Irving Penn Optician's Window 1933.

Irving Penn Woman with Roses Lisa Fonssagrives-Penn for Fashion Vogue 1947.

Irving Penn Cuzco Children 1948.

Irving Penn Girl in Bed 1949.

Irving Penn Jean Cocteau 1949.

Irving Penn Bouchers Parisiens 1950.

Irving Penn Colette 1951.

Irving Penn Picasso 1957.

Irving Penn Ingmar Bergman 1964.

Irving Penn Femme du Dahomey 1967.

Irving Penn Miles Davis 1969.

Irving Penn Kate Moss 1996.

Toutes les photographies © Irving Penn (passer la souris sur l’image pour en connaître le titre).

 
 
« En général je trouve décevantes les photos qui représentent les gens dans leur milieu naturel. Aussi j’ai préféré une tâche plus limitée : m’occuper seulement de la personne, loin des incidents de sa vie quotidienne, portant simplement ses vêtements et ornements, isolée dans mon studio. C’est du sujet seul que je distille l’image que je veux… ».
Irving Penn (1917 - 2009).
 
 
Dans ce petit monde étroit qui nous est donné, le hasard joue parfois un rôle qui étonne.
 
La quinzaine passée, à la recherche de femmes en chapeau pour illustrer une seconde série des « Mémoires BDSM de Madame EtrangeHistoire », j’ai revisité l’œuvre photographique de l’Américain Irving Penn.
 
Et voici que ce géant de la pellicule a disparu hier à l’âge de 92 ans.
Dans les premières dépêches qui tombent sur le Net (les journaux sur papier ne sont pas en vente dès le soir dans ma province), on parle beaucoup de lui comme d’un « photographe de mode ».
Et c’est vrai tant la fortune de sa carrière est liée à la collaboration jamais démentie depuis 1943 au magazine « Vogue » de celui qui avait commencé comme peintre puis designer d’excellence avant que d’être pris par le virus des « shootings » et celui de sa muse, Lisa Fonssagrives, qui devait devenir son épouse.
 
Ceci ne doit pas pour autant nous faire oublier qu’il fut aussi un immense portraitiste, témoin des grands noms de son temps, ainsi qu’un photographe de voyage (voir sa série des « petits métiers parisiens », ses clichés du Pérou ou encore ceux du Dahomey).
Tout à fait particulier en son genre.
 
Ce qui caractérise Irving Penn est de n’avoir jamais voulu travailler autrement qu’en studio avec des éclairages au tungstène qui lui sont propres, où qu’il ait été dans le monde, tentant ainsi de recréer l’illusion (mais l’illusion seulement) d’une lumière naturelle.
Les décors dépouillés au maximum dans lesquels il place ses modèles font aussi qu’il ne les fige pas mais les rend au contraire criants de vérité.
C’est ce que l’on a nommé techniquement « l’arrière-plan d’Irving Penn ».
 
C’est de cette photographie talentueuse, exigeante, humaniste, vivante et raffinée - très « glamour » aussi quelquefois - que nous portons en cette nuit le deuil.
Et dont nous avons déjà la nostalgie…