Fetish: Ben Westwood photographe

Ben Westwood photographe Fetish.

BDSM en métaphore dans la photographie Fetish de Ben Westwood

Photos © Ben Westwood.

  
Alors, le « Fetish », ce serait quoi finalement, si ce n’est pas du BDSM, pas du fétichisme et pas non plus une autre sexualité en soi ?
 
Une mode et une forme d’art.
 
Une mode, née dans les années post-punk, qui a ses créateurs et ses boutiques (House of Harlot étant sûrement la plus célèbre), une mode qui emploie principalement certaines matières comme le latex et le vinyle (le cuir aussi mais on le voit de moins en moins et son utilisation remonte plutôt aux débuts de la mode « Fetish »).
Une mode qui n’est, bien sûr, pas portable tous les jours pour se rendre au travail et qui demande donc qu’existent des lieux de fêtes où pouvoir la revêtir publiquement puisque le but du jeu est tout de même de se montrer ainsi paré.
D’où la naissance des grands rendez-vous « Fetish » dont il a été question dans la note précédente, « La Nuit Démonia » ou « Les Nuits Elastiques » (entre autres) à Paris, la « Rubber Ball » à Londres etc., immenses terrains dédiés au « plaisir du paraître » ...
Une mode qui va mettre l’accent sur certains accessoires chers aux fétichistes, comme les chaussures.
 
Mais adopter cette mode ne signifie pas pour autant être fétichiste (un fétichiste -tel que Binet les définit- de la chaussure n’éprouverait de satisfaction sexuelle qu’au moyen de cette chaussure, il n’aurait pas d’autre source d’orgasme).
 
Une forme d’art qui passe principalement à travers la photographie.
Une photographie qui fige cette mode portée par des mannequins glamour et sexy.
Mais qui, quelquefois aussi, devient une « représentation » métaphorique de certaines des pratiques du BDSM ou du SM.
Artistiquement parlant, la photo BDSM (ou SM) ne peut pas exister, il faudrait pour cela que le/la photographe soit l’un/e des « joueurs » et que l’image soit prise avec un appareil à déclencheur à retardement afin qu’il/elle puisse venir se remettre en pose.
On imagine la spontanéité de la chose !
La photographie « Fetish », parce qu’elle a emprunté quelques-uns des codes du BDSM (ou SM) à sa naissance (le cuir cité plus haut par exemple) garde la tradition de mettre en scène des images qui relèvent de cette connotation.
 
Les photographes « Fetish » réalisent généralement d’admirables images « soft » : ce sont avec leurs œuvres que, la plupart du temps, nous illustrons nos blogs BDSM (Craig Morey, Gunther Blum, Jeffery Scott, Lee Higgs et tant d’autres).
 
Comme je voulais proposer ce soir des images qui soient le plus proche possible de ce que l'on peut voir dans le « Fetish » des « Nuits » parisiennes du post d’il y a deux jours, j’ai choisi de présenter quelques clichés de Ben Westwood, photographe « Fetish » à part entière mais aussi -pour la petite histoire- fils de la célèbre styliste Vivienne Westwood.
 
Que cela soit dit, je n’apprécie pas tout (on le devinera sans mal, vu l’amour que je porte au latex et au vinyle !) dans sa photographie…
 
Mais cela me permet au passage de célébrer l'action de cet homme qui a mené et mène encore vigoureusement campagne contre la loi qui va entrer en vigueur ce 26 janvier en Grande-Bretagne et qui rend passible de jusqu'à trois ans d'emprisonnement le seul fait de produire mais aussi de détenir des images de « violence extrême sur les seins ou le sexe » (lire ici).
La mouture de la loi votée n’ayant pas été capable de préciser ce qu’est exactement la notion d'« extrême » et quelles en sont les limites, elle risque -si elle est appliquée à la lettre- de criminaliser tout citoyen qui possèderait chez lui,  par exemple, une collection fournie de photos de shibari.
Le premier des enjeux en cours est, évidemment, de museler Internet.
 
Plus effrayant encore, cette loi ouvre la porte à tous les abus quant aux possibilités de poursuites contre les pratiquants BDSM ou SM.
 
Nous voici bien loin de la polémique « Fetish » mais pointant du doigt quelque chose de plus pernicieux qui pose, une fois de plus, la question de la liberté d’expression d’une part et celle du droit de disposer de notre sexualité comme bon nous semble de l’autre.
 
L’Angleterre, c’est juste en face, ne l’oublions pas…