BDSM Richard Kern "New York Girls", Editions Taschen 1997 (la modèle qui inspire le personnage de Junko dans le roman de Romain Slocombe "Sexy New York", Editions Fayard Noir, mars 2010).

BDSM Richard Kern "New York Girls" Editions Taschen 1997 (la modèle qui inspire le personnage de Una dans le roman "Sexy New York" de Romain Slocombe, Editions Fayard Noir, mars 2010).

Scans de deux photographies tirées de l’album « New York Girls » publié aux Editions Taschen en 1997 © Richard Kern.

 

 
Où commence et ou finit l'inspiration d'un auteur ?
Après l'époque de la photographie surréaliste la nuit passée, celle contempioraine de Richard Kern ce soir pour terminer cette analyse en images du roman de Romain Slocombe, « Sexy New York »...
 
 
   
Dans les dernières pages de « Sexy New York » (les sources), Romain Slocombe nous raconte son voyage aux USA en 1996 afin d’y réaliser un documentaire (projet dont il fut éjecté lors du montage) autour de son ami le photographe Richard Kern.
 
Ainsi tenons-nous donc le nom de celui qui apparaît dans le roman sous le nom de « Richard Kelp » et qui serait l’auteur de l’album « Sexy New York », réalisé avec de splendides jeunes femmes dont l’une sera au centre du cette fiction puisque Gilbert Woodbrooke s’éprend d’elle.
 
Mais même si Romain Slocombe ne nous l’avait pas fourni, nous aurions été en mesure de nommer son modèle sans faillir.
Il suffit d'observer les deux photos ci-dessus, issues de « New York Girls » paru chez Taschen en 1997 (après une première édition anglaise chez Purr deux ans plus tôt), et de lire ces quelques lignes dans le haut de la page 39 du roman de Slocombe :
 
« Je me rappelle deux de ces filles en particulier, qui m’ont fait une forte impression dans son recueil « Sexy New York », publié chez l’éditeur zurichois Mollino-Hellwein : Junko la pulpeuse Japonaise, lèvres peintes d’un rouge agressif, fesses à l’air et chevilles gainées de bottines noires à hauts talons, et Una l’Américaine aux superbes cheveux d’un blond vénitien, à plat ventre sur les draps du lit, nue à l’exception d’un collier punk noir aux pointes argentées et d’une longue paire de gants de velours sombre, tenant une cigarette qui se consume tandis que les troublants yeux bleus de cette nymphe fixent avec insolence l’objectif de la caméra. ».*
 
Aucun doute n’est possible.
 
Richard Kern est né en 1954. Il est cinéaste et photographe.
Il a débuté au milieu des années 80 dans le monde underground en réalisant quelques longs métrages mais surtout des « courts » , toujours très érotiques, auxquels il dut d’être désigné aux USA comme l’inventeur du « cinéma de la transgression » et de faire souvent scandale.
 
Comme il provient de la mouvance « punk », il ne faut pas s’étonner de le voir un peu plus tard associé à des noms d’artistes oeuvrant dans le domaine musical tels les Sonic Youth ou Marilyn Manson.
 
C’est pourtant avant tout cet album de photos, « New York Girls », qui l’a révélé au grand public et consacré comme photographe à part entière dès la fin des années 90 et lui a permis d’être exposé à maintes reprises.
Un album qui lui valut d’être comparé alors à Erik Kroll pour « l’imagerie » BDSM (à cause de ses très nombreuses photos de bondage) et Fetish qu’il contient.
 
Les années passant, Kern (voir son site ici) semble s’assagir mais c’est seulement en apparence.
Lui qui soutient une intéressante théorie sur le « voyeurisme du photographe » nous dit aujourd’hui que ce n’est pas de figer sur pellicule des corps ligotés qui est forcément le plus transgressif.
 
Et nous savons bien, à cette heure où « tout le monde le fait » (on ne sera du coup pas étonné de voir les campagnes publicitaires de mode de l’hiver prochain tourner pour beaucoup autour du thème « shibari ») qu’il a raison.
« Mainstream » dorénavant, Richard Kern ?
Regardons-y bien à deux fois avant de l’affirmer.
 
Il existe de nombreux points communs entre Richard Kern et Romain Slocombe.
La photographie. Le cinéma. L’attirance pour les corps japonais.
La différence consiste dans le fait que Richard Kern n’écrit pas de romans.
 
Lorsqu’on lit ceux de Slocombe, on songe que c’est peut-être dommage…
 
 
 
 
* Extrait de « Sexy New York », roman de Romain Slocombe aux Editions Fayard Noir, mars 2010.