B COMME BONDAGE ...

 

Le bondage, ce sont les liens du cœur.
Le mot veut en fait dire « ligotage » et provient de l’anglais « to bind ». Ce sont pourtant les Japonais qui l’ont élevé au rang d’art érotique sous le nom plus connu de « shibari ».

Pratique BDSM ? Oui, puisqu’il en constitue la première initiale ( B ) mais aussi complètement détaché de ces pratiques car le bondage est un vécu sensoriel totalement à part.

Un vécu tout à fait partagé tout d’abord. Pour réaliser un bondage, il faut être deux : le corps qui offre sa matière et les mains qui vont dessiner sur lui leur œuvre de cordes.

Bondager ne signifie en aucun cas attacher simplement, j’entends dire saucissonner une personne comme un rôti !

Il faut avoir un certain talent et bien peu l’ont en fait en France, si l’on désire bien sûr un bondage esthétique et non pas quatre cordes placées n’importe comment.

Le bondage requiert un long métrage de ces cordes. Elles peuvent être de couleur, mieux vaut adapter celle-ci à la carnation que l’on désire mettre en valeur : j’ai une peau très blanche, M. aime me bondager en noir.

Le bondage consiste à resculpter le corps de la femme qui se donne à vous : les cordes dansent leur ballet serpentin autour de vous et vous enveloppent des pieds à la tête, de la tête aux pieds. A la fin, je serai toute habillée, toute parée de ces entrelacis de cordes, mise en valeur bien mieux que par une robe du soir...

Mais il faut, de part et d’autre être extrêmement vigilants : une corde qui dévie, un nœud mal placé et c’est toute l’architecture corporelle imaginée qui dérive et tout est à recommencer.

Le bondage rend les deux partenaires acteurs, il faut parfois savoir être aussi dure que du marbre et parfois aller vers le dessin qui commence à vous modeler, l’encourager même...

Pour moi, c'est un ressenti d'une rare sensualité.

 

J’aime avoir les yeux bandés tout au long de cette « sculpture », n’entendre que le souffle de M., ne sentir que le glissement des liens autour de moi : trop rapides parfois, ils peuvent heurter comme un coup de fouet ; trop lents, brûler l’espace d’un instant tout au long de leur trajectoire…

J’aime être délivrée de mon bandeau une fois le résultat désiré obtenu et me regarder alors : mon corps à chaque fois est différent, sublimé : une fois, ce seront mes seins tout petits qui apparaîtront comme énormes, une autre fois ma taille qui semblera de guêpe, une troisième mes cuisses fuselées…

J’aime toutes les sensations du bondage car c’est pour moi comme un travail de photographe : chaque nouvelle forme est une manière différente qu’a M. de me voir, toujours surprenante, toujours émouvante pour moi et pour nous lorsque nous partageons notre commune gratitude d’un regard.

Pour réaliser pareille sculpture, pour accepter d’être la pâte qu’on modèle, il faut encore et toujours beaucoup d’amour partagé car le « ligoteur »  doit être d’une infinie concentration qui le ramène à l’artiste et le modèle doit surmonter la toute petite angoisse qui étreint à un moment ou à un autre… Car dans un bondage réussi, c’est à dire pour moi un bondage entier du corps, il y a fatalement un lien qui s’en vient à passer soudain autour du cou, un nœud qui se resserre autour du thorax et dans ma plus totale impuissance puisque je ne peux absolument plus bouger….

Seule certitude pour me rassurer, m’apaiser : la confiance absolue. L’amour.

Les liens du cœur, vous disais-je pour ouvrir ce post !!!!

 

La suite ? Et bien, c’est de supporter le plus longtemps possible ces liens qui vous sculptent ! Et de continuer le jeu ainsi. Et oui…

Car qui dit bondage dit aussi contrainte. Et ce n’est pas là l’aspect le moins intéressant du jeu !!!