BDSM Nobuyoshi Araki, la photo qui figurait sur le carton d'invitation de la Galerie parisienne Templon en juillet pour l'exposition Bondages et qui a créé un scandale avec La Poste.

Nobuyoshi Araki "Haïku", extrait du portfolio de mode réalisé pour le magazine féminin "Jalouse" No 123, septembre 2009.

 Nobuyoshi Araki "Cuissardes pour fleurs vénéneuses", extrait du portfolio de mode réalisé pour le magazine féminin "Jalouse", No 123, septembre 2009.

 

Photo 1 © Nobuyoshi Araki (le carton d’invitation de la Galerie Templon en juillet 2009).
Photos 2 et 3 © Nobuyoshi Araki et « Jalouse » numéro 123, septembre 2009.
 
 
 
Il m’arrive de songer qu’à force de parler de Nobuyoshi Araki sur mes pages, certains pourraient croire que je vois en lui un photographe BDSM.
Si un grand nombre de ses confrères oeuvrant uniquement dans le « Fetish » s’inspirent nettement de nos rites et/ou pratiques, il n’y a rien de cela chez Araki.
 
Sa thématique « Bondage » est, certes, récurrente, ses modèles sont consentants mais cela s’arrête là, d’autant plus qu’Araki étant japonais, cette dimension du « kinbaku » prend chez lui une connotation érotique que nous avons bien du mal à décrypter avec nos yeux occidentaux mais qui ne peut en tout cas se rattacher au seul BDSM.
 
S’il figure ici aussi fréquemment, c’est tout bonnement car c’est l’un des photographes que je préfère et que j’aime à vous tenir au courant de son actualité.
 
Ainsi, cet été, lors de son exposition à la Galerie Daniel Templon, les « Bondages » (c’était le titre de cette manifestation) d’Araki ont encore fait scandale.
C’est la première photo présentée plus haut qui avait été choisie pour figurer sur le carton d’invitation envoyé par la Poste à 7000 « happy few ».
L’enveloppe ayant été jugée insuffisamment opaque et la photographie trop suggestive, « La Poste » a suggéré que des autocollants soient apposés sur les seins et le sexe de la modèle.
La Galerie Templon répondant par la négative, « La Poste » lui a refusé le tarif préférentiel, utilisant son droit de regard sur les expéditions effectuées par le biais de cette convention.
Si les invitations sont finalement parvenues à bon port, la Galerie Templon a payé son entêtement à ne pas vouloir dénaturer le cliché par des vignettes inesthétiques au… prix fort !
 
Mais depuis, de l’eau a encore coulé sous les ponts…
La production la plus récente de Nobuyoshi Araki réside - en France tout au moins - dans la parution d’un portfolio de mode dans la revue féminine « Jalouse » de septembre qui a consacré tout son numéro au Japon.
Je sais que, pour beaucoup, tout le travail d’Araki qui dépasse son œuvre personnelle est plutôt mal vu: on lui trouve moins de qualités artistiques, on crie à l’ « alimentaire »…
 
Personnellement, bien que ressentant cette différence, je ne lui fais pas de procès.
 
Ce type de clichés posés, « léchés », trahit sans nul doute la spontanéité habituelle du photographe mais j’y perçois la même façon de saisir la femme sur pellicule.
Ainsi, dans ce « Des cuissardes, écrins pour fleurs vénéneuses » (nom des pages « arakiennes » sur « Jalouse »), je ne peux empêcher que mon œil rencontre ce bleu qui sert bien souvent de couleur de fond à ses photographies et discerne une similitude dans les poses des corps, l’expression des visages, cet art paradoxal à la fois complètement instantané et très étudié qu'est celui d'Araki pour magnifier la beauté féminine.    
Ne déclare-t-il pas lui-même en ouverture de ces pages de mode :
« Je rêve d’être un dieu avec une centaine de bras, chacun avec une caméra. ».
Comment ne pas le comprendre ?
 
Une fois de plus, je suis heureuse de partager avec vous ce « On a tous quelque chose en nous de »… Nobuyoshi Araki !
 
 
 
 
 
 
PS :Cette note est dédiée à l’ami Joël Fauré, qui ne manquera pas - je pense -, d’apprécier grandement sinon Araki mais à coup sûr…les cuissardes !!!