Agnès Giard Commentaires validés puis supprimés de la note "Les sados-masos sont-ils des bobos?" sur son blog Les 400 culs (comparaison cache Google et version définitive).

Copies d’écran des commentaires validés puis supprimés sur la note « Les sado-masos sont-ils des bobos? » du blog  d'Agnès Giard, « les 400 culs » (cache Google du 17/01/2009 et aujourd’hui 20/01/2009).

 

 
Avant-propos :
Cette note n’est en aucune manière un coup de gueule pour un commentaire non paru mais un post sur le thème qu’abordait ce commentaire.
Pour ma part, je ne veux pas me ceindre d’une auréole.
Il m’est arrivé de supprimer des commentaires sur mon blog mais celui-ci étant « ouvert » et sans validation, je ne l’ai fait qu’après avoir  au moins à deux reprises prié chacun des intervenants qui m’étaient importuns de ne plus revenir. Les rares fois où j’ai supprimé directement, il s’agissait uniquement de liens commerciaux.
 
 
Le BDSM (le SM), le fétichisme et ce qu’il est convenu d’appeler le « Fetish » sont trois choses bien différentes.
Le terme « Fetish » ne les réunit pas comme on semble parfois le croire.
Et même si, pour quelques-uns, deux des trois (voire les trois) peuvent cohabiter dans l’expression de leur sexualité, il faut se garder de généraliser.
Il ne faut surtout pas que ce soient des sites « sérieux » et très lus sur le Web qui généralisent, confirment et répandent cette fausse assimilation.
 
Il faut oser dire que le « Fetish » est avant tout un dress-code à la mode qui a puisé ses racines dans le BDSM et le fétichisme, certes, mais que l’on peut désirer se vêtir ainsi, aller danser, faire la fête dans les endroits dédiés « Fetish » sans pour autant appartenir au « monde » BDSM, SM ou fétichiste.
Sinon, les jeunes femmes du groupe des « Pussycats Dolls » que l’on a pu voir l’autre soir à la télévision lors des NRJ Awards (et oui, j’ai un pré-ado chez moi !) qui avaient toutes un look « Fetish » parfait seraient des pratiquantes SM et non des chanteuses vêtues de façon « branchée ».
 
C’est encore plus vrai lorsque l’on évoque le public des « soirées Fetish », lieux de fêtes qui connaissent depuis quelques années un grand succès sur Paris.
Dans les 2000 participants d’une « Nuit Démonia », dans les 477 d’une « Nuit Elastique », il y a, au-delà des « performers SM » européens qui y présentent régulièrement leur show, un petit nombre de nos pratiquants mais surtout les habitués noctambules qui viennent faire la bringue dans un endroit en vogue et que l’on retrouve un autre soir dans d’autres espaces festifs (gothiques, techno, electro etc.).
Je ne parle pas pour médire ou par ignorance.
Je suis allée, par curiosité, à l’une des « Nuits Démonia » : je n’y ai pas rencontré le « monde » SM mais un mélange extrêmement hétéroclite de joyeux fêtards.
 
Thierry, avec qui je corresponds régulièrement depuis qu’il a « retrouvé » mon blog, me faisait part récemment d’un article sur Rue69 (l'annexe « sexe » du site Rue89), « Ma première nuit fétichiste à la découverte du monde BDSM », me demandant d’y intervenir si bon me semblait afin d’insister sur l’amalgame fait à la va-vite [par l’auteur de ce reportage dans le titre et le corps de l’article] entre les participants d’une « Nuit Elastique » (soirée « Fetish » parisienne) et le « monde » des pratiquants BDSM, SM ou encore fétichiste.
Comme il avait lui-même répondu et que je ne voyais rien à ajouter, je me suis abstenue.
 
Vendredi soir, il m’envoyait le lien du post d’Agnès Giard « Les sado-masos sont-ils des bobos ? » sur le blog de celle-ci, « Les 400 culs ».
Bien que je sois d’accord avec le fond de cette note (la provenance socio-culturelle du milieu SM), on y relevait très vite (dès le cinquième alinéa) une fois de plus le même amalgame entre les soirées Fetish et le monde SM ou BDSM.
Je décidai alors de répondre.
J’ai posté mon commentaire samedi matin.
Il y en avait alors trente de déjà validés par Agnès Giard dont celui d’un pseudonyme « Ange Noir » qui exprimait en deux lignes le fond de ce que je pensais et que je repris alors en italiques dans mon commentaire (voir le cache de Google en date du 17 janvier ici).
J’aurais pu tout autant reprendre celui du pseudo « Demain ».
 
