BDSM blogs parisianisme et journalisme publicité et renvoi d'ascenseur.

Photo publicitaire « Renvoi d’ascenseur » © TriBeCa Marketing Alternatif.

 
 
 
 
J’ai été jadis virtuellement « amie » avec une autre blogueuse BDSM.
Puis nous nous sommes brouillées à cause d’un commentateur commun que nous avions et qui avait cru bon d’aller faire des remarques me concernant « chez elle », commentaire auquel j’estimais qu’elle aurait dû répondre vertement car en ces temps où elle et moi correspondions quotidiennement, elle en connaissait tous les tenants et les aboutissants.
 
J’ai toutefois continué à lire son blogue pendant un certain temps parce que j’aimais ce qu’il était à cette époque.
Les années ont passé et son espace de parole, comme le mien -et c’est là chose tout à fait normale sinon nécessaire- a évolué au point de ne plus m’intéresser vraiment.
Comme cette personne se pense souvent plagiée et dans le but de ne commettre aucun impair, je ne fais plus aujourd’hui un tour chez elle qu’en de rares occasions lorsque je m’apprête à publier un article très généraliste afin de vérifier qu’elle n’a pas déjà traité le même sujet.
C’était le cas hier après-midi avant de commencer à écrire mon texte sur le « Sade » du Magazine Littéraire.
 
Quelle n’a pas été ma surprise de trouver sur sa page, dans son actuel « Blog-it-express », « Les 400 culs » d’Agnès Giard défini comme « un blogue intelligent sur le BDSM » !
 
Je ne sodomiserai pas les diptères sur la notion de « blogue intelligent » (là, c’est laissé à l’appréciation subjective) mais sur le complément « sur le BDSM ».
Comme « Les 400 culs » est le blog officiel de « Libération » sur le sexe et que son exergue est « La planète sexe vue et racontée par Agnès Giard », le BDSM n’est par conséquent traité que rarement sur ce blog d’actu, de façon tout à fait logique et à la mesure de la place qu’il (le BDSM) occupe sur « la planète sexe ».
Nous n’en sommes plus aux temps où Agnès Giard tenait les rênes du site web de « Demonia » et où incontestablement elle ne parlait alors que de Fetish-BDSM.
 
Ainsi, sur les cinq dernières notes des « 400 culs », si la dernière en date concerne bien le documentaire sur le shibari qui passe ce soir sur Arte, les autres ont trait à de tout autres sujets : l’une datée du 21 novembre est centrée sur la course en hauts talons organisée à Paris par Sarenza (mais la nouvelle en avait déjà été donnée sur le site « chaussures-femmes.com » le 28 octobre) et deux autres commentent simplement des dépêches que tout le monde a pu voir sur Yahoo (le divorce à cause de l’infidélité virtuelle via Second Life et l’ « homme enceint » pour la seconde fois).
Rien de BDSM et il faut remonter assez loin pour trouver quelque chose qui s’y rapporte sur « Les 400 culs ».
 
Alors pourquoi mon ex-amie commet-elle cette bévue ?
Parce que cela n’en est pas une. C’est volontaire.
Agnès Giard propose le 3 décembre un nouveau livre : elle a besoin de publicité.
L’ex-amie est bien placée pour y être sensible.
C’est évident: elle aussi est journaliste et elle aussi est parisienne (je ne me permets d’évoquer ces deux faits que parce qu’elle-même les a laissé publier sur un journal en ligne qui présentait son blog il y a quelques jours), deux bonnes raisons de se serrer les coudes -ce qui lui donne l’occasion inespérée d’en rajouter une couche sur la fête qui doit avoir lieu (qui a eu lieu depuis ndlr) autour de la parution du « Dictionnaire de l’amour et du plaisir au Japon » de la même Agnès Giard -qu’elle appelle directement « Agnès ».
 
Le BDSM est déjà très parisianiste en soi mais dès qu’on touche au domaine du blog « sexe », alors là c’est hallucinant !
On tourne autour de quelques piliers qui se font des politesses et se renvoient l’ascenseur dès que possible.
Entre parisiens et entre journalistes.
Ainsi en va-t-il de « Sexe, love et gaudriole » et de ces fameux « 400 culs » (qui, ma foi, pour ces derniers 400, se font fort bien lécher -semble-t-il- par tout le monde d’être « le » blog éroto de Libé).
 
Mon ex-amie n’est donc pas la seule à assurer la promotion du « Dictionnaire » : le pince-fesse d’Agnès Giard a été annoncé le 17/11 chez « Sexactu », « Sexe, love et gaudriole » y a subrepticement renvoyé dans sa note sur « L’orgasme au Japon » le 20/11 et la boucle est bouclée.
Aucun de leurs lecteurs ne peut plus ignorer la publication imminente.
 
A part cet après-midi où je cherchais à faire des recoupements, j’avoue ne jamais lire aucun des trois blogs que j’ai cités.
J’y suis passée lorsqu’ils ont été créés et comme il ne s’agit pas de blogs persos mais de recensions d’actualités « sexe » plus ou moins bien présentées et paraphrasées (là, il faut reconnaître que celui d’Agnès Giard est en effet le plus « intelligemment » tourné lorsque quelquefois, dans certains posts, elle trouve le temps d’expliciter ses « news » par une réflexion personnelle approfondie), je ne leur ai trouvé aucun intérêt, ces mêmes actualités pouvant se trouver sur une page de Yahoo, chez « Marianne », chez « Libé » ou sur d’autres blogs anglo-saxons qui leur sont jumeaux (genre « Sexoteric » où tout ce monde va puiser -quand ils ne se « copient » pas plus ou moins entre eux- parce qu’il faut bien dire que tous ces gens-là n’ont pas de baguette de sourcier pour découvrir leurs « scoops » mais simplement une liste de flux bien pensée).
 
Pourquoi ai-je écrit cette note ?
 
Non certes « contre » l’ex-amie  qui est la seule du quatuor à écrire un blogue vraiment personnel (Maia Mazaurette faisant du nombrilisme aigu et de l’autopromotion permanente dans « Sexactu » et « Sexe, love et gaudriole » étant d’une impersonnalité insipide à en pleurer) mais parce que je voulais que les gens sachent comment fonctionne la blogosphère des actualités du « sexe ».
Avec une « blogeoisie » qui, si elle n’est pas formée d’entrepreneurs ou de politiques comme celle que Loïc Le Meur avait créée, est cette fois-ci composée de… journalistes parisien(ne)s des pages pimentées de tel ou tel canard ou site qui se « linkent » à loisir dans la conscience de leur  haute « noblitude », comme dirait la mère Ségo.
Hors de ceux/celles-là: point de salut !
 
Rien non plus « contre » le nouveau bouquin d’Agnès Giard.
Etant grande amatrice du Japon, dès qu’il sera dans les librairies et à condition qu’il apporte réellement quelque chose de nouveau par rapport à son opus précédent « L’imaginaire érotique au Japon », je me ferai un plaisir de le chroniquer ici.
 
Mais que l’on ne me parle pas des « 400 culs » comme d’un blog  intelligent « sur le BDSM » !
Le désigner ainsi, c’est de la publicité indirecte, oui, et en plus…de la publicité mensongère !