Albert von Keller "In the moonlight" 1894.

Albert von Keller "Nu au masque" 1887.

Albert von Keller "La descente aux Enfers" 1912.

Albert von Keller "La danseuse somnambuliste Madeleine Guipet" 1904.

Tous les tableaux © Albert von Keller.

 
 
Alors que le Kunsthaus de Zurich présente jusqu’au 4 octobre 2009, cent-trente de ses toiles, il ne me viendrait jamais à l’esprit de dire qu’Albert von Keller fut un peintre BDSM.
 
Né en Suisse en 1844, mort à Munich en 1920, il est surtout renommé pour avoir été le chef de file de la « Sécession » de 1892.
Cependant, chez celui qui fut de son vivant un artiste fort connu aussi bien en Suisse qu’en Allemagne ou qu’à Paris où il séjourna un temps et qui, plutôt oublié de nos jours, passe pour un peintre de salon mondain, on distingue un virage dans l’œuvre autour des années 1880.
 
C’est l’époque où il va s’intéresser à l’occultisme ainsi qu’à la parapsychologie et dès lors, livrer quelques tableaux magnifiques qui n’ont plus rien des portraits de nobles et autres personnalités ou des représentations d’ambiances bourgeoises.
Il se met alors à peindre l’érotisme de l’horreur et l’extase, ce qui fait que l’on affirme qu’il a anticipé la naissance du film d’épouvante allemand qui allait voir le jour dans les toutes dernières années du XIXème siècle.
 
Après, c’est l’imagination ou le fantasme (les miens en l’occurrence) qui opèrent.
Ainsi - et dans l’ordre - sur la femme attachée sur une croix de « Au clair de lune » (œuvre qui fit scandale, on s’en doute), sur le corps du « Nu au masque », sur la belle liée de « Descente aux enfers » et enfin sur le plaisir et l’effroi qui se lisent dans les yeux de « La danseuse somnambule Madeleine Guipet », je pourrais écrire tout un tas d’histoires fictives qui seraient, elles, BDSM. 
 
Mais je préfère vous laisser inventer les vôtres comme bon vous semblera ou, tout au moins, admirer la beauté de ces peintures d’antan…