Prologue :

AURORAOULEWEBLOGVOLE s’est tu, il y a une semaine et un jour, à la demande de XXX.

Il n’empêche. AURORAOULEWEBLOGVOLE était, sur un endroit du Net, notre part de vérité sur une histoire que nous avions vécue.

A ce jour, la part de vérité de cette personne, bien évidemment tout à fait différente de la nôtre, est toujours inscrite sur un lieu du Net, le weblog de sa compagne, tout aussi facile d’accès lorsqu’on en connaît l’adresse que l’était AURORAOULEWEBLOGVOLE quand on en connaissait l’adresse.

Deux poids, deux mesures, comme toujours.

Il est des bâillons qui ne donnent pas envie de jouer.

 

B comme BAILLON.

 

La plus belle photo de bâillon que je connaisse, dans sa puissance évocatrice pour moi, il m’est impossible de vous la montrer : elle figure sur ce site Internet où nous sommes « persona non grata » et il ne me viendrait même pas à l’idée de demander à des amis de me l’envoyer pour vous la proposer ; je ne veux pas prêter aujourd’hui le flanc à une quelconque divergence quant au copyright.

Je vous ai autrefois, sur AURORAOULEWEBLOGVOLE parlé du bandeau et de la privation sensorielle, de la source d’excitation et d’exaltation de l’esprit qui en résulte.

En BDSM, le bâillon fonctionne de la même façon : il prive de la parole. Plus ou moins selon sa consistance : simple tissu, foulard ou bâillon plus sophistiqué.

Le fait est que de ne pouvoir s’exprimer est tout à coup entrer en étrange pays dans son propre paysage intérieur.

Le bâillon fait selon moi, mauvais ménage avec le bandeau, d’un simple point de vue esthétique tout d’abord…Mais là, il s’agit d’un avis personnel, certaines s’aiment encagoulées à l’extrême. Cela n’est pas mon cas.

Là où les mots ne peuvent plus dire, il faut que ce soit le regard qui parle. La photo que j’évoquais traduisait très bien cela. Celle que j’ai trouvée pour vous aussi, même si ce regard là est moins expressif que celui dont je me souviens …

Ah ! Que de choses on peut faire passer dans un regard !

L’angoisse, la peur, omniprésentes, qui font partie intégrante de ce jeu amoureux… La supplique parfois…Et comme ne pouvoir parler que par les yeux vous fait sentir petite, démunie…
Le bâillon ne permet même pas de « dédramatiser » les choses par le biais d’un sourire, comme le fait le bandeau…

Là, vous n’avez plus que vos yeux.

Que vos yeux pour dire l’amour aussi.

Et cependant, quelle expérience intime ! Ce foulard qui s’imprègne peu à peu de votre salive, laissant à peine filtrer quelques soupirs, cris ou gémissements.

Ce bâillon qui vient se rajouter à vos liens vous donne l’incroyable sentiment de devoir chercher en vous d’autres ressources que les mots, ces mots auxquels nous sommes si habitués. C’est toute une « expression corporelle » qui se met là en jeu. Tout un travail sur soi.

L’inverse exact d’une séance psy…Rires.

Mais quasiment le même résultat. Rires encore.

La parole étouffée vous fait plonger en vous. Elle fixe d’autres termes. Vous accomplissez un chemin, les yeux dans les yeux de l’autre : il devient votre seul interlocuteur, tout ce que vous lui dites de vos yeux revêt une importance extrême.

Plus de vaines paroles comme dans la vie de tous les jours (surtout pour moi qui suis une incorrigible bavarde !)

Le bâillon, c’est aller d’un coup de baguette magique à l’essentiel. Au vrai moi.

Pour toi.