BDSM Zentai Kinbaku et Mode photographie de Manuel Vason cordes du nawashi anglais Esinem pour Cent magazine 2009.

BDSM Zentai Shibari et Mode Suspension photographie de Manuel Vason cordes du bondageur anglais Esinem pour Cent Magazine 2009.

BDSM Zentai Bondage et Mode photographie de Manuel Vason cordes du shibariste anglais Esinem pour Cent Magazine 2009.

Photo © Cent Magazine et Manuel Vason - Ropes : Esinem.

 
 
 
 
Enquête BDSM sur le Net ! Sourire…
 
Lorsque cet après-midi, j’ai vu ces trois images sur un forum BDSM transalpin, j’ai été immédiatement frappée par leur beauté.
Elles y étaient publiées sous un simple titre, « Kinbaku », accompagné du nom du photographe : Manuel Vason.
 
Rares sont les images qui sont aussi esthétiquement réussies pour le regard tout en ayant une perfection « technique » qui honore le talent du « shibariste » qui a imaginé ces compositions raffinées de liens et d’entrelacs, cette suspension qui donne bien le sentiment que la jeune femme est dans un état de béate apesanteur.
Ici, la pureté consiste à avoir su choisir de les faire sur un modèle revêtu d’un simple « zentai », combinaison de lycra qui recouvre tout le corps tout en n’empêchant pas la peau de respirer, vêtement relativement fétichiste (je n’ai pas dit « Fetish ») qui a gagné l’Europe depuis quelques années en provenance du Japon.
Ce zentai blanc cassé rappelle le marbre et offre une apparence statuaire, faisant de celle qui « subit » une mystérieuse sculpture.
Et j’aime ce mystère que je connais si bien pour l’éprouver souvent…
 
Je me suis donc précipitée pour obtenir des informations sur Manuel Vason.
Il en résulte qu’il s’agit d’un photographe de mode padouan (encore un !), né en 1974.
Sur son site, des galeries qui présentent de très nombreuses séries de photographies « fashion » remarquables.
A ce point de mon parcours sur le Web, Manuel Vason est déjà pour moi une fort belle découverte.
Mais de cette série, nulle trace et pas non plus d’autres images de bondage, de kinbaku, de shibari qui pourraient laisser à penser que tel son concitoyen Hikari Kesho, il est aussi artiste shibariste en plus de ses travaux pour les plus grandes revues.
 
A ce stade-là, je reviens sur le forum pour « capturer » les images, bien déterminée à demander à la personne qui les a mises en ligne si elle n’a pas fait d’erreur en les attribuant à Manuel Vason.
Avant que de prendre contact, j’agrandis tout de même un peu les clichés et m’aperçois de ce qui ne m’a pas sauté aux yeux à la première vision tant j’étais fascinée par la prouesse du mélange « cordes et zentai » : les chaussures, diverses à chaque fois !
Et puis un petit texte en rose apparaît lui aussi lorsqu’on « zoome », texte en anglais qui vante ces sandales.
Ce sont donc bien, à ma grande surprise, des photographies de mode.
 
Une recherche « Manuel Vason + Kinbaku + Zentai » va m’amener sur la dernière livraison du périodique féminin anglais « Cent Magazine ».
Je vais finalement y trouver comment cette séance a été organisée : si Vason est bien derrière l’objectif, celui qui officie aux « cordes » est l’un des plus grand « nawashi » occidentaux, Esinem (Bruce Argue à la ville, qui a joué avec le nom du rappeur « Eminem » en troquant le « M » pour un « S » afin d'introduire « SM » dans les lettres de celui-ci).
 
J’ai souvent « pesté » contre la mode qui s’approprie nos codes mais là, la chose est totalement différente.
Loin de « pasticher » nos pratiques, la photo met d’abord en scène la situation réelle de bondage, de suspension, situation pensée et organisée par un nom que tous honorent et les « chaussures » ne viennent qu’en second plan.
Manuel Vason n’a pas utilisé le bondage, le zentai comme un mauvais clin d’œil pour mettre son « produit » en valeur mais au contraire il a d’abord mis en valeur le bondage, le kinbaku, la situation et le « nawashi » qui opérait.
L’art de l’un au service de l’art de l’autre et réciproquement.
 
Non seulement ces photos ont -sur le plan artistique- une puissance d’évocation formidable (je voudrais être cette femme en zentai suspendue dans les airs) mais elles sont réalistes.
Pas de chiqué, pas de trucage.
Un vrai « kinbaku », très original mais nullement « adouci » pour les besoins d’un passage sous les yeux du « grand public ».
 
En espérant que vous serez aussi sensibles que moi à ces photographies, je tire ici un grand coup de chapeau à Manuel Vason pour ces superbes clichés et quant à Esinem, il sera ici l’objet d’une prochaine note …