Agnès Giard Blog Les 400 culs cache Google du 30 avril 2009 commentaires validés puis supprimés de la note Le SM est-il transgressif?

Scan copie d’écran des commentaires validés puis « mystérieusement » supprimés de la note « Le SM est-il transgressif ? » du blog « Les 400 culs » d’Agnès Giard (cache Google en l’état du 30 avril 2009 18 :12 :33)*.

 
 
 
Et rebelote !
 
 
Il m’importerait beaucoup de connaître le statut sous lequel Agnès Giard publie son blog « Les 400 culs ».
Est-ce en tant que « journaliste » ou tout du moins « salariée » de Libération.fr ?
C’est en tout cas ce que laissent entendre ces deux articles « Bloguer pour informer » et « Hétérodoxe ».
 
Citons quelques lignes du premier d’entre eux :
 
« Pour Agnès Giard, journaliste spécialisée dans les contre-cultures, tenir un blog sur Libération.fr était une aubaine. « En tant que journaliste, j’ai toujours rêvé de travailler pour Libération. Alors quand on m’a proposé de m’occuper des 400 culs, je ne pouvais pas dire non. ». Ce qui intéresse cette féministe affirmée, ce sont les niches, les pratiques un peu en marge. Bien qu’elle s’inspire de la vie réelle, de ses rencontres, Agnès Giard exècre le blog comme journal intime. « Le système implique que lorsqu’on tient un blog, il faut parler de soi, explique-t-elle. Personnellement, je fais très attention à ne pas le faire, c’est un piège mortel. »
 
Examinons ensuite le texte de l’encadré concernant les commentaires sur « Les 400 culs » :
 
« Les commentaires sont bienvenus. Ils seront validés par l'auteur du blog ou par Libération. Les propos grossiers, diffamatoires, racistes ou hors sujet seront évidemment exclus. N'hésitez pas à faire part de vos trouvailles, de vos infos et de vos témoignages qui peut-être seront publiés…. ».
 
 
Il y a quelques mois,  j’ignorais tout du blog d’Agnès Giard.
Je ne la connaissais que pour ses ouvrages sur le Japon jusqu’à ce que j’apprenne que les « 400 culs » existaient en les trouvant définis sur un autre weblog comme un « blog BDSM intelligent ».
On sait la suite. Je l’ai racontée ici. Je m’y suis rendue et j’ai vu.
Quoi ?
Un blog qui parle de sexe -plus « intelligemment » que la plupart de ceux qui le font de la même manière « officielle » ou « salariée » en effet- mais BDSM seulement de très rares fois.
Je ne le lis donc qu’à partir de la page « Blogs » de Libé et uniquement lorsqu’un titre se réfère de façon explicite au BDSM.
 
L’avant-dernière de ces fois, sur un article intitulé « Les sado-masos sont-ils des bobos ? », n’étant pas d’accord avec les idées d’Agnès Giard, j’ai tenté un commentaire, refusé (bien que « ne contenant pas de propos grossiers » etc.) mais j’ai surtout observé que d’autres commentaires, validés mais pas « en ligne mélodique » avec les propos d’Agnès Giard, avaient étrangement disparu dans les 48 heures suivantes (voir note ici) .
 
La chose vient de se reproduire.
Agnès Giard a publié il y a quelques jours « Le SM est-il transgressif ? » autour d’une exposition de l’artiste japonais Gengoroh Tagame.
Je n’ai absolument aucune raison de mettre en doute le discours qu’elle y tient quant à la substance de l’œuvre de ce Tagame que je ne connais pas.
Cependant -et c’est ce qui explique le titre de sa note- voici qu’au beau milieu de l’évocation de l’exposition, elle s’y livre à une longue digression sur le SM « tel qu’elle le voit », elle, notamment comme une affaire de jeux de rôles peu « révolutionnaires » (ou « transgressifs ») dans les faits.
Mais c’est « son » point de vue et non une vérité !
Il n’a rien d’impartial. Pas plus que le mien ne le serait quant au même sujet.
 
Son avis se réfère même pour une bonne part des lignes de son « morceau rapporté », comme dans le premier de ses textes qui me consterna, à un SM qu'elle voudrait croire (ou faire croire) « caricatural » et vécu en « déguisements » et qui est la version « Fetish » des choses, d'où le seul lien présent sur son blog, celui avec le magazine de la boutique parisienne « Demonia ».
 
La pensée qui me traverse en la lisant est que c'est peut-être vraiment le seul BDSM ou SM qu'elle envisage pour elle.
Et de me demander alors si elle sait ou non (ou si elle fait semblant de ne pas savoir pour appuyer son article ou son indéfectible « lien » commercial) que de très nombreux pratiquants BDSM ou SM ne s'essaient jamais aux costumes pas plus qu'aux jeux de rôles.
 
J’ai envie à ce moment-là d’ « essayer » à nouveau de poster une réponse mais je me sens mal à l’aise parce que, peu au fait des travaux de Tagame, je ne sais comment la tourner pour rester dans le sujet.
 