Depuis, Agnès Giard a publié une nouvelle note, n’a pas validé mon propos (ce qui était son droit le plus strict), mais, fait plus étonnant, il ne reste plus que onze commentaires à cette heure sur les trente qu’elle avait approuvés vendredi soir et parmi les vingt qui ont disparu figurent celui d’ « Ange noir » et celui de « Demain »…
 
C’est d’un point  de vue déontologique -pour un blog qui se veut d’infos et de la part d'une personne qui a été élue « meilleure blogueuse de l'année 2008 » dans la catégorie « Love-Sexe » par le magazine « Elle »- un procédé qui laisse pour le moins perplexe et qui a comme un arrière-goût de « trucage ».
Car, au final, que demeure-t-il de l'objectivité?
 
En comparant les deux pages et en lisant sur le cache Google in extenso les textes de tous les participants (je vous invite vivement à le faire), on pourra s’interroger sur ce qui a motivé l’effacement de vingt interventions préalablement acceptées et qui étaient toutes pertinentes même si parfois contradictoires, ce qui me semble l'idéal sur un blog d'information et de discussion publié sous le label officiel du quotidien « Libération » dont on connaît -quoi que l'on pense de ses orientations politiques- l'ouverture d'esprit dans ses forums…
 
Pour ce qui est de la mienne et parce que je suis convaincue qu’elle ne contrevenait pas plus que celles des « validés puis disparus » aux CGU du blog « Les 400 culs » (propos grossiers, diffamatoires, racistes ou hors-sujet) et qu'elle a seulement « déplu » à l'auteure du site, je la publie ci-dessous :
 
 
« Tout ce que vous écrivez sur le SM ou le BDSM dans vos quatre premiers paragraphes est juste, très juste, tout à fait juste, historiquement, sociologiquement.
C’est à partir du cinquième que je ne vous suis plus tout à fait.
A la journaliste de France Inter, vous répondez -avec raison là encore- sur les soirées « Fetish ».
 
Vous tombez alors dans un amalgame entre deux choses bien distinctes : or, le SM et le « Fetish », ce n’est pas la même chose.
 
Une soirée « Fetish » n’est pas une soirée SM.
Que le public des unes et des autres puisse recouvrir les mêmes couches sociales dans leur plus grande variété et non seulement concerner les « bobos » est un fait.
C’est dans leur motivation de se rendre à la première ou à la seconde que les personnes divergent.
Il ne s’agit donc pas d’une affaire de revenus ou de niveau culturel mais d’état d’esprit.
 
Dans une soirée « Fetish », on se montre, notamment du point de vue du look (elle est le royaume du paraître), dans une soirée BDSM beaucoup moins (elle est un peu plus du domaine de l’être).
Tandis que la personne, le couple ou le groupe d’amis « Fetish » a la nécessité absolue d’être spectacle en soi et de le vivre dans une ambiance de fête (musique, DJ etc) programmée, « la soirée SM » n’est pas forcément de celles qui s’annoncent et dont l’entrée est payante.
 
Elle peut tout simplement relever du couple qui pratique en duo et n’a aucun besoin de décor ou de spectateurs.
 
A ce sujet, j’aime beaucoup la phrase de commentaire du pseudo Ange Noir un peu plus haut dans ce thread (je cite) :
« Le SM visible est rare, le SM en chambre est bien plus répandu, et tant mieux, car il s'agit d'une pratique de l'intime où l'observation nuit. ».
 
Et quand la soirée SM se déroule dans un « club » et avec un droit d’entrée tarifé, elle garde, de par le petit nombre de participants qui y sont présents et la discrétion respectueuse des uns vis-à-vis des autres (la règle de « bon goût » est de ne pas s’y comporter en voyeur) un aspect « intimiste » qui est le strict opposé de la soirée « Fetish ».
 
Qu’il puisse y avoir des passerelles entre les nuits « SM » et les nuits « Fetish » pour un petit quota de pratiquants est cependant vrai -je vous l’accorde- c’est le cas surtout sur la capitale.
Mais dans l’ensemble elles sont plutôt rares. »
 
 
Je fais enfin (je le lui dois bien) le lien avec les commentaires de Thierry sur l’article de « Rue69 » puisque lui et moi traitions du même sujet (la confusion des genres) sur les deux sites que j’ai nommés ce soir et qu’il vaut mieux lire de quoi il s’agit plutôt que de tenter de refaire une démonstration de plus ici.