Ceci est du reblogging dû au grand bug de KarmaOS en 2014. Il y aurait 53 notes à reproduire pour que mon « AURORAWEBLOG » apparaisse ici dans son intégralité. Faute de temps, je n’en passe que quelques-unes, les plus intimes. Ce blog racontera ainsi un  amour trahi depuis la ferveur du début jusqu’à la misére de la fin.

Le post ci-dessus (je le préciserai pour chacun d’entre eux) date du 12/06/2013 pour sa première publication… Vos commentaires sont absents sur ce reblogging. Je n’ai, hélas, pas pu les retrouver dans « mes documents »…

 

 

Pardonnez-moi ce titre si long. J’ai voulu parodier à ma façon celui de l’un des plus beaux livres d’André Pieyre de Mandiargues: «L’'Anglais décrit dans le château fermé»…

Puisque nous parlions ici de BDSM, de bondage, de banalisation et de vulgarisation, il me vient à l’idée de raconter maintenant une petite anecdote qui prouve que le flot d’images de mode, de stars etc. dont nous sommes abreuvés ne change guère, à mon sens, la perception que la personne « lambda » peut avoir de ces choses.

Sans doute même ne se rend-elle pas compte que ce flux médiatisé a un rapport avec cette sexualité particulière qu’elle juge par ailleurs sévèrement.

Il y a quelques semaines, nous visitions, au Musée d’Orsay, la magnifique exposition « L'Ange du bizarre, le Romantisme Noir de Goya à Max Ernst ». Je regrette de ne pas avoir eu le temps d’en faire la chronique ici mais c’est précisément à notre retour que, comme je l’ai expliqué plus tôt, le seau de m…. inattendu qui a fait vaciller notre couple m’est tombé sur la tête et que j’ai eu fort à faire pour m’en dépêtrer.

Vous êtes cependant des chanceux. Initialement prévue pour fermer le 9 juin, cette exposition   doit à son immense succès (bien mérité) de jouer les prolongations jusqu’au 23 de ce mois : précipitez-vous !

Durant notre visite, la foule était dense et, à un moment donné, Marden et moi nous sommes retrouvés éloignés de quelques mètres. C’est sans lui que j’ai franchi le détour d’une salle.

Je suivais, les hasards de la vie étant étranges, une actrice française de ma génération et sa fille.  L’actrice en question (que je ne nommerai pas) est relativement célèbre. « Relativement » signifie qu’elle tourne beaucoup mais pas dans des « blockbusters ». Plutôt dans des films marqués d’un engagement certain. Contre la pauvreté, contre la guerre etc. Elle  est aussi connue pour être très à gauche (pas au PS donc).

Pour ses rôles et ses prises de positions, toujours courageux, et aussi pour le fait qu’elle assume son âge sans Botox® et sans liposuccion, c’est une femme que j’aime bien et que j’imagine ouverte d’esprit.

A l’angle de la salle où nous pénétrons alors toutes les trois sont disposés quelques cyanotypes de Charles-François Jeandel (avant d’aller plus loin et pour comprendre quelque chose à la suite de mon propos, lisez ici les derniers paragraphes de l’une de mes notes de 2005 qui narrent la découverte de ces photos et leur permanence au Musée d’Orsay) avec le traditionnel petit panneau informatif expliquant sommairement la technique du cyanotype et indiquant que le notable faisait venir des filles démunies des environs pour servir de modèles aux images perverses qu’il élaborait.

Et voici mon actrice qui déclare alors à sa fille (je cite de mémoire mais c’est vraiment ça) : « Tu vois, c’est comme chez Maupassant, ce bourgeois exploitait les fermières pour ses cochonneries ! ».

Un peu gênée, j’interviens et précise que sur la plupart des photos, on sait de source sûre que c’était son épouse qui posait. Elle me rétorque que ce n’est pas marqué et que, même si c’était vrai, pour faire ce type de clichés, il fallait être deux personnes gravement perverties.

Je ne veux pas lâcher le morceau et je prononce le mot  fatidique de « bondage » et leur dis en souriant  que je le pratique moi-même dans mon couple et que je ne me sens pas particulièrement « perverse ». Elles se regardent alors, ne me répondent pas, rient un peu gênées et « sautent » derechef les deux œuvres suivantes pour ne plus se trouver à ma hauteur.

Voilà, rien d’autre.

J’ai été immensément déçue. Cette femme que je pensais si « libre » d’esprit…

Et puis, en y réfléchissant, j’en suis venue à ce que j’annonçais dans mes premières lignes.

Au mieux, la personne « lambda » ne connaît rien et ne connaitra jamais rien du bondage et du BDSM.

Au pire, cela l’effraiera et la dégoûtera.

Il y a, heureusement, les gens qui se trouvent au milieu du gué.

Que cela vous rassure ! Vous êtes de ceux-ci.

Car si vous êtes en train de me lire, c’est que vous n’êtes pas des personnes « lambda » !