J COMME JE...  

 

Il arrive à des gens de m’écrire pour me demander pourquoi ce blog tout entier consacré à une seule chose.

Serais-je de la race monomaniaque des collectionneurs de papillons, des passionnés de la Formule 1 ?

 

Sûrement pas puisqu’ il existe un autre weblog qui parle de moi lui aussi mais autrement….Qui parle de moi dans le monde quotidien….

 

Pourquoi alors fallait-il faire « AURORA » ? Peut-être un peu par défi, parce que même s’il nous arrive un jour proche de faire des émules bloggueurs BDSM, il fallait bien que quelqu’un pose la première pierre dans le monde français des weblogs généralistes  pour parler d’une sexualité particulière comme d’un simple phénomène de société….

 

« Je », ce « Je » qu’est Aurora a voulu raconter, mettre avec des mots à la portée de tous, une chose trop souvent montée en épingle, regardée avec les yeux du tabou , de la condescendance apitoyée ou de la curiosité effrayée, une chose qui fait partie naturellement de ma vie.

 

J’ai essayé ici, avec tout l’humour et le recul dont j’étais capable d’ouvrir une porte sur un monde qui fait traditionnellement peur, une chose que l’on rejette parce qu’on la connaît mal ou peu…..

 

J’ai toujours considéré qu’au-delà des résidus d’une morale judéo-chrétienne qui de toute manière regarde de travers tout ce qui n’est pas dans la norme normée et normative, c’étaient nous-mêmes, les acteurs du milieu BDSM, qui étions responsables des idées fausses qui se véhiculent sur nous.

Responsables et coupables de par la hauteur que certains manifestent pour parler de cela ( le côté élitiste du BDSM) ou au contraire de par la faconde que d’autres mettent à étaler les seuls côtés spectaculaires de cette forme de sexualité, faisant sur cela leur petit paquet d’or potable (l’aspect mercantile des sites de chez nous).

 

Rajoutons à cela cette fâcheuse propension à vouloir rester entre nous et voici que la mayonnaise prend . A la mode chez les branchés qui nous singent dans leurs parures, à la mode dans la publicité qui nous met en scène faussement mais si bien que certains même d’entre nous se mettent à y croire et à se la jouer façon cuir Mugler ou Dior…

 

Alors, j’ai donné ici ce « Je »,  cette  moitié d’un « Nous » qui n’a en définitive aucune prétention même s’il se veut par dérision « encyclopédique » que d’être une somme d’annotations au jour le jour sur mes intimes secrets d’amoureuse afin non de faire un quelconque prosélytisme mais de démontrer que, même BDSM, la « mens » de mon « Je » soumise demeure « sana » et mon « corpore » tout aussi « sano » contrairement à ce que l’on pourrait penser. C’était donc la gageure de ce weblog au jour le jour… 

Et puis aussi donc, comme je l’ai toujours fait partout, d’égratigner insidieusement nos pontes et penseurs, nos chefs et reines de guerre, pour leur faire sentir du bas de ma province tout le ridicule de leurs tréteaux parisiens et de leurs vérités définitives, mascarade qui ne fait que nous déconsidérer face au monde réel alors qu’au-delà d’une dizaine de couples connus, tout le reste plus ou moins des pratiquants sont de très simples personnes sans apparat, sans chiqué, différentes de moi peut-être mais tout juste à quelques bémols près et qui, s’ils osaient prendre le clavier pour écrire « Je » à leur tour, feraient tomber le château de cartes sous lequel une minorité des nôtres a voulu nous enfouir pour conserver ses prérogatives de cénacle et d’oracle.