BDSM AURORAWEBLOG Soumission et Domination Blow Up Michelangelo Antonioni 1966.

Photo: David Hemmings et Verushka dans « Blow Up » de Michelangelo Antonioni - 1966- © Bridge Films.

 
 
Pour parler de BDSM, pour parler de soumission -au moins de ce que j’en vis moi dans mon être intime- il m’arrive de devoir passer par des images qui, a priori, n’ont pas grand-chose à voir avec le thème.
 
Je vais cependant vous montrer l’une des photos que j’ai chez moi au mur et qui est le plus proche de ce que je ressens.
Elle est tellement connue que personne n’a jamais trouvé à redire en y posant un œil dessus lorsque l’on me rend visite.
C’est une scène de « Blow Up », le film d’Antonioni.
Même si elle n’est pas celle qui résume le mieux la trame du long métrage, tous ceux qui ont vu celui-ci ne risquent pas de l’avoir oubliée.
Ce qu’elle me « donne à voir » à moi explique aussi mon amour immodéré de la photographie en général, cet art magique et implacable.
 
L’acteur, David Hemmings -dont le rôle s’inspire de la vie que menait alors le photographe David Bailey-, est en pleine séance de pose dans son studio plongé dans le clair-obscur et entre ses jambes, sur le fond lancinant de la musique, Verushka (superbe mannequin de l’époque) se tortille sensuellement, comme hypnotisée, comme prisonnière, comme infiniment en proie à la volupté.
Une volupté animale, une volupté venue de la nuit des temps.
 
Hemmings ajuste son appareil et mitraille de plus en plus frénétiquement son modèle.
Il monte peu à peu une symbiose érotique étrange et terriblement sexuelle entre ce trio : l’homme, la femme et l’appareil photo.
Aucun d’entre eux ne peut échapper aux deux autres.
Bailey disait en ce temps-là la même chose dans une entrevue « Il n’y a que l’appareil entre vous et la fille : un phallus à trois pieds ».
 
Femme soumise, écrasée même -semble-t-il- si l’on observe attentivement l’angle de la prise de vue, sous les fantasmes de l’homme qui domine d’en haut, fantasmes qui passent par un instrument (ici, l’appareil photo mais pourquoi pas la cravache ou le fouet ou bien les seules mains nues comme dans le BDSM) mais femme sans les fantasmes de laquelle l’homme ne dominerait rien s’il n’avait su les saisir et les mettre en scène et sans laquelle l’instrument (ici, l’appareil photo mais pourquoi pas la cravache ou le fouet ou les seules mains nues comme dans le BDSM) deviendrait un artefact inutile et illusoire.
 
C’est Verushka qui de sa seule soumission volontaire impressionne la pellicule.
C’est la femme* qui, acceptant ou modifiant en sa soumission revendiquée le « la » du tempo dominant, donne sa juste dimension à la relation BDSM.
 
 
 
 
 
*Il va de soi que je parle ici de BDSM hétérosexuel où l'homme est dominant et la femme soumise, c'est-à-dire de ce que je connais... 
Je n'ai aucune autre prétention dans ce post que celle d'évoquer l'un des petits recoins de mon vécu.