Aurora lectrice BDSM AURORAWEBLOG "Les femmes qui lisent sont dangereuses" de Laure Adler et Stefan Bollmann Flammarion 2007.

 

Dans cette série de quelques notes de lecture (livres, revues), il y a fort peu de textes BDSM, du moins au sens où on l’entend généralement.
Un rapport existe certes mais il est bien ténu : de BDSM, il n’y a (peut-être) ici que les yeux de la lectrice à l’être et à en parer les lignes qu’elle parcourt.
Mais n’est ce pas déjà bien suffisant pour vous donner une idée -BDSM ou pas- afin de savoir si tel ou tel de ces écrits peut vous intéresser et, le cas échéant, vous le procurer ?
 
 
Que vous offrir en ce 8 mars sans entrer dans les habituelles polémiques (Journée de La Femme ou Journée des Femmes ? Jour unique pour frapper l’opinion ou façon de se donner bonne conscience ? ), sans non plus répéter comme chaque année l’éternelle litanie (Rien n’est jamais acquis, luttons et restons vigilantes)…
En plus, que vous offrir en ce jour qui me surprend figée dans une « série » de mon thème-à-blog ?
 
Et bien, la photo de la lectrice -« floutée » certes- mais présente au rendez-vous.
 
Et puis, ce livre que je tiens précieusement dans les mains : « Les femmes qui lisent sont dangereuses » à l’intitulé ô combien évocateur puisque ce très bel album paru chez Flammarion en 2007, recueil des plus grands tableaux et des photographies les plus connues de « femmes lisant », témoigne -sous la plume de Laure Adler et de Stefan Bollmann- du fait que la lecture a toujours été au fil des siècles une occupation « naturellement » féminine.
Mais réprouvée aussi car source de plaisir.
 
« Sextuelle » (comme la nomme Laure Adler en sa préface), la lectrice -en sa jouissance mentale- a constamment été considérée comme potentiellement dangereuse.
Pour elle-même et pour l’honneur des siens.
Pensez donc ! Une « Femme Savante » ?
Elle aurait été mieux inspirée par un rosaire ou l’art de la broderie.
 
De plus, oser utiliser ce privilège (car la fortune d’avoir appris à lire en fut un jusqu’à très récemment) pour s’adonner au roman ou à la poésie, ou -pire encore- à l’encyclopédie, était particulièrement honteux.
Il n’aurait dû porter la femme qui avait la chance d’appartenir à ces milieux sociaux où les filles recevaient une éducation que vers de pieuses pages.
 
Longtemps même, jusqu ‘au XVIIIème,  ces « avantagées » n’eurent -en principe- accès qu’à La Bible.
Tout le reste pouvait passer pour érudition, connaissance.
Qui dit connaissance dit émancipation.
Et danger donc.
 
Et Stefan Bollmann de démontrer qu’en freinant cette émancipation au travers des âges, l’homme se rendit lui-même victime de cette répression.
C’est le livre en soi qui devint dangereux pour l’ensemble du « corps social », quel que soit son sexe.
D’où la censure, les mises à l’index ou au pilon, toutes choses dont j’aurai à reparler plus avant…
 
En attendant, un beau cadeau à faire que ce livre pour demain, en cette journée qui reste pour moi, en bonne italienne que je suis, celle du mimosa…
 
 
 
 
PS : Des mêmes auteurs aux mêmes éditions, sous le même format et de la même année, l’indispensable corollaire de cet album -toujours en tableaux et photos- « Les femmes qui écrivent vivent dangereusement », biographies d’écrivaines, des plus au moins célèbres…