BDSM Spanking Vintage carte postale française d'époque colorisée.

Photo BDSM Spanking Vintage: carte postale française d’époque, colorisée.

 
 
J’aime « rencontrer » les pratiquants BDSM.
S’il y a très longtemps que je ne « chatte » plus (à quoi bon faire perdre du temps aux autres lorsque l’on n’est pas en recherche ?), je suis souvent auprès d’elles/eux sur les forums.
 
C’est l’endroit idéal pour échanger, discuter, poser une question, répondre, « prendre la température » en lisant les résultats de sondages….
Il m’est bien égal qu’au fil des années, ce soient toujours les mêmes problématiques qui resurgissent.
Le public, lui, change sans cesse et il est normal qu’il s’interroge sur ce qui, jadis, me fit m’interroger moi-même.
Je trouve toujours malgracieux et impolis ceux qui renvoient les nouveaux venus par un lien lapidaire aux anciens threads.
 
En ce 1er mai, sur une page « Domination », un tout jeune aspirant dominateur reproposait le sujet de la pluralité en demandant si « Le « Maître » pouvait avoir plusieurs soumises ».
Tout le monde y était déjà allé qui de son lien, qui de sa réponse condescendante (« moi, l’ancien/ne »), qui de son brûlot quotidien, qui de son assentiment, qui de sa réprobation.
J’avoue que j’étais moi-même sur le point de me lancer dans une démonstration alambiquée lorsque, soudain, il me parut qu’un texte -qui n’a pourtant strictement rien à voir avec le BDSM- exprimait très exactement ce que je ressentais.
Voici donc la contribution que j’ai déposée:
 
 
« Le petit prince s'en fut revoir les roses:
- Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient bien gênées.
- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai mise sous globe. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.
 
Et il revint vers le renard:
- Adieu, dit-il...
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.
- L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...
- Je suis responsable de ma rose... répéta le petit prince, afin de se souvenir. »
 
 
(Antoine de Saint-Exupéry - Le Petit Prince - Chapitre XXI).