BDSM Kinbaku Suspension gravure d'Ito Seiu représentant sa première femme.

BDSM Ito Seiu Ebi-Shibari de sa première épouse gravure.

BDSM Kinbaku Ito Seiu gravure en couleur.

BDSM Ito Seiyu Portrait de sa seconde épouse en Shibari.

BDSM Ito Seiyu Portrait de son amante en Shibari.

Gravures et photos © Ito Seiu (Ito Seiyu).

 
 
En ce dimanche, c’est ce blog qui m’a portée et non le contraire.
Partie sur l’idée d’un poème, mes pensées m’ont bien vite ramenée sur la piste des « nawashi » avec cette question : quand donc le bondage (en Occident), le kinbaku ou le shibari (au Japon) sont-ils apparus dans la culture de l’érotisme dit « artistique » ?
Apparus, c'est-à-dire visibles.
 
Car que l’on ne s’ « aveugle » pas !
Le « ligotage » érotique a dû toujours exister, tout comme le BDSM ou le SM n’ont pas attendu Sade et Sacher-Masoch : ils étaient en vogue dès l’Egypte ancienne ou l’Empire Romain…
 
A bondager (ou « bonder », comme disent les spécialistes) sa femme, nous avons en France l’exemple de l’album des cyanotypes de Charles-Emile Jeandel qui, pour avoir été tenu au secret de son vivant vers la fin du XIXème siècle, est à présent consultable au Musée D’Orsay.
 
Et au Japon, à sortir le « kinbaku » (ou le shibari) des filets de l’ « hojöjutsu » (technique consistant à lier pour châtiment des prisonniers de guerre) et à en faire une pratique sensuelle, on n’a pas dû attendre non plus que les « images » existent et puissent être diffusées sans censure.
 
Tout le monde s’accorde cependant à convenir que l’artiste initial -et il l’était car graveur dans la plus pure tradition du « ukiyo-e », peintre et photographe mais aussi « père » de tous les « nawashi » puisque premier à être officiellement reconnu ainsi- fut Ito Seiu (Ito Seiyu), né en 1882, décédé en 1961, auquel j’ai déjà consacré jadis une note ici.
 
Je reviens ce soir sur lui car ses œuvres, des gravures d’abord, des photos ensuite, m’attendrissent toujours en dehors de leurs simples qualités artistiques.
Il y a un parallèle entre sa vie et celle d’Araki.
 
L’un comme l’autre eurent d’abord pour modèles leurs épouses, trop vite disparues, d'où l'amour qui émane de leurs oeuvres « dédiées ».
Pour Ito Seiu, cela se reproduisit même deux fois.
 
Plus tard, il eut son amante comme muse.
Noboru Tanaka a tiré un film très librement inspiré de cette relation en 1977, « Bondage : danse exotique de la beauté, torture… » (ne me demandez pas le titre en japonais, SVP !).
 
Il est disponible en France en DVD et, à condition de le prendre pour ce qu’il est (toute autre chose que la vérité d’Ito Seiyu), c’est un excellent film qui traite brillamment de bondage, de SM et de BDSM…