BDSM AURORAWEBLOG Affiche Congrès BDSM du Collettivo Kob à l'Université Bicocca de Milan le 30 octobre 2008.

 Affiche © Collettivo KOB (D.R).

 
 
 
C’est une toute petite victoire mais qu’importe puisqu’elle est là.
En souhaitant qu’elle ne soit pas « une victoire à la Pyrrhus » en se retournant tôt ou tard contre nous (ce que je ne développerai pas pour en avoir discuté par deux fois sur ce blog au cours du mois précédent)…
 
Après des semaines d’affrontements polémiques, finalement le congrès sur le BDSM se tiendra bien l’après-midi du jeudi 30 octobre dans les locaux de l’Université Bicocca de Milan.
Je ne désire pas commenter outre mesure « l’eau mise dans son vin » par le collectif KOB (dont je loue ici l’opiniâtreté et auquel j'adresse mes meilleurs augures) pour faire en sorte que toutes les autorisations soient données.
L’affiche -qui n’a plus rien à voir avec celle qui donna lieu à la censure de l’intervention en juin- en témoigne.
Je suis cependant un peu perplexe non de son minimalisme mais des mots « Une introduction scientifique au phénomène du BDSM » qui sous-titrent cette discussion nommée par ailleurs « Questions de rôles ».
 
C’est l’adjectif « scientifique », appliqué à « l’introduction au BDSM », qui me fait tiquer.
Mais le vin étant tiré maintenant, il faut le boire.
Sachant qui participera (comme simples interlocuteurs) au débat qui suivra, je me sens rassurée.
Si cela n’avait pas été le cas, le mélange « BDSM » et « scientifique » m’aurait effrayée.
On sait comment cela commence, on ne sait pas comment cela finit.
Ayant évoqué ici au sujet de cette affaire DSM IV et autres, je juge superflu de revenir là-dessus.
 
Je donnerai tout de même le résultat d’un sondage proposé par un site BDSM à ses abonnés autour de cette controverse.
La question était :
Vous considérez-vous comme « affectés » de paraphilie ?
 
13,02 % ont répondu « Oui ».
26,98 % ont répondu « Non ».
3,26 % ont répondu « Je ne sais pas ».
31,16 % ont répondu « Je ne sais pas ce que veut dire le mot « paraphilie ».
25,58 % ont répondu « Oui mais je ne considère pas cela comme une maladie ».
 
Le résultat laisse songeur même si la première constatation est que les items proposés étaient peu adéquats.
Ainsi, ils amenaient presque fatalement à cette majorité de « Je ne sais pas ce que veut dire « paraphilie » en n’incitant pas même à prendre un dictionnaire.
On peut néanmoins être surpris qu’avec la rage de la discussion qui a eu lieu sur le même site, certains aient voté sans lire les  forums qui lui étaient consacrés.
Mais tout sondage, quel que soit son sujet (on le voit souvent en politique), recueille aussi bien les réponses des « ignorants » que celles des initiés.
 
En fait, seulement un peu plus d’un quart de ces pratiquants BDSM italiens se pense hors de la paraphilie.
L’autre quart se ressent comme « paraphile » mais sans que cela soit une « maladie ».
Il serait bon de savoir alors ce qu’ils mettent derrière ce mot (la « paraphilie » dans sa définition « médicale » stricto sensu entrant en scène lorsque la déviance qu’elle recouvre est indispensable à la réalisation sexuelle, elle est tout de même à mon sens une forme de névrose obsessionnelle et je ne pense pas que le BDSM soit vécu ainsi puisque la plupart d’entre nous est aussi plus ou moins « vanille » à côté*).
 
Je suis donc étonnée de ces 25,58 % de « paraphiles non malades » qui, si on leur ajoute les 13,02 % de « paraphiles » revendiqués, nous font arriver quasiment à la barre des quarante pour cent.
 
On me dira que cela se passe en Italie et que le poids de l’éducation catholique y est prédominant.
C’est ce que je veux penser aussi.
J’espère en tout cas qu’en France un tel sondage ne donnerait pas les mêmes résultats.
Sinon, nous serions « cuits » !
Je parle du point de vue « scientifique », évidemment !!!!
 
 
 
*Vu le nombre de personnes « heureusement mariées ou en vie commune non BDSM » fréquentant les sites de rencontre BDSM à la recherche d’une relation « en plus », le « pratiquant BDSM pur et dur » -celui que le DSM IV pourrait taxer de paraphile- est, à mes yeux,  presque aussi difficile à trouver (imaginer ?) que le Monstre du Loch Ness…