BDSM AURORAWEBLOG Marquis de Sade et sa Marquise photographie de Magic Zyks.

Photo © Magic Zyks.

 
 
Ce texte est une pochade, une petite récréation parodique à double fil de lecture qui m’est venue à la suite de ma note sur les pastiches de John Willie mais surtout à la découverte de quelques blogs BDSM où certain/es se délectaient en racontant, qui leurs cérémonies d’aiguilles « hard » franchement sordides, qui leurs serments d’appartenance ou signatures de règles de vie dans des mots dignes des bulles papales.
 
Qu’on le prenne pour ce qu’il est.
Purement fictif tout d’abord pour ce qui me (nous) concerne et même pas méchant pour ceux qui me l’ont inspiré et qu'il prend à rebrousse-poil.
Quant à Sade, il me pardonnera. Je lui veux tellement de bien et depuis si longtemps que je crois que ses mânes ne peuvent m’en vouloir…
D’ailleurs, il n’aimerait pas le BDSM.
Et celui de ces gens, encore moins.
 
 
 
 
Je suis ce que Tu es. Tu es ce que je suis.
Tu sais tout ce dont j’ai envie et tu le fais.
L’accord terrible qui nous unit, Mon Aimé, se lit sur mes joues soudain pâlies de crainte lorsque Tu m’enveloppes d’une couverture d’aiguilles et que Tu m’en piques, ainsi juste au moment où j’avais le désir d’être piquée.
Ma douleur intense Te remercie. Sans un cri.
Pourvu que ce ne soit pas piqûres d’abeilles, là, ce serait la fin mais d’aiguilles de pin, je m’accommode fort bien.
Tu t’appropries ensuite de cette mienne force, ma force telle que j’ai bien voulu, en entrant, la déposer à la porte.
Voici qu’est pratiqué l’échange de pouvoir, là, sous le regard des étoiles.
Ma force est égale à la tienne.
Cérémonie sans fin. « Le » lien.
Et, entre Enfer et Paradis, Tu me possèdes.
Puisque je le veux bien.
Du Purgatoire aux Limbes, Tu me détruis et me recrées, en parenthèses improvisées.
Parce que je le vaux bien.
Poupée entre Tes mains, femme entre Tes brames.
Oui, l’un et l’autre sonnent bien.
Je solfie « Je T’appartiens » juste comme on me l’a appris, le scandant des gémissements opportuns, hélas troublés de quelques quintes de toux inopportunes : on dira que la louve a hurlé à la lune ou encore que la chienne s’est transformée en hyène.
Par Ton talent.
Continuons la narration après un sirop ou une potion.
Tu ouvres l’encrier.
Tu aiguises Ta pointe pour me mortifier.
L’odeur de l’encre, je la hume.
Humblement. Respectueusement.
Mais si tu es las, prête-moi ta plume.
Et à la fin, endors-Toi, Divin. Je suis là. Pas loin.
Tu connais mes insomnies. Je sais toutes tes manies.
Mon ami. Mon Marquis.
Entre mon jour et Ta nuit. Dans ma componction, Ta folie.
Sans me départir de mon rôle de servante, celui qui me hante, je ferai ce que dois faire dans la douleur, le plaisir.
Frêle abeille, je veillerai Ton sommeil.  Je saurais bien les écrire, ces Cent Vingt journées de Sodome.
A ta place et comme un homme…