM , je me dis qu’on est mal barrés…. parce que s’ils lisaient les autres( mes frères et soeurs ennemis) et leurs « zolis » textes hards….

 

Et que les autres (mes frères et soeurs ennemis), justement, confits dans leur pré carré feraient bien de venir quelquefois prendre l’air dehors, comme moi je viens de le faire. Et que s'ils savaient comment certains nous voient ( Monstres, Gargouilles et Cie), ils auraient de sacrées surprises.

Peut-être qu’après, ils discuteraient un peu moins de l’étiquette, des onze préceptes, peut-être qu’ils verraient un peu plus loin que le bout du nez de leurs gourous et essaieraient aussi de se raconter authentiquement comme je tente de le faire .

 

Sur ce weblog que je ne déteste pas et qui n’est qu’une petite poussière mais qui en s’écartant des sentiers battus finira par remuer d’autres poussières jusqu’à en faire une traîne pailletée comme celles qui volètent entre les pans des rideaux en été  dans les vieilles bâtisses méditerranéennes….

Ces traînes de poussière qui nous sont inutiles, dont on ne voudrait surtout pas chez soi, et qu’on balaierait bien, là, d’un revers de main impatient ou indifférent mais que l’on s’attarde un instant à contempler pour leur brillance avant de s’en retourner à nos destinées perpendiculaires , ces traînes de poussière qu’on aura respectées pour la lumière qui émanait d'elles….