De toute façon, la question est vite résolue.
Dès le lendemain, sur cinq commentaires validés, apparaît celui d’un certain « Rémy » qui  fait une intervention bien construite que je publie ci-dessous et avec laquelle (à part quelques lignes sur le « bondage ») je me sens en harmonie.
Si je l’édite c’est parce que, une fois de plus, cette réponse a disparu après validation (voir la copie d’écran du cache Google qui illustre ce post).
 
Pourtant voici ce que « Rémy » disait seulement en des termes très pesés qui ne méritaient pas la « censure » :
 
« Tout le passage qui ne parle pas spécifiquement de Tagame ("On a trop souvent le réflexe [...] une sexualité de la caricature") aligne des faussetés ! La seule phrase vraie est "demande énormément de confiance et de complicité entre les partenaires" (ouf, on a sauvé le plus important), tout le reste est de l'ânerie.
Vous parlez là tout au plus du SM "costumé" et des jeux de rôles, mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg ; beaucoup de gens se font dominer, attacher ou fouetter par leur partenaire sans pour autant revêtir des uniformes... Il s'agit alors de trouver du plaisir sexuel dans l'échange de pouvoir (power exchange, le fait d'autoriser quelqu'un à vous faire des choses ordinairement considérées comme "mal", et symétriquement, le fait de prendre le pouvoir sur quelqu'un) ou tout simplement dans la douleur ; il n'y a pas là la moindre caricature, et pas non plus de "simulation" ni de "second degré". D'autres, et très nombreux, ressentent de l'excitation à être fixés, maintenus, contenus de telle ou telle manière : là encore, c'est du SM, mais sans déguisement et sans caricature, à part chez quelques "artistes" japonisants qui font du ligotage un art, mais qui ne sont pas du tout représentatifs du bondage en général.

Essayez SVP de résister à la tentation de donner une explication ou une définition unique pour le SM, et si vous tenez absolument à en donner une, ne le résumez pas à son côté spectaculaire. Il regroupe des quantités de pratiques et de fantasmes très différents les uns des autres, et chacun de ceux qui y viennent y arrive avec une histoire individuelle et par un chemin personnel.
Vous pouvez tout-à-fait présenter Gengoroh Tagame, qui est un artiste absolument génial, sans vous lancer dans des descriptions hasardeuses du SM en général.
Rédigé par: Rémy | 29/04/2009 at 19:07 » 
 
A l’heure où je publie cette note, il n’y a plus sur le post d’Agnès Giard « Le SM est-il transgressif ? » que trois commentaires, tous très flatteurs.
 
Je me demande donc qui valide chez elle dans un premier temps et qui supprime ensuite.
Si l’on se fie à son disclaimer, il semblerait que « Libération » valide tout d’abord en s’assurant uniquement que les propos ne sont pas « grossiers etc. » et que c’est elle qui, dans un second temps, élimine ce qui ne va pas dans son sens.
Ce qui est très gênant de la part de quelqu’un qui affirme éviter « le piège mortel de parler de soi » si elle n’est pas capable d’accepter la controverse sur ses opinions alors qu’elle tient l’un des blogs officiels de Libération.fr, ce qui devrait nécessiter de sa part la plus complète neutralité « journalistique » et l’accord pour l’expression de pensées divergentes des siennes dans ses commentaires, comme le font ses autres collègues journalistes blogueurs de la même plateforme.
 
Que surtout personne ne se dise « Bah ! C’est un blog de sexe. Ça n’a aucune importance… Pour les infos qui s’y affichent, de toute façon ! »
Agnès Giard n’est pas la seule à pratiquer de la sorte. Pierre Assouline, par exemple, fait de même.
Lui qui a publié « Brèves de blog » à l’automne, un livre entièrement bâti avec les commentaires de son weblog « La République des Livres », a effacé par trois fois des commentaires que j’ai déposés chez lui.
Il serait statistiquement impensable que j’aie été la seule à subir ce sort.
Le cas est un peu différent avec Assouline, je veux bien le reconnaître, car il n’est pas (à ma connaissance) stipendié par « Le Monde » pour tenir ce site.
Mais il y a tout de même -puisqu’il est lui aussi journaliste par ailleurs- comme un malaise à « classer » dans ces conditions son blog comme « espace d’information culturelle » ainsi qu’ il voudrait qu’on le fasse.
Ou alors l’information, de par l’ego de quelques-un(e)s, devient de la propagande ou de la publicité.
 
A l’heure où tous les quotidiens en ligne sont bourrés de forums qui accompagnent les articles et sur lesquels tout un chacun peut s’exprimer, cela donne une image peu flatteuse de la personnalité des journalistes quand une Agnès Giard, quand un Pierre Assouline « censurent » ainsi sur leurs blogs tous les commentateurs qui ne viennent pas seulement pour leur rendre hommage.
 
A travers leur attitude, c’est la question de leur déontologie qu’ils nous posent là.
 
 
 
 
 
 
 
*Le « cache » de cette page sur Google est, bien entendu, susceptible (hélas!) de changer à tout instant.